LES CONDITIONS DE ^HÉRÉDITÉ
et de mer, tarissait toutes les sources de riehesses de l*Egypte et malgré ce budget des revenus d'une année, montant à 120 millions de francs, qui était joint à ma dépêche du 24 décembre 1839, n, 138, vous aurez vu. Monsieur le Mimstre, par ma dépêche du 26 octobre 1840, n. 221, que le gouvernement ég}"ptien nous avait demandé la garantie d^un emprunt de 10 millions de francs. Maintenant qu'il est obligé de payer les arriérés de solde des troupes qui reviennent, il paraît disposé à accepter Toffre qui lui a été faite par la m^son Âguado de Paris d'une avance de 10 millions. Mébémet-Ali me Va dit confidentiellement par ce qu'il a supposé que cette offre avait eu lieu par suite de la demande que j'avais eu rhonneiir d'adresser à votre prédécesseur.
Je n'ai pas cbercbé à le déasbuser.
Quand, une fois, l'armée et la marine égyptiennes seront réduites à de strictes proportions, non seulement Méhémet- Ali trouvera dans les revenus de TÉgypte les moyens de faire face à tous les services et de les solder régulièrement tous les mois, mais encore il aura un fort excédent de recettes qpii lui permettra de réduire les impôts qui pèsent sur le malheureuse fellah et d'entreprendre des travaux de canaUsation et d'irrigation dont l'agriculture ressentira les plus heureux effets. Vous verrez. Monsieur le Ministre, dans le budget que je viens de citer, que le revenu de l'Egypte seule est estimé à 704,358 bourses, ou 88 millions de francs* Ce chiffre, qu'on doit sup' poser avoir été un peu exagéré à dessein sera cependant susceptible d'être maintenu et peut-être augmenté lorsque les forces productrives de l'Egypte seront mises en valeur. Il fait pressentir les résultats qu'on pourrait obtenir de l'ère nouvelle dans laquelle ce pays va entrer, si une administration régulière, intelligente et équitable était organisée* Malheureusement les hommes manquent en Egypte pour cette œuvre de régénération, Méhémet-Ali a rintention^ dit-il, de mettre à la tête de radministration des provinces les pachas qui conoimandaient ses armées. Il veut aussi placer
3 FÉVÏIIER 1841.
dans les villages tous les officiers inférieurs qui seront autant de sangsues qui se nourriront des sueurs du paysan égyptien* Ils auront au moins des habitudes de discipline qui les rendront dociles au commandement de leurs supérieurs. Le système des colonies militaires pourrait être utilement appliqué à rËgypte dans un moment où il y aura à licencier une armée dont il sera peut-être utile de conserver les élémens et où 0 y a à cultiver des terrains que le manque de bras avait laissés incultes.
Je suis avec respect, Monsieur le Ministre, etc.
COCHELET
GarreupoiidmDce patitique. Egypte, XIII^ f<» 103-105,
83. — M. Vattiêf de Baurville à Monsieiif le Ministie et Secrétaire d^Btat au Département des Affaires Etrangëra à Paris.
Sommaike: Retour des fonctionnaires égyptiens de Syne. — Soliman Pacha ramiov le gros de rartiUerie composé de 220 pik:es. «^ Hnit régimentâ de cavaleiîe sontanivéa à Gaza le 22 janvier. — Ibrahim y est arrivé le dimanche 31 janvier à dnq henre» du soir. — On pense que sur 6Q.0O0 hommes que comprenait rannéesadé* part de Damât, il ne doit plus guère en rester c|ue k moitié» par suite des dëic^ tions et des privations. — Le ville est parfaitement tranquille, et les solennitét du Conrban Bairam ont eu Lieu comme d'usage.
Li»T '
Caire» le 3 février 1841,
Monsieur le Ministre,
Depuis le dernier rapport qne j'ai eu rhonneur d'adresser à Votre ExceUence, le 23 janvier, une colonne composée d'anciens employés du gouvernement égyptien en Syrie, de famil* les et de harems, est arrivée au Caire, Parmi les personnages de distinction se trouvait Chérif Pacha, ex-gouverneur dvil de Damas; mais on a été surpris de le voir arriver comme prisonnier sous une escorte de sûreté. Il est aux arrêts forcés dans son palais du Caire, Des bruits divers circulent sur la cause de