LA QUESTION D'ORIENT
ancienne »Qu'arrivera t-il quand l'heure dernière de Thomme question o- jjjg^ig^^jg g^^j-g^ souné ? Qui recueillera sa succession? Ou
nent
entre quelles puissances sera-t-elle partagée, et comment? Et surtout, quelle puissance sera maîtresse de Constantinople et assise à cheval sur le bosphore? Ou pourra t-on neutraliser Constantinople avec les détroits et la mer de marmara?" Telles étaient à peu près les questions qui se résumaient autrefois dans cette seule expression »la question d'orient". Il faut ajouter que parmi les puissances rivales, celle qui paraissait avoir les meilleures chances, et que les autres redoutaient le plus, était sans contredit la russie. Venaient ensuite 2® Tangleterre et 3° la franco, ou 2° la france et 3^ Tangleterre. Enfin 4° Tautriche et 5P ntalie.
question Aujourd'hui le problème n'est plus le même. La question d'orient actuelle est plus vaste et plus importante que l'ancienne^). Elle est en même temps plus simple, car elle se réduit à ces termes: l'orient sera-t-il russe*) ou européen 3). Remarquons encore quant à la concur-
0 V. ci-dessus p. 106 , 409.
^) Sans le nord-ouest de l'afrique.
') Ayec le nord-ouest de Tafrique.
actuelle
LA qnBsnoN d'obdsmt. 145
rence des puissances européennes, que l'importance de rautriche , appuyée par Tallemagne , a beaucoup grandi par rapport à Torient, et n'est plus inférieure à celle de Tangleterre. L'italie, devenue grande puissance méditerranéenne, a acquis également une importance de premier ordre en orient. Depuis longtemps les italiens ont eu plus de rapports avec tous les pays qui entourent le bassin oriental de la méditerranée , que les autres nations européennes. Ils y faisaient plus de commerce; ils y comptaient plus de résidents; leur langue, la lingua franca, y était plus connue. Il est vrai que dans le cours de ce siècle les français et la langue française leur ont fait une rude concurrence; mais si la franco se retire du bassin oriental de la méditerranée pour mieux dominer le bassin occidental, l'italie regagnera beaucoup de terrain perdu, n est évident d'ailleurs qu'en même temps l'immigration italienne en orient sera beaucoup plus forte dans l'avenir que l'immigration française. On peut prédire que par rapport à l'émigration des sujets des grandes puissances vers l'égypte, la syrie, l'asie mineure, le littoral de la turquie d'europe et la grèce, l'ordre suivant s'établira entre ces puissances: 1® l'italie, 2^ l'autriche et l'allemagne, 3° l'angleterre.
La question d'orient a été jusqu'à présent celle de la eens nouveau satisfaction des prétentions rivales des grandes puissances , ^^ ^'^^^ prétentions basées uniquement sur leur intérêt ou leur ambition, sur leur désir individuel de se fortifier, de s'agrandir, de s'enrichir ou d'enrichir leurs sujets. A ce point de vue la solution de la question ne pouvait dépendre que de la proportion entre les forces séparées ou diversement coalisées des grandes puissances; et l'espérance d'une solution pacifique, fondée sur la proportion apparente et non mise à l'épreuve par la guerre, était assez faible. — Mais on peut donner un autre sens à la