‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 87 sur 189 · A MOKA · texte numérisé non relu

A MOKA

pavillon anglais. Les bâtimens de guerre repartirent immédiatement pour Aden.

Voilà pour les Anglais une excellente occasion d'exercer des hostilités contre Moka et de s'y établir. Il est probable cpi'ils ne la négligeront pas. L'opinion générale est qu'ils ne chercheront que des prétextes pour s'emparer des ports de la mer Rouge et de l'Yemen. La Puissance de Méhémet-Ali Était la seule qui pouvait lutter contre eux de ce côté. C'est pourquoi ils ont voulu que l'Arabie fiit placée sous le gouvernement immédiat de la Porte qui ne pourra pas la protéger.

Le Grand Schérif Mohammed-Ibn-Aoun paraît peu disposé à supporter les empiètemens de l'Angleterre en Arabie. Il témoigne, ainsi que son neveu, le Schérif Abd-Allah-Scharaf, beaucoup d'égards à M. Fresnel qui a une connaissance approfondie de l'arabe et qui peut parler avec eux sur tous les sujets. Malheureusement cet agent a toujours l'intention de quitter son poste au moment des grandes chaleurs, qu'il ne peut plus, dit-il, supporter. Il pense que M. Botta, qui est maintenant sans emploi, serait satisfait d'aller à Djedda. Ce serait peut-être. Monsieur le Ministre, le meilleur choix que vous pourriez faire pour ce poste, car si on n'y met pas un agent qui parle la langue, qui a les habitudes du pays et qui saura par là se concilier la bienveillance des chefs arabes et surtout du Grand Schérif qui est aussi, je crois, connu de If. Botta, il conviendrait mieux de n'y envoyer personne.

Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.

COGHELET.

CosveipoBdmce polhiqae. Egypte, XIII, £«• 101-102.

3 FÉVRIEH 1841.

82. — M, Cochelet à Son ExceUence Monsieur Onizot Ministre des Affaires Etrangères*

Somhaime: â roccasian de la fête du Courban Bfilram, Cochelet a porté ses félicîtà* dons à Mohamed Àly; il Fa trouvé wésigné à m nouvelle flitoation et tonjonrs coD' fiant dans Tavenir* — - Boghos^bey aussi est satisfait de n^avoir plus à verser Umitoutes les ressources fînaueières de T Egypte daus le gouffre des affaires militainoi qui étaient devenues absotumeat ruineuses* — On pourra désormais consacrer d'importants crédits aux travaux de canalisation et d*irrîgation dont l'agncuttiD» ressentira les plus heureux effets. — On trouvera des bras dans le licenciemail d*ase grande partie de l^armée.

Alexandrie, le 3 février 1841, MoPîSlEtTR LE MlNISTBE,

J'ai été, hier, selon Tnsage, visiter Méhémet-Ali, le jour di Courban Baïram, qui est la fête de Pâques des Turcs* Je lui ai dit que je le félicitais d'avoir conservé sa santé au miKeii de toutes les vicissitudes qu'il avait éprouvées dans ces derniers temps, et d'avoir atteint, à un âge avancé, le but prÏBcipal de sa longue carrière, qui avait été d'assurer à ses mfans le gouvernement héréditaire de l'Ëgj^te, A la manière dont le Vice-roi nie répondit, il semblait qu'il ne regrettait plus rien de tout ce qu'û avait perdu. Sa satisfaction paraissait réelle; et si ce n'est pas un nouveau rôle qu'il joue maintenant, on ne peut assez s'étonner de voir cette volonté, qui avait été si inflexible et qui avait résisté sa tant de conseils, se plier si facilement aux exigences de la position. Boghoê- Bey qui était présent, et qui a toujours été rhomme de la modération et de la paix, est sans doute le plus satisfait du nouvel ordre de choses qui va s'ouvrir. Chargé de radnûni* tration financière et obligé d'assurer tous les services en Syrie et en Arabie, il considérait ces provinces comme deux gouffres où venaient s'engloutir les principales ressources de l'Egypte, puisque leurs revenus étaient bien loin de suffire aux dépenses qu^avait occasionnées leur conquête et que nécessitait leur conservation. La force considérable de l'armée de terre

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