‹ L'Egypte et l'EuropeChapitre 56 sur 85 · LXXVI · texte numérisé non relu

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parents et vos proches par le sang, et les orphelins, et les pauvres, et les voisins de votre tribu et les voisins étrangers, et les étrangers auxquels vous êtes liés par Thospitalité (?), et les fils du chemin, et les esclaves que votre main droite possède." ^) La bonté n'est pas moins estimée que l'oeuvre externe, le sacrifice pécuniaire de l'aumône. »Si vous n'avez pas de quoi leur faire l'aumône (au pauvre, au fils du chemin), au moins parlez leur avec bienveillance" *). L'aumône même perd sa valeur si elle n'est faite avec bienveillance; et les bonnes paroles et le pardon valent mieux que l'aumône suivie de mauvaises paroles et de mauvais procédés^).

Beaucoup de chrétiens s'imaginent à tort que c'est l'évangile qui le premier a prescrit l'amour du prochain exprimé par la formule mosaïque que Jésus rappela dans l'évangile : »aime ton prochain comme toi-même". *) Les ennemis de Tislam ajoutent que l'aumône et la bonté sont des oeuvres externes qui ne remplacent pas le sentiment interne de l'amour, de la charité universelle; et qu'il ne suffit pas d'être bienfaisant et affectueux pour autrui, puisqu'il faut aimer tous les hommes autant que soi, et leur faire autant de bien qu'à soi. Ceux qui parlent de la sorte, ignorent ou ne voient pas que la formule mosaïque en question est une métaphore. Amour propre et s'aimer soi-même sont des expressions figurées, qui signifient ))faire pour soi ce qu'on ferait pour un autre par amour , préférer sa satisfaction , son bien-être au bienêtre et à la satisfaction d'autrui". On ne s'aime pas soimême à moins d'être sujet à une aberration mentale. Il est psychiquement impossible d'aimer tous les hommes

3) xvn. 30.

') V. les passages précités H. 264—266.

') Levit. XIX. 18, S. Matih. XXH. 39, S. Marc. XH. 31,

d'un amour parfait ou suprême; et il serait monstrueux d'aimer les méchants autant que les bons, tous les étrangers autant que ses enfants, son mari ou sa femme, ses parents. Il est, de plus, matériellement impossible de faire à tous les hommes autant de bien qu'on en fait et qu'on ne peut laisser d'en faire à soi. »Aimer son prochain comme soi-même" ne signifie donc pas i^aimer tous les hommes autant qu'on s'aime", mais j^/ixire à tous , dans les limites infinitésimales de son pouvoir, tout le bien qu'on se ferait à soi-même. C'est toujours un idéal. Mais il faut convenir que le koran n'exige pas moins i).

devoirs reii- Toute la morale du koran est une morale religieuse.

P"« Les devoirs de l'homme par rapport à soi et par rapport

à autrui sont en même temps des devoirs envers Dieu. Reste la morale religieuse proprement dite, qui contient les devoirs envers Dieu seul: 1^. les devoirs externes de la prière, du jeûne et de certaines abstinences, de l'observation des commandements de Dieu quant au droit et à la vie sociale, du pèlerinage à la Mecque et de la guerre sainte, 2^. les devoirs internes de la foi, de la crainte de Dieu, de la résignation et de la piété, prière Nous avous VU que le koran laisse toute liberté aux hommes quant au contenu de la prière. Il résulte seulement d'une foule de passages du livre sacré qu'en priant il faut célébrer les louanges de Dieu, implorer la rémission des péchés en invoquant Sa miséricorde, demander qu'il nous donne Son secours et Sa protection, et qu'il nous conduise dans la voie du salut. La prière koranique est donc quelque chose de plus que l'acte de s'incliner et de se prosterner en prononçant des paroles

>) Les gens de petite foî ne rendent aucun service au christianisme en lui attribuant des mérites qu'il ne peut avoir, parce que ces mérites sont impossibles et absurdes. Heureusement la morale et la religion chrétiennes se passent très bien de ces faux ornements.

d'adoration. L'acte extérieur ne suffit pas, et la manière dont on prie n'est pas indifférente. — Ainsi »il ne faut pas trop élever la voix ^) en s'adressant à Celui qui connaît tout ce qui est secret et caché" «). Il n'est pas non plus recommandable de prier trop bas (c'est-à-dire sans son de voix et comme en chuchotant), mais il vaut mieux suivre une voie intermédiaire 3). Il n'est certainement pas défendu de prier en public, dans la mosquée et partout où l'on se trouve avec d'autres, mais il ne faut pas le faire de manière à attirer l'attention des hommes ou avec ostentation*), et il faut prier aussi ou surtout en secret^). — Quant à l'état mental de celui qui prie, le koran exige qu'il prie avec recueillement*) et avec humilité 7), respectueusement ») et ardemment ou avec dévotion •). C'est bien ainsi que prient toujours les musulmans orientaux qui comprennent l'arabe du koran, et notamment ceux de l'égypte.

Le koran signale souvent la crainte de Dieu — c'est-à- crainte de dire la profonde vénération que le Créateur inspire au *®^ croyant et sa parfaite soumission à la volonté divine — comme un sentiment non moins indispensable que la foi et les bonnes oeuvres. Il exhorte abondamment à la résignation résignation^ qui est l'acquiescement — tant à l'avance qu'après coup — à tout ce que Dieu dispose à notre égard ,

0 XX. 6, xvn. 141, vn. 204.

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