NOUVELLES DU LEVANT
in
nommé Zaccharia, à la rencontre duquel les autorités et les notables s^étaient portés, et qui avait fait son entrée à la tête de quelcjues milliers d^hommes d^infanterie et de cavalerie. Un nouveau gouverneur de la province, nommé Assand Pacha, était aussi arrivé à Alep. A la date du 18 décemlire, M. Guys écrit que les campagnes étaient tranquilles et les routes très sûres ; mais on se livrait presque joumellernent dans la ville à des actes de violence contre les Cluétiens. M. le Constd du Roi avait été parfaitement accueilli par les deux Paclias et avait eu avec eux de longues bonversations. Il fit comprendre au Séraskier, qui lui disait que la France témoignait un intérêt particidier à PÉgypte, que nous n'avions pu arrêter deux fois Ibraliim-Facha, à Konieh et à Nésdb, afin de prévenir la ruine de TËmpire ottoman, sans chercher à obtenir quelques avantages en faveur de Méhémet-AIi,
Vous avez appris directement, par M, le Consul du Roi à la Canée, que le Gouvernement de la Crète avait été confié par la Porte à Moustapha^Pacha, représentant de Méhémet- Ali, et que le cérémonial de son installation, en vertu des pouvoirs du Sultan, avait eu Heu le 17 décembre.
Méhémet-Ali a paru assez peu satisfait en apprenant que celiii qu'il avait comblé de toutes ses faveurs et qui avait une immense fortune en Egypte, avait préféré conserver le pouvoir qu'il n'exercerait plus en sou nom, plutôt que de venir jouir en paix du revenu des 24 ou 25 millions qu'il possède en propriétés. Il est heureux, cependant, pour la Crète, que ce Pacha ait été conservé par le Sultan. Son administration lui a concilié Festime et Faffection des habitans de cette Ile*
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
COCHELET
' C^nesposdAtice politique* Égypte« XIII, fo« 65-65.
IJ -. Tome rV,
13 JANVIER lUL
68. — M* Cochelet à Soe Excellence Monsieur Goizot Ministre Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères.
Sôioiaire: Le 8 janvier, arrivée du commodore Napier; il cotiÊrme que les affainri de Mohamed-Aly sQtit arranféea, — Le 10, arrivée de Tamiral aoglaie Wilker qui est au service de la Porte aom le nom Javer packa^ avec Maxloum bey, po^ tenf de la réponse du Craad-vmrt — Toutes les disposîtioDS iont prises pour le départ de la flotte turqaa sous le comcnaudeiiieat de Javer packa et potn b iupîde évacTtation de la Syrie. — La flotte ira, non pas à Constantînople, nuis à Maïnmritza où elle rejoindra la flotte anglaise. -» Regrets de Cochelet à ce ntiei, quand il rappelle que Mohamed-Àly demandait nn amiral français et mettait tonte sa flotte à la disposition de la France. — - 0 ne faut pas compter sur li foi punique; il faut çoiupter au contraire que 1* Angleterre i^ arrangera pour garder la flotte turque à sa dispositîou, — On peut penser aussi que la Russie ne v«nt pas sans ombrage la suprématie politique et mLi taire que rAngleterre s*eft aisurée daas les derotert événements, et que le gouvernement de Saint PétersixNiE| chetcbera à se rapprocher do uous. — D'autre part, le commodore Napier a dh que maintenant les deux escadres anglaise et française devaient entrer ensemble dans la mer Noire et menacer la puissance russe. — Lettre de M. de Poatoii annonçant que Mohamed^Aly peut compter sur Thérédité, les puissances en ayant pris rengagement avec la France. — Mohamed-Aly paraît accepter francheloecit sa position: il vemt èti« < rhomme de la paix «« développer tous les élémenti de richesse do 1* Egypte* — Û résidera le plus souvent au Caire.
Alexandrie, le 13 janvier 1841, MoNsiBUB L£ Ministre,
J'ai eu rhonneur d'informer Votre Excellence, le 6 de ce mois, qu^on était à Alexandrie dans rattente d^un bateau à vapeur, expédié de Constantinople, qui devait être porteur de la réponse du Grand-vizir à Méhémet-Ali et avoir à soe bord les envoyés de la Porte, chargés de recevoir la flotte ottomane.
Le 8 au soir, on vit entrer dans le port un bateau à vapeur ayant à son grand mât le pavillon anglais. C'était le Sirombùli^ qui était attendu, mais on apprit bientôt qu'il portait le commodore Hapier au lieu des commissaires qui étaient attendus. On fit circuler aussitôt une foule de nouvelles contradictoires et absurdes. Les uns disaient que le
LE COMMODORE NAPIER À AI.EXANI>RTE.
j-^^^^mmodore avait été à Londres et qu'il revenait avec ea ^^^i^nvention du 27 noveiubre ratifiée par les envoyés des .^-«aissances signataires du traité du 15 juillet. Les autres, ^^nu'U allait faire de nouvelles sommations à Méhémet-Ali. ^^?tte dernière version était peu probable, car on devait ^'tixpposer que celui qui avait, sans autorisation spéciale, ^c>nclu avec Méhémet-Ali une convention plus favorable et ^lus digne surtout pour ce Prince, que la soumission sans ^^^nditions qu'on Pavait ensuite obligé de faire, ne se rendrait p^s Texécuteur de mesures violentes adoptées contre lui. gifiectivement, on apprit bientôt que le Commodore Napier ^-%rait été fort satisfait en apprenant que le bateau à vapeur (jxJi devait amener les envoyés de Constantinople, n'était p^i encore arrivé, et qu'il avait assuré que les affaires de l^^hémet-Ali étaient arrangées. Ainsi donc c'était encore çeM dont Lord Ponsonby avait dit, en apprenant sa convrention, quHl n'était bon qu'à envoyer à Botany-Bay^ et qu'on élevait le destituer, qui venait de nonveau donner à Méhémet- .\li Fassurance que rhérédité de l'Egypte ne lui serait pas refusée. C'est cette promesse que le Commodore a apportée verbalement et pour laquelle il a demandé la restitution immédiate de la flotte ottomane et Févacuation de la Syrie par les troupes égyptiennes. Tout était déjà convenu à cet égard, dans la matinée du 10, lorsque le bateau à vapeur attendu de Constantin ople, arriva an milieu du jour, avec Pamiral anglais Walker qui est au service de la Porte sous le nom de Javer-Pacha, Capitan-Bey, Mazloum-Bey, Tersbané-naziri ou Directeur de FArsenal et Ahmet-Aga, Sonrré Emini, on Directeur des Caravanes, chargé de porter les cadeaux de la Porte à la Mecque, Le premier venait prendre le commandement de la flotte ottomane en remplacement duCapitan Pacha, Le second était chargé de prendre posses^ sion du matériel et le troisième devait se rendre en Arabie. Le bateau apportait enfin la réponse du Grand-vizir qui a écrit à Méhémet-AU que le Sultan avait reçu avec satîsfac-
tion Fassurance de 8a soumission et cju^il ne tarderait pas i lui faire éprouver les effets de sa bienveillance • Jusque-là tout était conforme à Favis qui m'avait été donné par Monsieur de Pont oie et que ma dépêche du 6 de ce mois contenait. Méhémct-Ali qui disait encore, deux jours avant d'avoir reçu la lettre du Grand- vizir, qu^il ne se soumettrait qu^à une paix honorable, aurait sans doute fait quelques difficultés pour rendre la flotte, à la réception de la lettre du Grand-vizir, si le commodore Napier ne lui avait pas fait voir, par les réponses de Londres à sa convention, que la restitution préalable de la flotte et l'évacuation de la Syrie étaient les conditions sine quâ non de l'appui que l'Angletcm s'engageait à lui donner pour obtenir de la Porte l'hérédité de l'Egypte, €jue le Sultan a toujours eu l'intention d'accorder, mais que l'Angleterre veut paraître solliciter avec instances, quoique son ambaBsadeur ait toujours cherché à empêcher qu'elle ne fût donnée. C'est afin de montrer à ceux qui ne connaissent pas le fond des choses qu'elle a voulu couvrii Méhémet-Ali de sa protection et que sans elle il n'aurait pas obtenu l'hérédité de l'Egypte, C'est aussi pour exploiter plus tard cette prétendue protection.
Quoiqu'il en soit, le 11 au matin, un bateau à vapeur égyp' tien, le Boulac^ est parti avec Amid Bey, envoyé de Méhémet- Ali et un officier anglais, pour porter définitivement à Ibrahim*Pacha l'ordre d'évacuer la Syrie. Un autre vapeur anglais est parti pour Marmariza où se trouve l'amiral Stopford, pour lui porter l'avis que tout était terminé et se rendre ensuite, dit-on, à Marseille, avec des dépêches pour le Gouvernement anglais. Immédiatement après, l'amiral Walker a arboré son pavillon sur le vaisseau turc le Mahmoudié, qui était monté auparavant par le Capitan-Pacha, et a été salué par toutes les batterieB de la flotte ottomane. Ahmed Aïk doit se rendre à Djedda en Arabie, pour prendre posseasion du matériel. Les troupes irrégulières qui se trouvent encore près du Chérif auront la faculté de revenir en Egypte ou de