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BALZAC, COQUEBBIT, GOBABOBUP^
GOSTAZ , GOUTEUB 9 LACIPIEBBB j
RIPAULT , LEpfcBB, MéCHAIH , ROVBT5
LENOIE , BEGTOVX , S* 6BN1S y TlilCBilT ^
iDUTBHtBB, SATIGNY.
LONGITUDE DEPUIS PÀBIS > 3o° l5' 22^; LATITUDE BOBÉALE, 24*" 5' 4^^',
j4 Egypte et nubie.
nous admirions ce désordre plein d'harmonie , cette destruction gracieuse à laquelle les brusques oppositions d'ombre et de lumière semblaient donner des formes et une existence nouvelle. Jadis ^ dans la ville des Césars ^ nous avions admiré les effets des rayons de la lune se jouant au travers des arcades du Colisée; mais à Rome, les fabriques modernes qui bornent rhorizon de toutes parts, le son des cloches , les bruits de la ville , viennent sans cesse distraire votre attention et vous rappeler que quelque chose a succédé aux monumens dont vous admirez les restes. A Philae , tout est grave et immobile, autour des débris de la grandeur des Pharaons. I-iC silence du désert rend encore plus solennel le silence qui a succédé , sous ces voûtes, aux hymnes sacres du culte. Rien ne trouble la majesté sublime de cette solitude , et si parfois le bruit lointain des cataractes , parvient affaibli jusqu'à votre oreille , c'est comme pour vous avertir qu'elles élèvent leur barrière entre le monde et vous, et que rien ne pourra venir altérer le calme délicieux dont vous jouissez.
La nuit était déjà bien avancée quand nous pûmes nous arracher à ce spectacle magique, pour retourner à nos canges et donner le signal du départ.
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Après Philse, le lit dii fleure est pendant quelques lieues entièrement d^agé d'îles et de rochers; mais les montagnes de granit qui bornent ia vallée se rapprochent bientôt au point de laisser à peine sur chaque rive un demi-mille de terre cultivable. De petits villages ombragés de palmiers, et entourés de champs de doura et de cannes à sucre , forment des deux cotés une lisière de verdure entre le Wi\ et le désert. A l'aspect nouveau que nous offraient les bords du fleuve ainsi resserrés par les montagnes y venait se joindre celui d'une population nouvelle : nous étions dans le pays desBarabrahs (i), pauvre race abâtardie^ mélange du sang de tous les couquérans qui se sont succédé dans ces contrées.
Les Barabrahs ou Kenous qu'on rencontre pour la première fois à Éléphantine , forment une nation à part ; leurs mœurs , leurs traits , leur langage, les distinguent à la fois des Arabes du désert, de$ Fellahs avec lesquels ils sont en contact à Assouau, et des Noubas avec lesquels ils se mêlent sans se confondre « depuis Ibrym jusqu'à Ouady«Hal£ah. Les Barabrahs occupait la plus grande partie du pays qui s'étend le long des rives du fleuve , entre la première
(x) Oa Barhariru iiidifTéreinaieoU
l6 EGYPTE ET NUBIE.
et la seconde cataracte , ainsi qu'une assez vaste contrée du désert occidental , connue sous le nom de Dar-el-KourkourÇpsiys des tourterelles), et qui s'étend depuis Assouan jusqu'au-delà d'£l-Kalabcheh. Sur quelques points de la Nubie Inférieure , la population sédentaire est composée d'Arabes qui ne se mêlent pas avec les Barabrahs, qu'ils affectent de mépriser; et malgré des siècles d'habitation commune dans les mêmes cantons , les usages comme la nourriture de ces deux races offrent de grandes différences. Bien que les Barabrahs soient presque noirs j leurs lèvres petites, leur nez fin , leurs cheveux longs et légèrement crépus sans être laineux , en un mol , toute l'habitude de leur I
corps les rapprochent plus des races arabes que des races nègres. Les Barabrahs ne font aucune difficulté de manger les lézards, les serpens, '
les sauterelles , les œufs et la chair du crocodile, !
que les Arabes au contraire affectent de repous- |
ser avec horreur. Leurs coutumes, dans les '
mariages , ne diffèrent pas moins de celles de leurs voisins. Chez les Barabrahs, le mari j.
achète sa prétendue à son père , et celui-ci aban- o
donne à sa fille une partie du prix qu'il a reçu. f
Cette somme devient ainsi , pour elle , une sorte i
de dot et lui appartient en propre. En cas de m
divorce, le père rend au mari la moitié de la pa
somiue qu'il s'était réservée, mais la femme conserve en entier celle qui lui a été assignée pour sa part.
Les enfans des deux sexes restent nus jusqu'à l'âge de puberté ; on laisse , le plus souvent , croître les cheveux des jeunes filles; ceux des garçons sont rasés , mais il leur eu reste sur le front un bandeau large de deux doigts et une touiïe au sommet de la tête. Les hommes faits sont y comme les fellahs, vêtus d'une chemise bleue. Quant aux femmes, elles se drapent en outre avec une ample pièce de toile fmalajeh), le plus souvent bleue, et, contrairement à l'u* sage mahométan, elles ne se couvrent point la figure et laissent voir leurs cheveux.
La population Barbarine peut être estimée en totalité de trente-cinq à quarante mille âmes; elle ne s'étend pas au-delà de la seconde cataracte, après laquelle on commence à rencontrer presque exclusivement la race Nubienne ou Nouba.
Un grand nombre de Barabrahs partent fort jeunes de leur pays, pour aller en Egypte, se mettre au service des Turcs , et surtout des Francs qui les préfèrent aux Arabes , à cause de leur vieille réputation de probité , et qui les emploient généralement comme portiers ou palefreniers. Dès qu'ils ont amassé quelque pe«