‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 81 sur 189 · Nonvelles de Oasa · texte numérisé non relu

Nonvelles de Oasa

SomffATBK! AiTestation dHm officier détertenK il passe en consefl de gnenev est oobdamné à mort à Tmianimité et exécaté. — Cet exemple était nécessaire. — Désertion d*un autre officier, colonel d'artiUeiie. — Continuation de la letnit^ d*n>raliim. On n*a pas de nouvelles directes de Soliman.

Gaza, le 15 janvier 1841 (22 dlkadé 1256).

...Le nommé Buchnak-Ali Ibrahim du 1* escadron qid nous était déserté le 9 de ce mois, a été repris le 19 pai les troupes turques au service de S. A., qui avaient été envoyées en reconnaissance et qui avaient rencontré des troupes irrégulières du Sultan. Un combat s^étant engagé, Buchnak

EXECUTION DTTN TRAITRE. 213

AK IbraHm a été fait prisonnier avec huit autres. Il était monté BUT une mule et genrait de guide à un corps de 400 hommes qui devait tomber sur notre camp pendant la nuit. Il a été condamné à mort à Tunanimité par un Conseil de guerre composé de neuf membres pris dans tous les réginiens de cavalerie qui sont ici. Il a été exécuté hier matin* Ce sont les 60us-ofl5cîer8 de Técole qui l'ont fusillé- Ils n'ont pas montré la moindre hésitation. C'est un ^and malheur, mais il faut que la justice ait son cours. Je crois que ce funeste exemple produira de bons eflfets pour Fa venir.

D nous a été volé, dans la nuit du 20 au 21, par des Arabes vagabonds, deux chevaux du 41^™* escadron. Les autres corps en ont perdu dans le même moment quatre antres. La nuit étant extrêmement sombre, cela se passait au milieu et au plus fort d'un orage qui ne permettait pas à nos factionnai' res de se voir à dix pas. On en a encore volé deux cette nuit aux autres réglmens; mais un voleur a été blessé, arrêté et pendu ce matin.

I Encore un traître de plus. Le Colonel d'artillerie Mohamed Bey nous est déserté il y a quelques jours. Nous savons qu'il a donné à l'ennemi des renseignemens peu favorables sur notre nombre, la qualité de nos troupes et leur mauvais esprit • Tout cela n'est pas consolant.

I Des hommes arrivés hier ont annoncé que S. A. Ibrahim Pacha était non seulement arrivé à Tabariah, mais encore en était parti pour continuer son mouvement de retraite vers nous. Dites à M. . ♦ ♦ . . . que je n'ai point de nouvelles directes de Soliman Pacha, (le colonel Sèves), mais que je sais pertinenmient qu'il est avec S.A. et se porte bien, et que, d'après les nouvelles généralement données par les nôtres et des prisonniers que nous avons faits, il est certain que S. A. est en route pour nous rejoindre. Tous les renseignemens sont d'accord, il n'y a pas la moindre contradiction.

CofTetpoadance poli|iqa«« Ëgyptç, XIII, f^ 83-85.

75. — M. Cochelet à Son Excellence Monsieur Giiizot Bfiiiistre Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères.

Sommaire: NouvcUea d^ Bcytomt: les Jésuites y projettent de nouveaux éiabUiécmenU. — Cela ne peut noua convenir, nous devons soutenir les Lazamtes de toute notre influence. — A Damas, depuis le départ des troupes égyptiennes, le faîîAtmme a relevé la tête; excès déjà commis contre les Chrétiens et les Joifï. — Tendance deti catholiques de Damas à rechercher la protection de rAutriche n lieu de celle de la France. — Intrigues relig^ieuses de TAnitleterre dans le libuL — Nous devrons agir auprès da Saiot Siège. — Il est certain que rAngleteire cher* chera à se rendre maîtresse de la Syrie; sa domination y sera bientôt în■tlppo^ table. — Soliman pacha est arrivé à Akaba avec 12.000 homm^. — Les Axifliii installent les nouvelles autorités turques à Djeddah^

Alexandrie, le 25 janvier 1841.

Monsieur le Ministre,

Le Brick de guerre le Bougainville qui est entré ce matin dans le port a apporté des noiiveDes de la Syrie.

Tout était tranquille à Be)TOUt. Le consul du Roi y était dans les meUleures relations avec les autorites turques* Les missionnaires jésuites de Beldaya avaient Fintention de fonder en SjTÎe, selon les voeux, disaient-ils, du Pape, un collège, une école des arts et métiers et une ferme modèle. M, Desmcloizes avait appelé Pattention de Monsieur TAmbas* sadeur du Roi à Constantinople sur ce projet. Il ne nous convient pas cju'il soit mis à exécution. Les s^^mpatliies de la communauté des Jésuites ne sont pas en notre faveur, nous devons soutenir de toute notre influence celle des Lazaristes.

La position du Consul du Roi à Damas avait été très difficile. Mais il m'écrit, en date du 18 de ce mois, que la tran* quillité régnait dans la ville et que le nouveau gouverneur Ali Pacha devait faire son entrée solenneUe, le surlendemain. Aussitôt le départ des troupes égyptiennes qui paraît s'être effectué avec ordre, le fanatisme avait relevé la tête. Plusieurs Cheiks préposés par les autorités '^égyptiennes à la perception des impôts ou à la levée des recrues, avaient été

massacrés et leirrs maisons Evrées au pillage. On voiilait aussi exercer des vengeances contre les Chrétiens et noiême démolir l'église grecque catholique bâtie sous la domination égyptienne, La fermeté du nouveau gouverneur turc qui avait passé par Damas le 31 décembre avait comprimé les excès de la population. On avait voulu obliger les Chrétiens et les Juifs à redevenir ce qu'ils étaient avant roccupation égyptienne. Le gouverneur avait fait publier qu^on ne devait pas les molester, ni pour leur costume^ ni pour leur monture, ni poux la propriété de leurs esclaves. M. le Comte de Ratti- Menton avait, par son énergie, obtenu une satisfaction pour un Hellène et un Italien, protégés du consulat de France, qu^oB avait voulu obliger à quitter le turban blanc, k n se manifestait malheureusement parmi les Catholiques de Damas une tendance à vouloir abandonner la protection française pour passer sous cefle de l'Angleterre, et même de TAutriche, dont toutes les intrigues en Orient tendent à nous béposséder de nos ancienB privilèges. LUssue de Taffaire des puifs de Damas, dont nous n^avons pas voulu exiger le châliment, par un sentiment d'humanité qui nous honore, et qui a été pris pour de la faiblesse ou de 'impuissance, dans un pays où il faut frapper fort pour être craint et respecté, la protection ouverte accordée aux montagnards du Liban par r Angleterre qui leur a remis des armes et de rargent, But donné, à la distance où l'on se trouve de la France et avec l'opinion qu'on s'en fait quelquefois par la lecture des journaux, une plus haute idée de la suprématie des autres •Puissances, et peuvent faire désirer d'avoir recours momentanément à leur protection. On reviendra bientôt à d'autres lentimens* Il sera nécessaire seulement, si la Cour de Rome ient à conserv^er la protection de la France qui lui est si avantageuse et qui ne pourrait jamais être remplacée pour ses Stablissemens en Orient, qu'elle donne des instructions à ses Vicaires Apostoliques pour qu'ils combattent la fausse tendance qui existe.

Quant à la situation politique en Syrie, il est certain que rAngleterre cherchera à s^en rendre maitsesse. L'agent particulier de Lord Ponsonby, M. Wood, se dispose déjà à Pexploiter, mais il arrivera ce qui arrive toujours quand les Anglais font sentir quelque part leur domination. EJle devient tellement exigeante, qu'on éprouve bientôt le besoin de s'en affiranchir. Les Pachas de la Porte, en Syrie,' ne tarderont pas à eu ressentir les effets.

Soliman Pacha (Sèves) était arrivé le 16 de ce mois à Akaba, sur les bords de la Mer Rouge, à la tète de Pavantgarde qui se compose, dit-on, de 12.000 hommes et de 60 pièces de canon. Les bagages et le matériel de guerre étaient portés par 8.000 chevaux et mulets.

J'ai eu l'honneur de vous transmettre. Monsieur le Minislie, par le paquebot anglais parti avant-hier, les nouvelles et les journaux de la Chine et de Bombay. On m'écrit de cette dernière ville que le bâtiment de guerre aurais le Royol Tigre était allé à Bassora pour prendre à son bord le général des troupes du Pacha de Bagdad, nommé récenunent gouver-. neur de Djedda. Ce sont encore les Anglais qui amèneront et installeront, en Arabie, la principale autorité turque! Elle les laissera, sans doute, là comme ailleurs, poursuivre tranquillement leurs projets d'envahissement.

COGHELET.

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