‹ L'Égypte et la Nubie (volume 2)Chapitre 19 sur 40 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Abou -Bekr - Ouad-Moussa. — Cérémonies nuptiales.— Festin. Danse nubienne. — Kisirka. — Aimés. — Arrivée de la fiancée. — Contrat. — Sacrifice. — Promenade par la ville. — Lutteurs. — Retour à la maison.— Le mariage. — Mahmoud-Effendi. — Le divan du Bey. — Départ de Maraka. — Friponnerie du Capitaine de port. — Bastonnade. — Ile d’Argo. — Ruines de Sanna-Behat. — Mélek Tombol. — Son palais. — Réception. — Repas. — Départ d’Argo. — Productions de l’ile.

Notre barque avait été signalée, et nous avions à peine atteint le port de Dongolah, que deux envoyés d’Abou-Bekr-Ouad-Moussa, l’un des plus riches Khawadja (marchands) de la ville, dont nous avions fait la connaissance à notre passage, vinrent nous prendre de la part de leur maître et nous conduisirent chez lui, afin d’assister aux fêtes auxquelles donnait lieu son mariage, qui devait se célébrer le lendemain. La plus grande partie de la journée se passa en visites des amis delà maison, qui venaient féliciter notre ho le

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sur 1 alliance qu’il allait contracter et sur l’arrivée de ses étrangers ( Deffan ) , circonstance de bon augure dans toutes les occasions solennelles de la vie. On servait à chacun un verre d’eau-de-vie de dattes, et on lui offrait le gadous. Cette pipe, faite d’un os de mouton et qui contient près de deux drachmes de tabac, faisait le tour de l’assemblée, et chacun, après en avoir avalé quelques gorgées, la passait à son voisin.

Ouad- Moussa appela deux esclaves qu’il chargea de nous frotter de dilké , pour nous délasser des fatigues du voyage. Nous passâmes à cet effet dans une pièce voisine, où un brasier avait été allumé. Après nous avoir dépouillés de nos vêtemens, les esclaves nous couvrirent d’une pièce de toile {djouérieK) , qui, pour nous faire plus d’honneur, avait été choisie bien souple et bien luisante , c’est-à-dire enduite d’une forte dose de graisse. Dès que la transpiration eut commencé à être bien établie, nos membres furent massés, frottés et oints avec beaucoup de soin d’une pâte fermentée mêlée de diverses odeurs (1). Cette première opération termi-

(1) Cette pâte, que les Dongolaouy nomment dilké , se compose d’un mélange de sumbul ( aspica celtiea ) , de mahleb ( noyaux de cerise amère pulvérisés qui viennent d’Europe) , et de doufr (coquillage de la mer Rouge porphyrisé. Ce nom lui a été donné à cause de sa ressemblance avec l’ongle, que les -Nubiens appellent doufr. )

ÉGYPTE ET JNUBIE.

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