‹ L'Égypte et la NubieChapitre 2 sur 41 · XXI II · texte numérisé non relu

XXI II

ces destinées pouvaient changer au caprice des Russes; elles pouvaient être jouées dans une bataille, sans que personne eût le plus petit mot à dire; et la victoire qui, suivant le manifeste, devait, sans aucun doute, appartenir à l’aigle moscovite , pouvait faire de l’empire des Sultans une possession russe !

Médiatrice et belligérante à la fois , la Russie pressa bientôt l’Empire Ottoman de toutes ses forces; et cette guerre, la plus injuste peutêtre qui ait jamais été entreprise, fut cependant proclamée sainte et protectrice de la civilisation, comme si la première base de toute civilisation ne devait pas être la justice.

Assaillis pour ainsi dire à l’improviste, et au moment où leur nouvelle armée comptait à peine trente mille combattans, les Turcs se montrèrent plus dignes qu’on ne l’avait cru de l’intérêt de l’Europe. L’appui de la diplomatie permit, il est vrai , au général Diebitsch , de venir dicter au Sultan une paix onéreuse, à la tête de dix mille hommes isolés de l’armée et coupés à Andrinople (le i4 septembre 1829); mais deux campagnes désastreuses, et cent mille Russes ensevelis dans les plaines de la Bulgarie, suffirent du moins pour sauver l’honneur, et pour prouver à l’Europe de quoi eût été capable la Turquie régénérée.

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Les mots de modération , de désintéressement, de magnanimité, mis en avant par le jeune Empereur, dès le commencement de la guerre, avaient donné le change à l’opinion; le traité d’Andrinople vint faire connaître la valeur de ces grands mots. Le rôle ignominieux auquel fut alors réduite l’ambassade turque, rôle que jouèrent volontairement avec elle les représentans de la plupart des puissances de l’Europe, en complète le sens. Ce n’est pas, en effet, d’une transaction de puissance à puissance qu’il fut question dans l’acceptation de ce traité, rédigé à Saint-Pétersbourg, et envoyé, avec quelques lignes en blanc, à la signature des plénipotentiaires turcs , mais d’une humble prière d’un esclave à son maître. Les diplomates européens s’abaissèrent jusqu’à supplier Sa Majesté Impériale pour qu’elle daignât grâcieusement , dans l’excès de sa magnanimité, accorder une légère diminution des peines imposées dans sa justice à un ennemi qu’ils lui livraient pieds et poings liés.

Le traité d’Àndrinople fut le premier acte qui commença à dessiller les yeux de l’Europe; l’esprit de spoliation qui s’y décelait à chaque mot, son opposition flagrante avec les protestations de générosité qui avaient présidé à l’ouverture des hostilités, révélèrent tout le

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machiavélisme des projets de la Russie, et fixèrent enfin l'attention des publicistes. On pesa les conséquences de ce traité désastreux; on compara le Czar, étouffant, au mépris des protestations les plus saintes, les germes de la civilisation qui commençait à poindre en Turquie, au Sultan , consacrant ses efforts à améliorer le sort de ses peuples; et l'opinion publique, naguère ameutée contre les Turcs, l’opinion qui la veille encore demandait leur destruction, frappa de son anathème le liras qui lui avait trop bien obéi. Chacun s’étonnait de voir qu’un événement qu’on avait appelé à grands cris comme un bienfait pour la civilisation et la liberté, n’était en effet qu’un pas rétrograde vers la barbarie; et pourtant, y avait-il, dans tout cela, quelque chose qui n’eùt pas été prédit , quelque chose que l’homme le moins clairvoyant, un peu au fait de l’histoire de la Turquie , n’eût pu , en quelque sorte, écrire d’avance mot pour mot.

En effet, quelque loyale qu’on veuille supposer la pensée intime du souverain de la Russie, la force des choses doit empêcher cette pensée de s’accomplir. Profiter des occasions les plus injustes pour attaquer les Turcs, leur faire une guerre de spoliation , alors qu’ils remplissent loyalement toutes les conditions qui

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devaient leur assurer la paix; vaincus, les accabler, et pousser jusqu’à l’oppression la plus barbare les succès des armes, telle est la loi politique, et presque religieuse, qui règne despotiquement sur le chef même de ce vaste empire. La conquête de la Turquie est pour les Russes une question nationale, un but avoué, un projet que personne n’ignore; et pourtant leurs protestations de désintéressement ont fasciné les yeux de l’Europe entière, jusqu’au jour où le traité d’Andrinople est enfin venu jeter sur leurs desseins une lumière qu’il n’a plus été possible d’étouffer.

Quelques points principaux méritent d’être signalés dans le traité d’Andrinople.

Le droit de protectorat et d’intervention dans les affaires intérieures dévolu à la Russie.

Les stipulations financières.

En Europe , la cession et la destruction des forteresses de la rive gauche du Danube, et l’adjonction, au territoire de l’empire russe, de toutes les bouches de ce fleuve , détruisent la ligne de frontières naturelles de la Turquie, et livrent aux Russes , sans défense possible , l’entrée de ses plus riches provinces.

En Asie, les forteresses de la Circassie sont cédées à l’Empereur, sous le même prétexte que l’avait précédemment été la Géorgie, pour

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abolir l’odieux commerce des esclaves, scrupule assez étrange de la part du souverain d’une nation composée, en majeure partie, de serfs, dont la condition est cent fois pire que celle des esclaves en Turquie. La nouvelle ligne de frontières a donné aux Russes les débouchés des montagnes, dont les progrès si lents du général Paskéwitch ont démontré l’importance, et qui, au dire de ce général, forment Tunique point de départ et Tunique base solide pour les conquêtes futures. La Turquie d’Asie est donc ouverte aux Russes.

Les privilèges stipulés en faveur de la Valachie et de la Moldavie , équivalent à peu près à l’incorporation de ces principautés, et les placent précisément dans la position de ces provinces russes dans lesquelles l’Empereur s’épargne seulement les frais d’administration. Elles sont , il est vrai , encore astreintes, envers la Porte, au paiement d’un tribut; mais la stipulation même de ce tribut, sans importance, cache une intention perfide , car la perception, destinée à couvrir l’oppression et le pillage des chefs, excite la haine du peuple contre le Sultan , au nom duquel il est pressuré au profit du Czar, tandis que celui-ci ne semble jamais intervenir que comme médiateur. L’expulsion

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des habitans musulmans, injustice la plus barbare qu’un vainqueur ait osé commettre en Europe dans les temps modernes, a forcément éloigné des principautés tous les hommes qu’un sentiment de nationalité ralliait au Sultan, et laissé le champ libre aux intrigues russes., en même temps que la dispense accordée, ou, pour parler plus exactement, la défense faite aux autres habitans d’approvisionner désormais de grains et de denrées de toute espèce les forteresses de la rive droite, achève de rompre les derniers liens qui les attachaient encore à l'empire Ottoman. Enfin la formation de troupes nationales sur le modèle russe, et la ligne de quarantaine établie entre la frontière turque et les principautés, sont venues compléter l’œuvre de séparation , et achever de faire de ces provinces une première ligne d’opérations contre la Turquie. Du reste, ce n’est pas seulement pour les Turcs qu’est devenue menaçante l’attitude prise par la Russie en Valachie et en Moldavie , par suite du traité d’Andrinople; l’état dedépendance absolue dans lequel sont aujourd’hui ces provinces, nexislant désormais que pour la Russie et par elle, en fait, pour le Czar, le complément de l’occupation de la Pologne , et les principautés sont

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devenues le rendez-vous naturel, en cas de guerre, des armées russes rassemblées contre l’Autriche.

Non contente de se placer dans une position offensive contre la Turquie d’Europe et d’Asie, et contre l’Autriche à la fois, la Russie n’a pas manqué de s’assurer les prétextes nécessaires pour revenir à la charge quand elle jugera le moment opportun. Le chaos de ses prétentions est tel, que la fidélité la plus inviolable, la sévérité la plus religieuse dans l’exécution de ses obligations , ne mettront jamais la Porte à même de combler cet abîme d’ambition. Après avoir fait les concessions les plus exorbitantes, après y avoir englouti toutes ses ressources, le Sultan ne pourra pas même jouir de la triste consolation de croire qu’il a rassasié son ennemi et mérité quelque repos. C’est à son empire qu’on en veut, et aucun sacrifice autre que celui de son empire ne peut satisfaire la Russie. Déjà protectrice insolente, elle s’est arrogé le patronage, ou plutôt la suzeraineté d une classe tout entière des sujets ottomans. Tout Grec peut aujourd’hui, sous le prétexte le plus léger, réclamer et obtenir la protection russe, ou, s’absentant pour quelques semaines, aller acheter, à vil prix, à Odessa, une patente de naturalisation, revenir sujet russe,

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et échapper ainsi à jamais, lui et toute sa famille, à la juridiction des autorités turques.

L’exemption du droit connu sous le nom de douane de terre (Kara-gumruk), stipulé par le traité d’Andrinople, en faveur des marchandises russes, porta à la Turquie un coup peutêtre plus funeste que toutes les concessions de territoire. Devenue par là partie active dans une foule de questions intérieures, la Russie profita bientôt de cette position pour jeter dans l’administration turque des germes de désordre et de désorganisation qui ne tardèrent pas à se développer. L’établissement de nombreux monopoles, celui de droits ruineux, et jusqu’alors inouis, imposés sur tous les produits que ces monopoles n’atteignaient pas, provoquèrent bientôt, sur plusieurs points, des mouvemens contre le gouvernement, et livrèrent la Turquie à des luttes intérieures dans lesquelles ses forces s’épuisent chaque jour au profit de la Russie.

Enfin , l’occupation de Silistrie par les Russes, jusqu’à l'entier acquittement des dix millions de ducats de Hollande, imposés comme contribution de guerre, leur donne la faculté de pouvoir forcer le Sultan à pressurer ses sujets et les réduire au désespoir, en hâtant la rentrée de cette dette , ou s’assurer la libre entrée

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des plus riches provinces de la Turquie d’Europe, et par conséquent la décision, en leur faveur, de tous les points en discussion , en lui accordant, pour se libérer, un délai qu’ils sont libres de prolonger à volonté , suivant les circonstances.

Tels sont les principaux avantages dévolus à la Russie par suite du traité d’Andrinople; et sans entrer ici dans un examen plus approfondi des diverses clauses de ce traité, toujours estil certain qu’il a complètement rempli, pour les Russes , le but qu’ils se proposaient, savoir: d’empècher, pour la Turquie, tout avancement vers un état d’amélioration, d’organisation et de force, de prolonger à volonté la durée des circonstances exceptionnelles dont ils ont profité pour l’enchaîner, et de la tenir dans leur dépendance absolue jusqu’au jour où les combinaisons de la politique européenne leur permettront enfin d’en prendre officiellement possession.

Pendant que la révolution grecque et la destruction des Janissaires préparaient à la Turquie l’avenir d’une civilisation si promptement étouffée par les Russes , un autre empire s’élevait en Orient; un soldat heureux, Méhémed-Ali, demeuré, par la destruction des Mamlouks , maître souverain de l’Égypte, y

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avait jeté les bases d’une puissance bientôt rivale de celle de son maître.

Trouvant dans l’état d’épuisement où la paix d’Andrinople avait laissé la Turquie une circonstance favorable au succès de ses projets d’indépendance, Méhémed-Ali leva l'étendard de la révolte.

La haine du nom russe était alors, comme elle le sera toujours, la passion dominante du peuple turc ; Méhémed-Ali s’annonça comme l’ennemi des Russes; il ne marchait, disait-il, sur Constantinople que pour délivrer le Sultan de leurs mains , pour rompre le pacte impie qui liait le chef des Croyans au chef d’un peuple infidèle; toute la Turquie s’émut à sa voix. On se rappelle avec quel empressement les populations de la Syrie et de l’Asie-Mineure accueillirent Ibrahim; non contens de l'appeler de leurs vœux, de lui tendre les bras, ses nombreux partisans faisaient dans l’Anadolie des envois d’armes pour seconder la résistance contre les légions du Czar; et l’enthousiasme fut tel, que l’audace d’un seul homme suffit pour que Smyrne reconnût les lois du prince égyptien , qui n’avait pas songé à cette conquête.

L’opinion qulbrahim ne s’avançait en Asie que pour combattre les Russes avait pris,

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parmi les Turcs , une consistance d’autant plus grande que , dès les premières hostilités , le cabinet de Saint-Pétersbourg, revenu à son système favori d’hypocrite amitié, s’était empressé d’accabler le Sultan des marques de l’affection la plus tendre et de lui offrir sa protection contre Méhémed-Ali.

Le piège de l’ambition moscovite était trop grossier pour n’être pas facilement évité. Cependant Ibrahim, vainqueur des Turcs à Homs et au Beylan , s’avancait dans l’Asie-Mineure , et ses progrès devenaient alarmans. Forcée par les circonstances critiques où se trouvait l’empire de solliciter un appui étranger, la Porte avait envoyé un ambassadeur en France et en Angleterre. Namik-Pacha y demandait pour la Turquie un secours efficace, indispensable, et bien que les cabinets de Paris et de Londres ne lui donnassent que des espérances, le Divan persistait à refuser l’assistance offerte par la Russie.

Trompée dans ses perfides calculs par le bon sens des Turcs, l’ambition russe se produisit bientôt sous une autre forme. Elle avait offert protection au nom de l’amitié, elle imposa son intervention sous menace de guerre. Le Czar avait décidé que ses soldats camperaient sur les rives du Bosphore: une seule alterna-

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tive fut laissée à la Porte, celle de les y voir comme amis ou comme ennemis. Menacé par le Pacha d’Égypte, désarmé devant la Russie, le Sultan n’avait pas le choix des moyens; il lui fallait vivre avant tout, et puisque c’est par la Russie seule qu’il pouvait exister, mieux valait encore accepter son secours, quelque dangereux qu’il pût être, que d’assurer la ruine de l’empire.

La bataille de Konieh venait d’ouvrir aux Égyptiens les portes de la capitale; la terreur qu’avait répandu partout la nouvelle de cette victoire ne permettait plus à la Porte d’opposer au conquérant une résistance sérieuse. Ibrahim commit alors une faute, une faute irréparable : il lui fallait, bravant les intimations impuissantes de la diplomatie, marcher droit sur Constantinople , où il serait arrivé avant les Russes (i)et sans coup férir. Il fallait, pendant ce temps-là, que Méhémed-Àli, franchissant les Dardanelles avec Sa flotte, vînt s’asseoir sur un trône que son énergie, secondée par l’enthousiasme, eût su rendre redoutable, et donner ainsi de nouveau , à la Turquie, une unité

(i) La bataille de Konieh eut lieu le 24 décembre iS32 , et les Russes ne purent arriver à Constantinople que le i3 février 1 833.

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qui pût faire, de l’empire ottoman , un contrepoids réel dans la balance européenne (i). Si nous sommes bien informés, le vice-roi eut un instant ce projet dont il fut dissuadé par des conseillers maladroits.

Qu'on ne pense pas cependant qu’en plaidant ici pour Méhémed-Ali nous professions pour lui une admiration sans bornes, ou que nous rêvions, sous son égide, la restauration d’un empire arabe, comme l’Europe a rêvé la restauration de l’empire des Grecs que , saisie de vertige, elle acceptait pour les descendans de Thémistocîe et de Miltiade. Et d’abord ne serait-il pas étrange d’avoir pu, comme l’ont

(i) Quelques personnes qui connaissent l’Orient, et dont l’opinion est pour nous d’un grand poids, pensent que le principe de légitimité, qui est article de foi chez les Turcs, n’aurait pas permis à Ibrahim ou à Méhémed-Ali , de renverser Mahmoud, pontife suprême de la religion musulmane, et de s’emparer du trône Nous reconnaissons avec elles qu’il n’y a jamais eu en Turquie que des rebelles à l’autorité souveraine, et que jamais aucun, quelle que fût sa puissance, n’osa s’élever contre les droits de la famille régnante, ou que s’il l’essaya, il fut aussitôt abandonné de ses partisans. Mais les temps sont bien changés! Nous étions à Constantinople au moment des victoires d’ibrahim, nous y avons été témoins de la haine qu’inspirait à tous les Turcs l’alliance que le sultan infidèle venait de contracter avec les Russes, et nous ne doutons pas un instant que si Mehémed-A!i se fut présenté, les musulmans ne se fussent précipités sous ses drapeaux, et ne l’eussent proclamé Sultan.

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fait quelques publicistes , penser sérieusement a la création d’un empire Arabe par un Turc qui professe, pour les Arabes, un mépris si profond, qu’il n’a jamais voulu parler l’arabe, et qu’il a même été jusqu’à défendre qu’on apprît cette langue à ses jeunes enfans. Mais si Méhémed-Ali est l’homme le moins propre à la réédification d’un empire arabe substitué à l’empire turc, aussi devons-nous ajouter que, dans notre opinion, cette restauration ne nous paraît pas plus possible, de long-temps au moins, même pour un Arabe.

Les Arabes d’autrefois, ces Arabes qui ont élevé les gracieux édifices de Damas, du Caire, de Grenade et de Cordoue , n’existent pas plus qu’il n’existe aujourd’hui, parmi les Grecs modernes, d’antiques citoyens de Sparte et d’Athènes. Les Arabes, ou du moins les peuplades qu’on salue aujourd’hui en Égypte et en Asie de ce nom historique , ne sont pas, ne peuvent pas être une nation : misérable cohue de Turcs, de chrétiens, de juifs, chez qui l’élégance des anciens Arabes passe pour un beau conte des poètes du Khalifat ; un seul lien les réunit, celui de la langue. Comme corps de nation , comme agglomération d’hommes unis par un sentiment commun de patriotisme, par un intérêt territorial commun, il n’existe plus, à

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