SOMMATIONS Â MOHAMED-ALY
«loutes 8iir les pouvoirs de cet officier supérieur anglais^ j'étàii loin de supposer que ces appréhensions recevraient immédiatement leur application.
Effectivement, Monsieur le Ministre, le jour même du départ du paquebot qui vous portait la dépêche précitée, il arriva de la Syrie un bateau à vapeur anglais, ayant à bord le colonel Amid Bey, qui avait été envoyé par Méhémet- Ali à son fils Ibrahim Pacha, pour lui porter Tordre d'évacuet la Syrie, en vertu de Tarticle 2 de la convention faite avec le Commodore Napier. Cet envoyé égyptien n'avait pas pu remplir sa mission parce qu'il avait été informé qu'Ibrahim Pacha, auquel Méhémet-Ali avait envoyé l'ordre d'effectuer sa retraite, avant qu'on lui eût notifié les intentions des Puissances alliées, ainsi que j'ai eu l'honneur d'en informer votre département le 10 novembre dernier, était parti de Pâmas en se dirigeant sur l'Egypte par la route de la Mecque. L'état d'anarchie dans lequel la Syrie parsdt se trouver, n'aurait pas pu, d'ailleurs, lui permettre d'aller dans l'intérieur. Amid Bey était porteur d'une lettre de l'amirdl Stopford, adressée à^ Méhémet-Ah, qui fesait connaître à S. A. que le commodore Napier n'avait pas été autorisé à traiter et que, par conséquent, la convention n'avait pu être ni approuvée, ni ratifiée. Je joins ici une traduction de ectte lettre (pièce n^ l*').
Le lendemain du jour où cette lettre fat remise à Méhémet- AU, il arriva dans le port d'Alexandrie un nouveau bateaiu k vapeur .anglais ayant à bord le Capitaine de Pavillon du vaisseau-amiral, Arthur Flanshaw, neveu de Sir Robert Stopford. Il remit une nouvelle lettre de ce dernier adressé à Méhémet-Ali et dont j'ai l'honneur également de vous transmettre une traduction (pièce n^ 2) par laquelle on signifiait au Vice-roi l'autorisation officielle du Gouvernement de Sa Majesté britannique de le maintenir dans le Pachalik d'Egypte (sans parler toutefois de l'hérédité) sous la. condition i^ne, dans un délai de trois jours, après la communicatioii
faite, U 8*engagerait à restituer définitivement la flatte tixrqne au Sultan et à évacuer la Syrie.
Enfin, Monsieur le Ministre, le capitaine Flanshaw fit^ le jour même de son amvée (le 8 décembre) une note explicative des intentions des quatre Puissances qui avaient signé le tr^té du 15 juillet, et la remit à Méhémet-AJi.
Vous verrez par cette note dont je joins aussi une copie (pièce n*^ 3) qu'il est expressément dit au Vice-roi de se soumettre au Sultan, dans un délai de trois jours, et de contracter l'engagement par écrit de restituer, sans délai, la flotte turque, ainsi que de faire évacuer imméfliatement par ses troupes» la Syrie, le district d'Adana, File de Candie, PArabie et le» villes saintes, et qu'à ces conditions, les quatre Puissancet recommanderont au Sultan de réintégrer Méhémet-Ali dans le Packalik d'Egypte,
Je vous laisse à juger, Monsieur le Ministre, de l'impression que produisirent sur Méhémet-Alî, tous ceux qui Tentourent et la population entière de cette viUe, les nouvelles communi* cations qui étaient faites. On se demandait en vertu de quels pouvoirs était venu le commodore Napîer, et comment û avait pu signer une convention aussi explicite que celle du 27 novembre^ envoyée déjà à toutes les cours et reçue avec satisfaction, sans y être autorisé. On se demandait qu^e confiance on pouvait avoir dans les nouvelles ouvertures de l'amiral Stopford, lorsqu'un commodore sous ses ordres^ qui a joué le premier rôle dans les événemens de la Syrie, qui a décidé, dit-on, l'attaque de St. Jean d'Acre sous sa responsabilité, et contre l'avis de l'Amiral anglais lui-même» lorsque ce Commodore, enfin, avait engagé une longue correspondance avec le Gouvernement égyptien, dont le résultat avait été une convention plus digne et plus honorable pour Méhémet-Ali que celle qui était proposée.
Seul, je ne m'étais pas abusé et je n'étais pas trompé. Loorsque mes collègues avaient fait, à l'envi, des visites et des félicitations au Commodore pour le complimenter sur sa