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datée de l’année 1230, confia aux Francis:
cains /a garde des Sanctuaires ; et une autre Bulle du même Pape recommande les Frères-Mineurs (les Franciscains) aux patriarches d’Antioche.
Vers la même époqueetpendantlesannées subséquentes, le Sultan d'Egypte reconnaît et accorde aux Cordeliers (Franciscains) des droits sur les sanctuaires, les regarde comme Custodes et maîtres du très Saint Sépulcre et du Calvaire. Un nouveau fr:
man de Saladin confirme leurs titres de propriété sur le Cénacle et le très Saint Sépulcre, Et de tous ces précieux Sanctuaires, pas un n'avait été confié à notre Père saint François, ni à ses enfants, à leur arrivée en Terre-Sainte.
Les catholiques ne possédaient déjà plus alors un seul pouce de terrain, ni à Jérusalem ni dans la Judée entière ; ce sont ‘nos Pères, qui, avec les aumônes d'Occident, les acquirent peu à peu, un à un, au prix de mille difficultés et de grandes souffrances, et bientôt il auront à les défendre au prix de leur propre sang.
En 1245, les farouches Karesmiens, qui
avaient été appelés contre les Croisés accoururent en Palestine, s'emparèrent de Jérusalem et firent, des chrétiens, un affreux carnage. Czng mille catholiques y furent massacrés par ces barbares, et avec eux tous les Franciscains qui se trouvaient dans le très Saint Sépulcre au Saint Cénacle.
D'autres Franciscains, des diverses missions dela Terre-Sainte, partagèrent bientôt avec leurs Frères de Jérusalem la gloire du mar-
tyre. Les Mamelouks pillèrent et brûlèrent
les villes de Bethléem, Nazareth, et Arsouf, et y mirent à mort plusieurs de nos Pères.
A Saphet, deux Franciscains furent écorchés vifs en haine de la foi, puis soumis à une flagellation inhumaine et enfin décapités. En revenant d'Egypte,son Sultan le cruel Bibars, saccagea la ville de Jaffa, ravagea la Syrie, détruisit nos couvents de la Montagne Noire, d'Antioche et de Tripoli et en 1assacra tous les Religieux. Aïlleurs ce furent d’autres martyrs. À Azoth, un Franciscain eut, par ordre du Sultan, la langue arrachée et toutes les phalanges des doigts coupées successivement les unes après les autres. On l’écorcha vif, après cette
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cruelle torture, et enfin on lui trancha la tête. L'an 1291, saint Jean d’Acre, dernier
boulevard des Croisés en Palestine, tomba
au pouvoir des infidèles. Tout le clergé latin, avec tout ce qui restait de Croisés en Palestine, ainsi que tous les Ordres tant religieux que militaires, tous quittèrent la Terre-Sainte. Les Franciscains restèrent seuls au milieu des ruines et de la désolation générale ; et ils resteront ainsi durant près de six siècles, en butte à des vexations sans nombre, visités par des tribulations continuelles, mais gardant fidèlement, et comme précédemment jusqu’à l’effusion de leur sang, la double mission qui leur est confiée : la garde des Sanctuaires et la conservation de la foi parmi les Latins indigènes.
Quelques exemples choisis entre mille suffiront pour montrer que les tribulations de tout genre ont été durant six srècles comme le pain quotidien de nos Pères en Terre-Sainte.
Un Franciscain français, le père Royer Guérin d'Aquitaine, avait été délégué par l'Ordre pour ouvrir des négociations avec
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les nouveaux maîtres de la Palestine. Il obtint en 1307 du Soudan d'Egypte, la faculté pour les Franciscains d’habiter les Sanctuaires et de les desservir librement. En 1337, ce même père Roger fit bâtir le Couvent du très Saint Sépulcre, celui du Mont-Sion et celui de Bethléem, après avoir couclu un nouveau traité avec le Sultan du Caire, auquel il transmit la somme énorme de plusieurs millions, pour prix des Sanctuaires payé par le pieux Roi de Sicile, Robert d'Anjou, et sa vertueuse épouse, Sanche de Majorque. Le Roi en demanda ensuite la confirmation au Pape Clément VI qui, par deux Brefs, l’un au Ministre Général de l’Ordre et l’autre au Roi lui-même, confie, à perpétuité, la garde des Saints-Lieux aux Enfants de saint Francois d'Assise.
L'œuvre de la Terre-Sainte, par ce grand acte, ne pouvait être reconnue et confirmée d'une manière plus authentique et plus solennelle. De telles garanties semblaient devoir lui assurer une sécurité tranquille.
I n’en fut pas ainsi cependant: car, nos Annales nous disent qu’à l’époque même de ces transactions, le sang de nos Mission-
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