‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 5 sur 189 · XVI · texte numérisé non relu

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à son service; il adopte ses plans; il les met de son mieux à exécution. Il n^est pas défendu de comparer les fortifications d^Alexandrie à celles de Paris: elles répondent à la même pensée.

Mohamed- Aly concentre toutes ses troupes en Egypte; il achève de ramener celles d'Arabie, qui sont de bonnes troupes, bien entraînées; il continue de faire manoeuvrer la garde nationale; il va avoir à sa disposition les troupes de Syrie, si du moins la retraite d'Ibrahim et de Soliman se peut achever sans encombre. Déjà rintervention étrangère a ramené tout de suite Fanarchie en Syrie; et^ par comparaison avec l'ordre qui y avait régné depuis huit ans, il y a du regret parmi les populations: une bonne carte dans le jeu serré qui va se jouer.

Sans doute le discours du trône prononcé par le Roi à la rentrée des Chambres françaises n'a presque plus de pointe belliqueuse. Sans doute la circulaire du 2 novembre et la dépêche du 9 novembre, de Guizot à Cochelet, sont de nature à dissiper toutes les illusions de Mohamed- Aly; on trouvera même que les termes de cette dépêche sont excessivement péremptoires puiscpie, moins de quinze jours plus tard, M, Guizot devra parler d'un autre ton:

« Il est bon que Méhémet-Ali ne s'abuse point sur ce que la France veut et peut faire pour lui...

1* Quant à la France, elle ne veut pas, elle ne fera pas la guerre pour la question de Syrie; elle ne veut pas, elle ne fera pas la guerre pour permettre à Méhémet-Ali d'alimenter la lutte dans cette contrée...

« S'U était dans la pensée de Méhémet-AU de jouer le tout pour le tout, de risquer même son existence en

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Egypte pour se maintenir en Syrie, s'il espérait pouvoir entraîner ainsi la France à prendre pour lui les armes, il tomberait dans la plus dangereuse des illusions. La France ne souffrira pas que qui que ce soit Fentraine dans une guerre pour des intérêts qu'elle ne regarde pas comme siens et comme assez puissents pour lui faire prendre une telle résolution »•

En fait, si Guizot a renversé la vapeur, il ne poussera pas loin ce mouvement de machine en arrière; il sera obligé d'adopter pour sienne la note Thiers du 3-8 octobre. Et c'est elle qui, par les soins de Guizot, réglera les destinées nouvelles de l'Egypte.

Mais il faut l'imposer à l'Europe . . .

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