‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 8 sur 189 · LT^S FORTIFICATIONS D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

LT^S FORTIFICATIONS D'ALEXANDRIE

nemeiit de ce pays attend les évènemens, si an fond de tout cela il n'y avait, du moins je le crois, une triste réalité <ju'on s'efforce de cacher: la crainte d'indisposer les soldats qui sont aussi paresseux que les lazzaroni, et par suite celle de les pousser à désertera au reste le Packa ne parait pas avoir une très grande confiance dans ses soldats, si j'en juge par ce qu'il m'a dit.

Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous Tannoncer dans ma dernière lettre, j'ai exposé au Pacha les avantages qui résulteraient d'un camp de 12 à 15 mille hommes, établi non loin de Saint Jean d'Acre, et entr 'autres je lui disais que quand même on ne réussirait pas à chasser les Anglais de Sidon, essayer de le tenter opérerait dans les opinions, en Syrie et en Europe, une réaction avantageuse à sa cause. Il a répondu que les retranchemens anglais étant armés de 16 à 17 bouches à ^eu, il n'y avait pas moyen de les attaquer. J'ai cherché à détruire sa manière de voir, qui me paraît fausse, en disant, et c'est la vérité, que tous ceux qui connaissent les localités affirment que les retranchemens ne pouvaient être qu'en terre et que lorsque les vaisseaux contrariés par le mauvais tenis seraient dans Tinipossibilité de les protéger, on pouvait alors, sans être vu par le canon, approcher de très près les dits retranchemens, et par suite les enlever par un coup de vigueur.

Le Pacha: Il faudrait faire examiner cela par quelqu'un qui s'y connût. Voudrais-tu t'en charger?

Moi: Je suis aux ordres de Son Altesse.

Le Pacha: Je donnerai l'ordre à mon fils Ibrahim de te fournir une escorte de 600 cavaliers*

Mai: Avec 600 cavaliers, à peine si je pourrais reconnaître le» retranchemens; il faudrait en outre 6 ou 8 nulle bons fantassins munis de tous les accessoires nécessaires en pareille circonstance.

Le Pacha: Je n'ai pas l'espoir de réussir avec mes troupes seules, il faudrait qu'elles fussent soutenues par un renfort de troupes irançaises ».

Cette conversation a eu lieu en présence de sept persomifiB, les interlocuteurs compris; elle prouve du moins, je le gtoîs, que le Pacha désespère de chasser ses ennemis de la Syrie et que, par conséquent, si le Gouvernement français juge convenable de lui conserver cette province, il faudra débarquer 8 à 10 mille soldats français à Alexandrie ou même à Saint Jean d'Acre, et de plus envoyer des marins capables de tirer un bon parti de la flotte.

La reconnaissance que je devais faire le long de la côte a été retardée un peu par le Ramadan et beaucoup plus par Tinsoudance égyptienne. Je partirai aussitôt qu'on aura Inen voulu me fournir les moyens nécessaires.

Je suis avec le plus profond respect. Monsieur le Ministre, etc.

Le Dirêdeur du génie Gallige.

Conetpandaiice politîqae, Egypte, XII, t— 83-84.

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