‹ L'Egypte et les Franciscains [microforme]Chapitre 36 sur 37 · PRE TT APE XX · texte numérisé non relu

PRE TT APE XX

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sax:

prend racine, lève, grandit, monte très haut et

se trouve mûr. Cependant les satellites approchent et ils voient là Joseph qu’ils prennent pour un laboureur, et l’interrogeant, ils lui disent : ‘“ N'’as-tu pas vu passer ici un homme avec une jeune femme et un tout petit enfant? — Oui, répond Joseph, ils arrivaient justement au moment où je semais ce blé.” Déconcertés par cette réponse, ils se retirent. |

Cette réponse était basée sur la plus exacte vérité, mais la Légende, toute pieuse qu’elle est, reste elle-même invraisemblable, si, d’après notre tradition Orientale, la Sainte Famille partit de Jérusalem ou de Bethléem immédiatement après la Purification : car, tout le monde sait qu’en Palestine le mois de février ne correspond en rien à l’époque de la moisson. Quoiqu'il en soit, la Sainte Famille, après avoir passé la riche plaine de Saron, le pays des Philistins, et dépassé la ville de Gaza, arrive au désert. Là Joseph,

- toujours d’après la Légende, se joint à une cara-

vane qui se rendait en Egypte: nouvelles péripéties et nouveaux dangers, suivis de nouvelles merveilles. Un soir, ils s'arrêtent dans une grotte : la sainte Vierge, fatiguée, s’assied avec son divin Enfant, et en compagnie de trois petits garçons et une petite fille qui s'étaient particulièrement attachés à Jésus. Tout était tranquille

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dans ce lieu solitaire : nos voyageurs reposaient >pro-

paisiblement, lorsque tout-à-coup apparaissent pour deux énormes serpents qui y jettent l'épouvante

ent : par leur présence accompagnée d’'horribles sif- : une flements. A cette vue, le petit Jésus se lève, Oui, quitte sa Mère et se place debout devant les 1 MO- deux monstres qui à leur tour sont saisis de cette frayeur et s'enfuient au plus vite.

Un autre jour, c'était le matin, la Sainte Fa- >xacte mille s’écarta, on ne sait pourquoi, de la même le est, caravane, et s’égara dans le désert. Un lion qui notre passait là d’aventure aperçoit le petit Jésus: tit 4 il s'approche du petit Enfant avec respect, le

après

couvre de douces caresses et lui fait signe, ainsi qu'à Joseph et à sa Mère, de le suivre: ïlles guide ainsi, en marchant devant eux, et ne les quitte qu'après les avoir remis dans lé vrai chemin. Après avoir marché quelque temps, ils se trouvent en face d’une bande de brigands qui attaquent la caravane, .a dépôuillent et rendent captifs tous les hommes qu'ils chargent de chaînes. Pendant qu’ils partagent le butin, ils entendent dans le lointain le bruit comme d'une armée en marche et qui soulève un nuage de poussière. Nul doute que ce sont les soldats d'Hérode qui depuis longtemps marchaient à leur poursuite : ils s’'enfuient avec précipitation, laissant là et captifs et butin: mais lorsque cès

pauvres gens essaient, dans leur reconnaissance joyeuse, de se lever sous le poids de leurs lourdes chaînes, pour saluer leurs bienfaiteurs, ils n’apperçoivent devant eux personne, si ce n’est Joseph, avec l'Enfant et sa Mère, qui les remet én liberté en brisant leurs chaînes, Le lendemain, après les fatigues d’une longue marche, la caravane arrive auprès d’un palmier superbe. Marie, exténuée, s’assied au pied de cet arbre et dit à Joseqh : “ Oh ! qui me donnerait quelques dattes de ces beaux régimes qui pendent là-haut!” Joseph, mourant de soïif, soupirait après les belles sources de Juda, et dit : FA ‘ Ah ! qui n'apporterait de leurs eaux rafraichissantes? ” Le petit Jésus, entendant ces touchants soupirs de ses bons parents, se lève sur les genoux de sa Mère, applique ses deux petites mains sur l'arbre: “ Courbe la tête, fier palmier, lui dit-il, en déliant sa langue d’une manière si inattendue, et présente à ma Mère l'abondance de tes fruits qui jaunissent sous tes verts rameaux. ” L'arbre obéit et la sainte Vierge cueillit de ses dattes avec joie. ‘“ Maintenant relève-toi, continue lé divin Enfant, et fais jaillir à tes pieds les sources d’eau fraîche qui arrosent tes racines. ” L’arbre obéit de nouveau, et Joseph put étancher sa soif brûlante. Jésus continuant de lui parler, Jui dit :‘ Parce que tu as offert tes fruits et versé

g— 213 — les eaux de tes fontaines, je veux qu'une de tes branches soit plantée par les anges, dans ;les jardins de mon Père. Désormais quiconque aura triomphé dans les coinbats de Dieu sera couronné de tes palmes.” En même temps l’on vit un ange détacher une belle palme de cet arbre

- et l'emporter dans les cieux.

Telles sont, pieux Lecteurs, quelques unes des pieuses Légendes concernant la fuite de la Sainte Famille en Egypte.

La tradition locale se rapproche davantage de la vérité historique : surtout ici en Orient, une longue expérience. nous a fait comprendre la grande valeur de la tradition orientale. Relativement au voyage de la Sainte Famille nous n’avons pas, que je sache, de tradition de ce genre jusqu’à Gaza. Le frère Liévin, connu aujourd'hui du monde entier, a fait tout récemment un voyage d'exploration et du plus haut intérêt, en compagnie de M. le Comte de Piellat, ce chrétien convaincu dont les feuilles publiques font l'éloge, qui, fils unique, héritier d’une belle fortuné, en a employé une partie à bâtir de ses propres mains un splendide hôpital, aux portes mêmes de la Ville Sainte, pour les malades de tout rite et de toute nation.

Or, dans ce voyage, à neuf ou dix milles audelà de Gaza, nos intelligents et pieux explora-

nid en

teurs ont montré un arbre magnifique, dans son espèce. Cet arbre les indigènes l’appellent l'arbre de la Dame, l'arbre de la Wrerge : son nom vulgaire, est sdrate: son fruit s'appelle Dôm et ressemble assez, extérieurement, à une cerise blanche. C’est le Lhamnus nabeca des botaniites. Cet arbre épineux n’a généralement én Palestine qu’une chétive apparence, et il est de médiocre grosseur. Le Sigrate Seiïdate près de Gaza n’a pas moins de neuf pieds de circonférence.

Passons rapidement le désert, et arrivons à une localité célèbre. Je cèderai d’abord parole à un pèlerin qui visita ces lieux à 1a ñn du 15e siècle et qui nous a laissé une relation longue et très curieuse de ses intéressantes périgrinations, L'ouvrage du Dominicain Félix Faber, avant sa récente réédition à Stuttgard était très rare : actuellement encore il est très peu connu du public. Cet éminent Religieux ne raconte que ce qu'il a vu lui-même, ou ce qu’on lui a appris sur les lieux.

En arrivant à Matharich, près du Grand Caire, autrefois la célèbre Héliopolis, voici ce qu'il nous raconte :

#,,, Nous arrivâmes enfin à une villa, nommée Matharich: elle est sur les confins du désert. Jusqu’à l’enclos de ses murs s'étend la solitude sabloneuse, régicn aride et stérile : à-

ins son arbre om vul- Dôm et » cerise anistes.

'alestine édiocre xaza n’a e, rivons à parole a in du ion lon-

l'intérieur, l'œil réjoui se repose sur une luxuriante verdure ; c’est un vrai paradis. Là se trouvent la fontaine de la Vierge et le jardin du Baume. La villa est assez vaste: c’est une résidence d’été du Soudan; il a là ses bains où trois cents personnes peuvent se baigner à la fois. Il nous fut accordé de nous installer dans cette belle résidence, avant notre entrée dans la ville

qui n’est distante que de deux milles grrmani-

ques ; quant à nous, mon compagnon et moi, nous choisimes, pour passer la nuit, la fontaine même de la Ste Vierge, nous étendîimes notre petit matelas sur la margelle du puits et nous y reposâmes délicieusement .... Le septième jour, nous y dressâmes notre autel, et nous y célébrâmes la sainte Messe .... Dans ce lieu de délices, sous vimes un énorme figuier (le sycomore d'Egypte). Son tronc est creux, et dans cette cavité sont suspendues deux lampes, comme dans un petit oratoire. Ce figuier s'appelle l'arbre de la Bienheureuse Vierge Marie. La renommée coimune aux Musulmans comme aux chrétiens rapporte que la sainte Vierge, durant son séjour en ce lieu, descendit un jour de la fontaine dans la campagne, en suivant le cours paisible de ses ondes limpides, et portant dans ses bras l’'Enfant-Jésus, La Vierge, arrivée auprès de cet arbre, se préparait à s'asseoir sous son ombrage, lorsque tout à

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coup il ouvrit de lui-même son large tronc et offrit ainsi à sa Maîtresse une place plus convenable. ” Ainsi parlait de l'arbre de la Vierge, en 1484, ce pieux pèlerin de Terre-Sainte. J'ai vu moi-même cet arbre, dans le même lieu de délices, lors de mon séjour au Caire, comme missionnaire, et après gwatre siècles, j'ai admiré, comme le Père Faber, son tronc vigoureux, ses immenses rameaux et son épais feuillage aujourd’hui encore, comme du temps du célèbre Dominicain, mais avec une facilité plus grande, les pèlerins vont visiter cet atbre, y prient avec dévotion, et sont heureux de pouvoir détacher de ses branches quelque petit rameau qu'ils apportent avec bonlieur dans leur pays, au rerour de leur pèlerinage. Et à ce sujet, permettez-moi, cher Lecteur, de raconter ici une petite anecdote qui, à mon humble avis, trouve sa place dans l’histoire de cet arbre vénérable et de la source miraculeuse qui jaillit non loin de son frais ombrage. C'était au commencement d’avril de l’année 1878. Le K. P. Commissaire de Terre-Sainte de Paris nous arriva un jeudi soir, avec un notable détachement de la Caravane française, qui venait visiter le Caire, en se rendant à Jérusalem pour les solennités de Pâques. Ce bon Père, spé. cialement dévot à la sainte Vierge, avait cru, dans sa simplicité, que rien n'était plus facile que d'aller

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prier à l'arbre de la Vierge et d’y célébrer même la.

sainte Messe. Sa Grandeur le Délégué d'Egypte, :

Mgr l’Archevêque d'Alexandrie, se trouvait alors. à notre Couvent, où il vivait en commun, en

grande simplicité, avec les Religieux ses Frères.

en S. François. Le Père Commissaire lui de-.

manda sa Bénédiction et son autorisation pourcélébrer la sainte Messe sous l'arbre de la Ma-

donne. Grande fut sa surprise lorsqu'il entendit: l’Archevêque lui dire qu’il ne pouvait accorderune semblable, autorisation ; que jamais de mé-

moire d'homme, on ne se souvenait qu'aucun:

prètre y ait célébré les Saints Mystères (proba-. blement depuis le P. Faber), que cependant il

laissait le J’ère libre, mais qu'il lui laissait aussi en même temps toute la responsabilité de sa périlleuse et peu prudente entreprise. LeP. Commissaire me pria de l’accompagner : nous partîmes le lendemain, de grand matin. L'arbre de la. Vierge est actuellement la propriété du Vice-Roi : il se trouve, avec la source, au milieu d’un richeet vaste jardin, entretenu aux frais de la maison

royale. Il y a là un Santon, à qui nous devions. nous adresser, pour obtenir la permission d’entrer, et l’avertir.que nous voulions y faire publi-quement une cérémonie religieuse catholique.

Par disgrâce, aucun de nous ne parlait l'arabe.

Nous cherchâmes à nous expliquer par signes : le:

Santon intelligent comprit, surtout lorsqu'il vit arriver un peu après nous, la Caravane française : nous lui avions fait entrevoir un beau Bakckiche. - La sainte Vierge veilla sur nous: tout réussit pour le mieux. Le Santon alla jusqu’à nous prêter son propre mobilier, à savoir plusieurs petits bancs en bois pour y poser notre autel. C'était insuffisant, car je dus moi-même soutenir de mes deux mains, la caisse entière de l’autel, durant tout le temps des deux messes successives ; mais cela prouvait la bonne disposition de ce ministre du culte musulman. Aucun incident ne vint nôus troubler. Le temps était calme : la chaleur tempérée : les branches du sycomore et son épais feuillage nous servaient de tente. Les pèlerins assistèrent au saint Sacrifice avec un profond récueillement et y firent la sainte Communion. Les nombreux ouvriers du jardin, apercevant de loin des lumières, et les ornements sacerdotaux, enfin, toute une cérémonie religieuse, accoürurent avec curiosité pour contémpler de plus près ce spectacle insolite : un moment nous eûmes peur ; mais ces braves gens ne nous firent aucune démonstration hostile. Ce fut un vrai triomphe ; tout lé monde au Caire en fut émerveillé ; et nous, nous bénimies la divine Providence qui nous afférmissait ainsi dans la douce espérance que l’ère de liberté’ religieuse inaugu-

rée dans ces derr:iers temps pour cet infortuné: … pays deviendrait de plus en plus féconde en fruits. de salut pour tant de milliers d’âmes confiées à. notre ministère dans ces contrées exceptionnelles, peuplées aux premiers siècles de l'Eglise par des … légions de saints ! * Fontaine de la Vierge. -Le P. Faber, en parlant: de cette fontaine miraculeuse, rapporte la petite Légende qui suit : “Les histoires nous disent. que cette source n’a pas toujours existé ici, mais, qu’elle jaillit un jour miraculeusement. Voici le: fait. Joseph fuyant de la terre d'Israël par le dé-sert avec Marie et l'Enfant Jésus, arriva ici à Matharich ; épuisé de fatigue et brulé par la soif, il alla frapper à toutes les portes, demandant um peu d’eau pour l'Enfant et sa Mère, et personne: ne lui en offrit, bien que le Nil passe non loin … d'ici et que les Egyptiens ont coutume d'y aller. püiser de l’eau qu’ils conservent chez eux dans: des hydres et des amphores. Joseph revint donc: triste et affigé d’un si dur refus : la Vierge, pleine de compassion pour son Enfant, se mit en prière >; et pendant qu’elle priait voilà qu’une source: d’eau vive jaillit de terre à ses côtés, de manière qu’elle put en puiser pour elle et pour son Enfant. Joseph en puisa à son tour pour préparer le petit: repas de famille. Après quoi la sainte Vierge baigna le divin Enfant dans cette onde bienfai-

sante qui servit également à laver ses langes. : : Dans la suite, les habitants du lieu, désirant augimenter le volume de cette petite source, y creusèrent un large puits et l’eau en sortit en abondance. Aujourd’hui trente paires de bœufs sont ‘successivement attachés à un manège (Noria) pour tirer l’eau qui suffit pour arroser l’enclos du Baume et tous les autres jardins environnants. . .”

Cette source donne encore, comme du temps du P. Faber, une eau abondante et douce, tandis que de tous les autres puits voisins il ne sort qu’une eau saumâtre. L'eau de la fontaine de la Vierge, si limpide etsi salubre, doit posséder aussi quelque vertu particulière. Le jeune Père B.

qui accompagnait le P. Commissaire voulut en faire l’expérience : il souffrait depuis quelque temps des yeux : sa vue allait chaque jour s’affaiblissant et il était menacé de la perdre entièrement. Plein de confiance en la Vierge qu'il appelle sa Mère, il boit de cette eau avec une grande dévotion, et s’y lave les yeux avec une | grande confiance. Après l’action de grâces, à notre retour vers le Caire, il nous dit, plein de joie: “Mes Pères, je vois!” Mais nous, pour nous assurer que ce n’était pas une illusion, nous lui montrâmes dans le lointain une maison peinte de diverses couleurs, comme on a coutume de peindre les maisons de campagne, et nous lui

À Tori

dimes : Eh bien ! dites-nous quelles sont ces couleurs et comment elles sont disposées. Il nous le dit avec exactitude et assez de facilité: nous remerciâmes ensemble la sainte Vierge de ce:

nouveau bienfait, et nous continuâmes notre voyage pleins de joie et tout fiers d’une si heu: . reuse journée.

Le jardin du Baume. — Il convient de dire ici un mot de ce jardin. Les écrivains les plus sérieux ont traité de cette plante merveilleuse qui produit le Baume. Le grand Docteur saint: Augustin en parle entre autres dans son grand ouvrage : La Cité de Dieu. Toutefois il est très difficile de dégager l’histoire de la fable ; on a raconté tant de merveilles de cette plante que les auteurs même les plus judicieux ont pu don:ner dans l’exagération. Ici-encore nous laissons le P. Faber nous communiquer ses propres impressions et nous raconter ce que lui-même a vu à Matharich.

“,,.. L'enclos du Baume est entouré d’une muraille et percé d’une petite porte : cette porte est gardée par des hommes armés de bâtons.

Nous attendîmes là celui qui devait nous intro: duire : il arriva enfin et nous divisa en quatre. groupes, cinq par cinq, ne nous permettant pas d'entrer tous ensemble. Les cinq premiers entrés, il ferma la porte sur ‘eux et leur montra la pré:

<cieuse plante : il fit ainsi successivement pour des trois autres groupes. Il nous conduisit donc à l'endroit du Baume, disant : ces arbustes sont es arbustes du Baume: voyez, palpez, sentez.” Après cela, à la vue de tous, il prit un rameau d’un de ces arbustes et y fit avec beaucoup d'adresse une légère incision, avec un petit couteau d'ivoire, et présentant la blessure aux rayons du soleil, il en sortit une grosse goutte, limpide <t onctueuse, qui embauma toute l'atmosphère environnante. .... Les plants ou arbustes de Baume dans ce jardin ne montent pas au-delà du nombre de &ng cents..... Je vais raconter maintenant ce que j'ai lu touchant le Bawme : {nous abrégeons la narration du Père Faber.) Il fut importé d’abord de l'Inde: parmi les pré ‘cieux trésors offerts par la Reine de Saba au Roi Salomon, il y avait un plant de Baume.

Salomon le planta sur la montagne d’Engaddi, où il se multiplia. Il fut plus tard transplanté dans les jardins de Jéricho. Il n’y avait au monde que ‘ces deux jardins, qui existèrent ainsi jusqu’au règne d'Hérode le Grand. Cléopâtre Reine d'Egypte, ennemie de ce Prince, monta en Judée y exerça de notables ravages, et en haine spé- . ciale d'Hérode, courut à Engaddi et à Jéricho où elle détruisit tellement les jardins du’ Baume qu’elle n’y laissa pas une seule plante vivante.

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En retour, elle emporta avec elle quelques plants qu’elle fit placer en terre, à l’endroit où se trouve le jardin actuel. Ainsi disent certains auteurs et avec eux les Juifs, les ennemis déclarés de la très Sainte Vierge. Quant à nous, nous tenons. que Cléopâtre apporta en effet des plants de Baume en Egypte, mais qu’ils se desséchèrent aussitôt sans pouvoir prendre racine. Tandis qu’en réalité c’est aux prières de la Sainte Vierge que nous devons le Jardin actuel et la belle source qui l’arrose.....,” :

Grotte de la Sainte Famille au Vieux Caire. — Cette grotte où la tradition constante place la demeure de la Sainte Famille durant son exil en Egypte est aujourd’hui la propriété des Cophtes schismatiques. Jusqu'à ces dernières années, les : Latins avaient conservé sinon le droit au moins la facilité d’y célébrer la sainte messe. A la suite d’une imprudence personnelle et dont reste seul responsable celui qui l’a commise, nous n'avons même plus cette consolation ; les Cophtes nous permettent seulement de visiter ce lieu vénérable,

permission qu'ils accordent du reste à tout le |

monde indistinctement, moyennant, si mon sou-' venir m'est fidèle, le Bakckiche en usage dans tout l'Orient. Les interprètes de la Sainte Ecriture, comme on le sait, ainsi que les Saints Pères ne conviennent pas entre eux sur la durée de cet

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“æxil si injuste et si douloureux ; ils sont plus unamimés pour affirmer qu’à l’arrivée de nos illustres Exilés les idoles des fausses divinités qui’ remplissaient l'Egypte, branlant sur leurs bases “s'écioulèrent. La Sainte Famille, avertie de nouveau par un messager céleste, quittera son exil pour aller vivre de longues années dans la secrète ‘êt paisible solitude de Nazareth, comme nous le disons dans le Saint Evangile, mais son séjour <n Egypte y aura laissé un germe fécond de sainteté, qui poussera en son temps, couvrira les déserts des plus brillantes fleurs, suivant 'expression du prophète et qui embaumeront -ces vastes solitudes de leurs parfums les plus ‘suâves.

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