XX
») xvn. 111.
*) CVn. 4—8, IV. 141. ïComme font les hypocrites". *) Vn. 53, VI. 63 pavec humilité et en secret", s) rv. 141 sles hypocrites prient sans faire grande attention à Dien". n. 239.
0 xxm. 2, xvn. iio, vu. 53. 204, vi. 63.
8) Avec crainte XXXII. 16, VU. 53. 204.
») XXXII. 16, Vn. 53. Comp. XVU. 109. 110. «Les croyants, quand ils entendent réciter le koran, tombent sur leurs faces en adoration, et disent: Gloire soit à Dieu , en vérité la promesse de notre Seigneur est remplie; et ils tombent sur leurs faces en pleurant.''
et qui est la vertu musulmane et koranique par excelpiét^ lence. Enfin le koran attache beaucoup de prix à la piélé^ c'est-à-dire à cette disposition de Tâme qui embrasse la crainte de Dieu, la résignation et le désir constant de remplir les commandements de Dieu , de Lui être agréable et de se rapprocher de Lui ou de chercher Sa face ^). La valeur de la piété, qui est une chose intérieure, est opposée à celle de l'acte extérieur des sacrifices faits à la Mecque et à d autres pratiques extérieures. C'est la »piété du coeur" qui fait le prix des grandes et belles offrandes qu'on fait à Dieu*); et c'est »votre piété, et non la chair et le sang des victimes, qui s'élèvera jusqu'à Dieu"^). bU n'y a aucune piété à entrer dans sa maison par derrière*), mais la piété consiste à craindre Dieu. Entrez donc dans vos maisons par la porte et craignez Dieu."^) »I1 n'y a aucune piété à tourner vos faces vers l'orient ou vers Toccident (en priant); mais celui-là est pieux qui croit en Dieu et au jugement dernier, et aux anges et à la révélation et aux prophètes, qui pour l'amour de Dieu donne de ses biens à ses parents (famille), aux orphelins, aux pauvres, au fils du chemin, aux mendiants et aux captifs, qui observe la prière et fait l'aumône , et qui est fidèle à ses engagements et patient dans l'adversité." •) ftmour de Le korau ne contient aucun commandement semblable ^^^ au commandement mosaïque, rappelé dans l'évangile par Jésus, »d'aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme (de toute sa pensée) et de toute sa force" 7). Il faut observer cependant que cette formule aussi est métaphori-
0 XCn. 20, XXX. 37, Xra. 22, 11. 274. (cl^essns cités) 2) XXn. 33.
») xxn. 38.
*) Superstition arabe.
7) Deutéron. VI. 5, S. Matthieu XXn. 37, S. Marc. XH 30.
que. Il ne s'agit pas d'un amour de Dieu pareil à celui dont on aime ou peut aimer les hommes, mais d'un sentiment différent et supérieur en énergie. Il est impossible , en effet, d'aimer Dieu, notre Créateur, comme un de nos semblables; à moins qu'on ne tombe dans le mysticisme ou dans un sentimentalisme religieux dont la loi mosaïque et Celui qui en rappela les ^grands commandements" dans les évangiles de S. Matthieu et de S. Marc, étaient également éloignés. DAimer Dieu de tout son coeur etc." signifie mettre son coeur , son âme , sa pensée , sa force au service de Dieu, subordonner à l'accomplissement des commandements de Dieu ses propres désirs et ses propres intérêts ainsi que les désirs et les intérêts d'autrui. La formule signifie le dévouement absolu et non le sentiment de l'amour porté à sa plus grande intensité. Ainsi compris i>\e premier et le grand commandement" renferme toujours un idéal religieux. Mais le koran aussi exige certainement que le moslem subordonne son existence au service de Dieu.
L'idée de l'amour dont Dieu est l'objet de la part de l'homme, n'est pas cependant étrangère au koran. Nous y lisons: »I1 y a des hommes qui aiment leurs idoles de l'amour dû à Dieu, mais les croyants aimant Dieu plus (que les idolâtres leurs idoles)^)", et »Si voits aimez Dieu^ suivez-moi (le prophète), et Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés"*); et nous rencontrons quelquefois l'expression ©pour l'amour de Dieu" 3), Seulement les mots i>aimer Dieu" n'entraient pas dans le vocabulaire koranique, comme ils entrent dans notre vocabulaire actuel*).
') p. ex. n. 172, ci-de68U8 cité.
*) l\ n'est pas inutile d*observer que l'amour de Dieu n'est pas non plus une expression familière à Fancien testament et notamment aux psaumes, qui abondent en aspirations vers Dieu, ainsi que vers Son temple et Son culte (V. surtout Ps. 42. 43. 84). Ce n'est pas Tamour de Dieu qui inspire
676 cuAP. X.
On y trouve au contraire la confiance en Dieu ^), à laquelle le koran exhorte les croyants *). On ne peut nier de plus que Timage «chercher" ou «désirer voir la face de Dieu" n'exprime une aspiration vers Dieu, un désir de se sentir rapproché spirituellement de Lui ou en possession de Sa faveur^). Or c'est là l'espèce de sentiment affectueux ou d'amour qu'il convient à la créature de vouer à son Créateur. — Du reste, l'homme n'a pas de • moindres motifs de reconnaissance et d'amour pour Dieu selon le koran qu'il n'en a selon l'ancien testament. En effet c'est Allah qui a arrangé et orné la terre et réglé le cours des astres pour les besoins et la satisfaction des hommes. Sa providence est pleine de bonté pour eux*). Il a préparé le paradis aux hommes croyants et bons, et il ne destine l'enfer .qu'aux méchants et aux incrédules et idolâtres. Il a envoyé réitérément des prophètes pour avertir les générations égarées. Il abonde en miséricorde. Il est prompt à accepter le repentir et à pardonner. Et Il conduit vers Lui, individuellement, tous ceux qui ne lui résistent pas^).
rèauméë de Le korau contient plusieurs résumés de morale qui morale n'ont aucunc prétention à être complets et systématiques, ni à remplacer le décalogue mosaïque"). — Une trèsancienne soura'') dit:
les psalmistes, mais le désir passionné d'obtenir Son secours, et ta confiance en Lui. Dans le passage célèbre »Goinme le cerf brame après les cours d'eau, ain&i mon âme brame après Toi, o Dieu; mon âme a soif deDien, du Dieu vivant*' il ne s'agit encore que du désir d'obtenir le secours da puissant Protecteur du psalmiste contre ses ennemis.
^) La confiance en Dieu abonde également dans les psaumes.
=) XI. 123, XXIX. 59, V. 14. 26, XXXIU. 3, XXXIX. 39 etc.
») V. ci-dessus p. 428. -•) V. ci-dessus p. 408—440. ») V. ci-dessous,
6) II. 77. »Dieu a dit à Israël: ne servez que Dieu; soyez bon pour \otre père et votre mère, et vos parents, et les orphelins et les pauvres; parlez aux hommes avec bienveillance, observez la prière et faites Tauroône." — On peut inférer de ce passage que Mohammed n'a pas connu la décalogue. LX. 12 ne conduit certainement pas à une conclusion opposée.
Le chemin escarpé est de racheter le captif, de nourrir au jour de la &mine l'orphelin parent et le pauvre couché dans la poussière, d'être de ceux qui croient et s'exhortent mutuellement à la patience et à la compassion.
Une autre ancienne soura^) dit: que le paradis est pour
ceux qui sont constants dans la prière, et dans les biens desquels
il y a une portion pour le mendiant et le pauvre honteux, et
qui croient au jour du jugement , et qui observent la continence
(sauf avec leurs femmes et leurs esclaves), et qui respectent
leurs dépôts et sont fidèles à leurs engagements, et dont le
témoignage est véridique.
* Dans une autre soura, moins ancienne*), nous lisons:
Bienheureux sont les croyants qui s'humilient dans la prière, qui s'abstiennent de vaines paroles, qui font activement l'aumône, qui observent la continence (sauf avec leurs femmes et leurs esclaves), qui respectent leurs dépôts et sont fidèles à leurs engagements et qui observent bien leurs prières.
Les deux, derniers résumés offrent quelques ressemblances. Il n'en est pas de même des deux suivants qui font partie de souras datant des derniers temps avant la fuite ^).
Dis: Venez, je vous réciterai ce que votre Seigneur vous a défendu: ne Lui associez aucun être; soyez bons pour vos parents; ne tuez pas vos enfants pour raison de pauvreté, Nous vous donnerons de quoi vivre, à eux et à vous; ne commettez pas d'abominations, ni ouvertement, ni secrètement ^ ae tuez pas l'âme (= la vie, c-à-d. ne commettez pas d'homicide), si ce n'est dans une juste cause; ne touchez pas aux biens de l'orphelin, si ce n'est pour les faire accroître, jusqu'à sa majorité; pesez et mesurez avec justice; quand vous rendez un jugement, soyez justes , quoiqu'il s'agisse d'un parent.
Ceux qui craignent le Seigneur et redoutent le jour du juge-