SOUS LES CROISADES
L’inappréciable avantage qu’offre la position de l’Égypte, destinée à devenir, entre les mains d’un peuple puissant, le point unique de transit du commerce de l’Inde, a toujours fait de ce pays un objet d’envie pour tous les conquérans.
Alexandre, et après lui les Romains, surent comprendre toute l’importance de l’Égypte : les croisés eux-mêmes, bien que leur but principal ait été l’occupation de Jérusalem, dirigèrent contre l’Égypte de nombreuses et puissantes expéditions, dont le but ne fut pas toujours seulement religieux, et rien n’égale le prix qu’attachèrent alors les chrétiens et les musulmans à la possession de ces lieux où le sort de l’Orient fut plus d’une fois mis en balance.
Ainsi nous voyons, dès l’an 1119, une flotte chrétienne remonter le Nil par le bras de Rosette et piller pendant cinq jours , la ville de Fouah.
Vingt-cinq ans sont à peine écoulés , qu’Amaury, frère et successeur de Baudouin III, vient ravager les bords du Nil, et se retire vainqueur après avoir soumis de nouveau les Égyptiens au tribut qui leur avait été imposé après la bataille d’Azkalon; bientôt rappelé par les
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Égyptiens eux-mêmes, pour les détendre contre l’armée de Noureddin , commandée par Chirkou , le même Baudouin, après de nombreux succès, impose au Caire un tribut de cent mille écusd’or, y laisse une garnison chré-
tienne, et porte ses armes jusque dans la Haute-Egypte, où il est battu par Chirkou, près de Babaïn, en 1167. Cette défaite ne décourage point Amaury, qui, aidé par la flotte de l’empereur de Constantinople, porte bientôt après ses armes contre Damiette, qu’il assiège en vain.
Après la mort de ce prince, Raymond de Tripoli, régent du royaume de Jérusalem , fait contre Alexandrie une entreprise inutile, et bientôt renouvelée, en 1 174* par les croisés siciliens qui, comptant sur l’appui des émirs conjurés contre Saladin, vont commencer contre celte ville un siège qu’ils sont obligés de lever au bout de trois jours.
Quarante ans après, en 1216, Jean de Brienne, roi de Jérusalem, aidé des croisés commandés par le duc d’Autriche et Guillaume de Hollande, attaque Damiette avec des forces imposantes, et s’en empare après de sanglans combats et un siège de dix-sept mois, le plus acharné peut-être dont l’histoire fasse mention, et lorsque , décimés par la peste et exténués par la faim, les derniers habitans, après avoir muré les portes de la ville, n’eurent plus la force de monter sur les remparts. Vainement le sultan du Caire offrit alors de rendre aux croisés la ville Sainte et tout le royaume de Jérusalem pour la rançon de Damiette, Pélage , légat du pape, dont les vues étaient plus étendues que celles des guerriers qui combattaient pour la délivrance du saint tombeau, sentit tout le parti qu’on pouvait tirer de la conquête de l’Egypte 5 ei refusa les propositions du sultan malgré l’avis
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du roi et des chefs. L’armée marcha sur Mansouruh , que le superbe sultan , dans sa défaite , venait de londer sur les débris de son camp. Là vint pour la première lois se briser la fortune des chrétiens : surprise par l’inondation du fleuve , qu’ils n’avaient pas su prévoir, leur armée victorieuse n’offrit bientôt plusque de misérables débris, qui regagnèrent à grand’ peine les ports de la Syrie.
Enfin, en 1248, saint Louis parut devant .Damiette ; une immense flotte égyptienne, qui barrait l’entrée du fleuve, ne put empêcher son débarquement, et au bout de quelques jours, après la défaite des Mamlouks , Damiette ouvrit presque sans coup férir ses portes au vainqueur. Bientôt l’Europe entière, instruite de ce succès, célébra le triomphe du saint roi; déjà l’on croyait voir l’étendard de la croix flotter sans rival sur les murs du Caire, lorsque, trop confions dans leur victoire, et négligeant les conseils de l’expérience qui avait coûté si cher auxsoldats de Jean de Brienne, les chrétiens vinrent camper où il avait campé lui-même , et s’exposer encore une fois, sous les murs de Mansourah, aux terribles effets de l’inondation. Ce puissant auxiliaire d’un ennemi presque vaincu, contribua plus que ses armes au désastre à jamais célèbre des chevaliers chrétiens; désastre qui frappa la France d’une telle stupeur, que la reine Blanche fit pendre comme imposteurs les premiers qui apportèrent cette sinistre nouvelle à laquelle elle refusa long-temps de croire ; et qui parut si inespéré aux Égyptiens eux-mêmes que, deux ans après la délivrance du saint roi, lorsqu’il ctaiteneore en Palestine, les Mamlouks, craignant une nouvelle entreprise de la part des Francs , aimèrent mieux détruire Damiette que de courir risque
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de la voir prendre encore; et qu’ensuite, lors de la seconde croisade de saint Louis, ils jetèrent ùPcmbouchure du fleuve de grands amas de pierres pour en obstruer le passage : funeste système de défense, dont l’entrée du fleuve , pour toujours presque entièrement fermée au commerce, est la déplorable conséquence.
Découragés par ces défaites successives, et pouvant à peine suffire à se défendre eux-mêmes en Syrie, les croisés renoncèrent depuis cette époque «à leurs entreprises sur l’Égypte, qui n’eut plus à souffrir que de la part de Pierre de Lusignan , roi de Chypre. Ce prince vint en 4565, assiéger Alexandrie, qu’il prit et qu’il abandonna au bout de trois jours, après l’avoir pillée et brfilée.
Plusieurs siècles s’étajent écoulés sans qu’aucun prince européen portât de nouveau ses vues sur l’Égypte, lorsque Louis XIV, jaloux d’assurerà la France le monopole du commerce de l’Orient, résolut de s’emparer de l’Égypte et de la Syrie; un projet fut rédigé par le célébré mathématicien Leibnitz; mais des intérêts plus rapprochés forcèrent le grand roi à renoncer à l’exécution de ce plan, dans l’exécution duquel Napoléon devait échouor deux siècles après.
ÉTAT COMPARATIF DES RAPPORTS COMMERCIAUX DES FELLAHS AVEC LE GOUVERNEMENT ÉGYPTIEN.
PRIX
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fixes par et qu’
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