LES FRANÇAIS EN ABYSSFNIR
l^année de l'Hedjaz, et M. Mari, liexitenant-colonel, premier
infitracteur de cette armée et aide de camp du géiiéraLissiiiie
j4^eIuiiet-Pacha, se trouvaient alors à Djedda. Ils avaient
f^t, pendant nn séjour de sept années en Arabie, au milieu
j^s marches et contre-marches continuelles, des observations
gmu les localités qu'aucun Européen n'avait jamais pu et ne
pourra jamais faire comme eux, car les mêmes circonstances
j^c 8^ présenteront probablement plus. Ils avaient recueilli
^ Djedda, soit auprès des Arabes qui ont parcouru Fintérieur
(Je l^Hedjaz, soit auprès des Chefs de FAcw, que les malheurs
de la guerre y avaient amenés, des renseignemens que leur
connaissance de la langue arabe leur permit de traduire en
français. Ils ont confié toutes letirs observations, remis tous
leurs renseignements à MM, Ferret et Galinier et fait, de
concert avec eux, la carte qui a été envoyée au Dépôt de la
guerre* Cette carte qui est sur la même échelle que celle qui a
kété dressée en 1838, d'après les reconnaissances faites par des officiers de Tarmée égyptienne, et la carte de la Mer Rouge de Moresby, est augmentée d'une foule d'indications de lieux BUT la chaîne de rYemen et de rHedjaz. D'après le vœu de Ai.IW. Chédufau et Mari, qui ont désiré que le gouverneuient du Roi soit infornaé de leur coopération à la Carte de l'Acyr, de l'Hedjaz et d'une partie du Nedjd, j'ai l'honneur de vous trci^nsmettre, Monsieur le Ministre, un exemplaire de cette ca^^e, ainsi qu'une notice explicative des lieux principaux qixi s'y trouvent,
Cette carte et cette notice fesant faire un très grand pas à
la géographie de l'Arabie, vous jugerez sans doute, Monsieur
le Ministre, devoir témoigner la satisfatîon du gouvernement
dix Roi à deux Français, dont l'un, ancien soldat de l'Empire,
a servi avec distinction en Egypte, et dont l'autre vient d'être
BOïiuné membre du Conseil supérieur de santé au Caire.
Je ne négligerai aucun moyen de faire accorder à MM. Ferret et Galinier la protection dont ils pourront avoir besoin en Abyssinie. J'ai particulièrement recommandé à M* Degoutin,
notre agent consulaire à Massouah, de veiller sur tous les Français qui se trouvent maintenant dans les Ëtats des petits Rois d'Abyssinie. Je n^ai pas encore eu Pavis de son installation. J'ai aussi plusieurs fois appelé Pattention de M. Fresnd, agent consulaire de France à Djedda, sur nos compatriotes qui se trouvent en Abyssinie, mais il m'écrivait le 4 septembre dernier: « En vérité, M. le Consul général, je ne sais auquel entendre et je m'applaudis tous les jours davantage d'avoir demandé mon changement. Dans des circonstances aussi critiques que celles où nous sommes, les Français qui se trouvent en Abyssinie et dont la plupart sont des hommes honorables et honorés, devraient se soutenir et s'entr'aider. Au lieu de cela on dirait qu'ils ne cherchent qu'à se nuire et à se supplanter les uns les autres. J'ai fait tout ce que la prudence me suggérait pour les engager à s'entre-supporter, mais j'ai la douleur de voir que j'ai complètement échoué. RivaUtés, jalousies, orgueil plébéien, orgueil aristocratique, envie, cupidité, toutes les mauvaises passions sont déchaînées. Chacun d'eux me demande des procès-verbaux contre les autres. Dieu me préserve d'en dresser un seul ! etc. etc. ».
C'est un assez triste tableau que fait M. Fresnel du peu d'harmonie qui existe entre nos nationaux en Abyssinie; mab c'est malheureusement l'esprit d'antagonisme qui existe toujours entr'eux à l'étranger qui nuit aux succès de leurs affaires et à celles de leur pays. Je n'ai pas appris cependant que le mauvais vouloir du Roi Oubi, contre quelques-uns d'entr'eux, ait eu des suites sérieuses. MM. Dillon et Petit continuent à s'occuper de leurs collections pour le Muséum d'histoire naturelle, auquel j'ai adressé trois caisses le 18 octobre dernier. MM. d'Abbadie étaient dernièrement, l'ainé à Aden après être venu au Caire, le plus jeune à Massouak d'oilL il se proposait de retourner sur les hauts plateaux de l' Abyssinie. M. Lefèvre était parti de Keneh, dans la haute Egypte, le 3 décembre. Il est à présumer, comme vous le dites. Monsieur le Ministre, que le retour des envoyés d'Oubi,
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et le compte qu'ils lui rendront de la bienveillance avec laquelle ils ont été traités par le Roi, ramèneront le Chef du Tigré à de bons sentimens envers nos compatriotes.
Je sxiis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
COCHELET
P.S. — La notice ci-jointe contient un budget de PArabie qui est dû à M. Mari. Cet officier craindrait, s'il était rendu public, qu'on pensât en Egypte que c'est lui qui l'a communiqué, et d'éprouver par là une disgrâce. Je vous prie donc. Monsieur le Ministre, de détacher ce budget des notes sur les divers lieux indiqués sur la carte, dans le cas où vous ferez un usage quelconque de celle-ci.
Gomspondance poUtiqae. Ëg^te, XIII« £«• 112-115.