INSTRUCTIONS DU GRAND-VIZIR, ÛS
l'Egypte; il y est dit, en termes généraux, qu'il sera réintégré danB le gouvernement de l^Egypte. Il est donc probable, il est à présTimer, que Son Altesse concevra des soupçons à cet égard; et c'est pour cela qu'il a été jugé nécessaire de donner, sxu ce point, les éclaircissements qui suivent.
Comme la lettre que Méhémet-Ali Pacha m'a envoyée, et par laquelle il a offert sa soumission à Sa Majesté Impériale, cozumençait par faire mention de la convention qui avait été faite entre lui et le commodore Napier, et que la Sublime Porte n'avait pas accepté cette convention, qu'elle regardait comme nulle et non avenue, on a pensé que parler d'hérédité dans ma lettre, ce serait, au fond, reconnaître la convention, et voilà pourquoi on a omis d'en parler.
Cependant, Sa Majesté Impériale, dont les bontés et les faveurs se répandent sur ses serviteurs véritablement sounûs, ayant, à l'égard de Méhémet-Ali Pacha, des intentions bienveillantes qui sont en harmonie avec les sentiments de modération dont les Hautes Puissances alliées sont aninaées, il est certain qu'aussitôt qu'il sera prouvé par des faits, ainsi qu'il a été déclaré dans ma lettre, la soumission qu'il a offerte, en restituant immédiatement la flotte impériale, et en consignant, sans délai, les pays dont on sait qu'il est question, et qui sont situés hors de l'Egypte, aux commissaires de la Sublime Porte, Sa Hautesse daignera le rétablir dans le gouvernement de l'Egypte, avec droit d'hérédité.
On s'occupe d'établir les conditions nécessaires posées comme bases par le traité d^alHance, et d'autres points qui se rattachent à ces conditions; et, comme tout cela sera arrangé en même temps que l'investiture de l'hérédité aura lieu, je m'abstiens d'entrer dans des détails à ce sujet pour le moment. Toutefois, il importe que Son Altesse sache en peu de mots ce dont il s'agit, et qu'on lui fasse surtout savoir d'avance que, si une seule des conditions qui auront été établies n'est pas observée, rhérédité sera abolie.
Vous ratifierez donc formellement, de la part de Sa Ma-
jesté Impériale, à Méhémet-Ali, dans le cas où, eonfonliément à ce cpii a été dit plus haut, sa soumission serait on fait, Phérédité conditionnelle conune ci-dessus. Et, afin de dissiper tout-à-fait les doutes qu^il pourrait avoir à cet égard, et lui inspirer une entière confiance, vous lui ferez même voir, au besoin, ma présente dépêche officielle.
Tels sont les ordres du Sultan, conformément auxquek vous aurez soin d^agir, et c'est à cette fin que je vous écris la présente.
Correspondance politique. Egypte, XIII, f m 9 et foiv.
65. — M. Cochelet à Son Ezoellence Monsieiir Ooiiot ttinistre Secrétaire d*£tat des Affaires Btrangères.
SOMMAran! Sur les limites qui seront posées à la puissance militjrire et an posfoir administratif dn paduu — Cochelet se tient sur la réserve; Mohaiiied-Aly ai serait que trop disposé maintenant à la résistance^ et les Anglais vovdiaini trouver nn prétexte pour le réduire par la force des armes. — Ils savent qnll ne pourra pas leur pardonner Tétat d*abaissement auquel fl va se trouver réduit. — On attend les dédsions de la conférence de Londres, et aussi les di^oôtiou du gouvernement français. — Cochelet espère avoir hientAt des instructiofit
Alexandrie, le 6 janvier 1841.
Monsieur le Ministre,
Le bateau à vapeur le Minos^ qui devait arriver avanthier, vient seulement d^entrer dans le port d^ Alexandrie et repart demain matin. Il n'a pas apporté la eorrespondanoe de France, qui a dû partir le 21 décembre de Marseille. D avait seulement à bord les lettres de Constantinople. Je suis donc toujours sans nouvelles instructions de Votre Elxcellence, Monsieur le Ministre, depuis celles qu'elle noi'a fait rhonneur de me donner le 19 novembre.