DISPOSITIONS DE MOHAJWED-ALY
Vous aurez appris par Monsieur rAmbassadeur du Roi à ^H^onstantinople ijue le Sultan acceptait la sommissîon de I^Iéliémet-Ali^ mais que la concession de ràérédité ne serait -^3as stipule dans la réponse du Grand- vizir. Elle restera en ^^uspengf a dit Reschid Pacha, jusqu'^à la parfaite exécution ^^es conditions imposées à Méhémet-Ali. Le fait est que le ïleîs Effendi a écrit d"' après les conseils et sous la dictée de X^ord Ponsonby à Fambassadeur turc à Londres pour qu'il soumette à la conférence des observations sur la concession de l'hérédité et les Umites qu'il convient de poser à la puissance militaire et au pouvoir administratif du Pacha, ^3n attendait la réponse de la conférence à ces observations .^et jusque-là on veut gagner du tems.
Je suis trop occupé aujourd'hui par Texpédition si prompte ^u paquebot pour me rendre chez Méhémet-Ali afin de con- ^^naître l'impression qu'il a dû éprouver en recevant seulement ^des nouvelles particulières de Constantinople; car le bateau ^^a vapeur le Stambolî^ qui a dû être envoyé de Constantinople ^savec l'amiral Walker et un commissaire turc, pour signifier le consentement et les réticences de la Porte, n'est pas en- ^^îore arrivé au moment où je vous écris. En y réfléchissant bien, je n'ai pas recette de n'avoir pu \'isiter Méhémet- Ali. Il m'est toujours pénible de voir les conditions qu'on lui impose, et je ne dois pas non plus paraître les approuver ou les désapprouver, car, dans le premier cas, je me rendrais, en quelque sorte, comphce des rigueurs qu'on lui fait subir, et, dans l'autre, il croirait pouvoir compter sur notre appui et les rejeter. Il n'est peut-être que trop disposé maintenant à faire de la résistance, et les Anglais voudraient aussi trouver l'occasion de le réduire par la force des armes- Il est trop é\ddent qu'Us ne veulent pas, pour Méhémet-AH, de l'Egypte héréditaire. Ils pensent bien que ce Vizir ne leur pardonnera jamais leurs succès et l'état d'abaissement dans lequel ils l'auront réduit, à moins qu'en se voyant abandomié, il ne se jette tout-à-fait dans les bras de TAngleterre.
18 JANVIEH 184L
Ce n'est donc. Monsieur le Ministre, que par le premier^ ^ paquebot que je pourrai vous faire connaître le résultat de^^ nouvelles communicationg qui doivent être faites à Méhéme^H Ali par la Porte, Il ne nous reste plus qu'à connaître les dé " cisions de la conférence de Londres en réponse aux instru tîons données à TAmbassadeur ottoman par Reschid Pach; pour restreindre, autant que possible, le pouvoir du Vice-r<
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
COCHELET
Correspondance politique. Egypte, XIII, fot 58-59*
66. ~ Copie d'ime eorrespondance partictilière de Constantinople et de Soiymê.
5oitifAlH£r De CoaBtuntinoplet 8 janvier, lei «Minditiont qne Ton vent impoicr à Mohamed-Âly ont été dictées par lord Ponflonby; s*il let accepte, il ne sera pin* rcdon table; f^il les reAiae, les hostilités reprendront et on Fabattra définit] vemcn% mrtont si Pou exige qne les tronpes d*Ibrabim revieimeiit par mer. • — Tout celt est rœnvre de 1* Angleterre, — De Constantinople, 18 janvier: On attend la réponse de Mohamed- Aly; T Angleterre veut ranéantir parce qii*elle convoite rÊgypte pour elle-même. ^^ Rescbid pacha de pins en plus impopulaire ne gardera pam longtemps le pouvoir; il n*est plus soutenu que par l'Angle terre. — De Smyrae, 20 janvierr Changement favorable» la Porte a dÛ reconnaître la convention Napicr; la Busaie et rAutricbc ont amené ce résultat afin de ménager à la France Toecanon de rentrer dans TalUancc. — Le Vice-roi devra te tenir aur tes gardes: à la première difficulté il sera renversé.
Constantitiople, le 18 Janvier 1841.
Je croîs que vous devez avoir connaissance, en ce moment^ de toutes les conditions que l'on aura voulu imposer au Viceroi; j'ignore 8*il les a acceptées. Sachez que toutes ces conditions, dont le commissaire de la Porte était porteur, ont été dictées par Lord Ponsonby qui est rorgane de son Gouverne-
conseil d'Etat contre le Vice-roi, l'est toujours malgré la majorité; vous le verrez et le tems vous le prouvera.
Constantinople^ le 18 janvier 1841.
Depuis quelques jours, il ne s'est rien passé de saillant en politique. Nous attendons avec anxiété les nouvelles d'Alexandrie pour connaître si le Vice-roi consent à se soumettre aux conditions que la Porte lui a imposées.
Depuis quelques jours, on assure que le Gouvernement anglais a ratifié le traité Napier. Cette nouvelle a fait plaisir au public en général parce qu'elle prouve que F Angleterre est beaucoup plus modérée; mais on peut être persuadé que cette nouvelle n'est pas exacte. L'Angleterre veut, par tous les moyens possibles, l'anéantissement du Vice-roi. Si elle consent à ce qu'il reste en Egypte, ce n'est que pour cou^iir les apparences; aussi eUe veut qu'il y soit sans aucun pouvoir pour pouvoir empiéter plus facilement sur l'ÉgA^pte qu'elle convoite depuis longtems.
Une profonde mésintelligence règne ici parmi les Ministres de l'Etat , La majorité du Ministère est contraire au système que veut adopter Reschid Pacha. Il est impossible que ce Ministre puisse garder longtems le pouvoir; il a beaucoup d'ennemis. Tous les employés civils et militaires ne désirent que sa chute. Ce n'est que son influence près du Sultan <pii le soutient. Le Gouvernement est épuisé; les moyens pécuniaires lui manquent. Il lui serait impossible de produire, en ce moment, deux millions de piastres en espèces, Rechid se trouve placé dans une triste position. C*est la Sultane- Mère qui lui fait une guerre ouverte. Elle ne cesse de faire connaître au Sultan qu'il est vendu à l'Angleterre pour cédera r Egypte et la Syrie à cette Puissance. La Russie et la France^ ne cessent d'appuyer la Sultane^Mère, pour faire prévaloi l'opinion cju'elle a émise auprès de son fils, en accusant Reschid Pacha de trahison.