S. FRANÇOIS EN EGYPTE, — HÉRITAGE LÉGUÉ A SES DISCIPLES
E serait une erreur de croire que les saints demeurent étrangers aux événements politiques de leur siècle. Ils les suivent d’un œil attentif; mais ils ont leur
manière à eux de les envisager. Au fond
des débats de l'humanité, ils discernent une cause qui domine tout, qui les passionne et à laquelle ils s’identifient ; c’est la cause
(1) Nous empruntons, et avec bonheur, tout ce Chapitre à la Vie de Saint François d'Assise, écrite par un de nos Frères en Religion, le R. P. Léopold de Chérancé, 0. M.C.; Vie, où l'élévation des pensées égale la noblesse du style, et qui, par sa grande diffusion, continue à faire aimer toujours davantage notre séraphique Patriarche, en même temps qu’elle attache un nombre immense d’âmes à Jésus-Christ, notre divin Maître !
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de l'Eglise. On comprend dès lors avec quel intérêt l’héroïque chevalier du Christ suivait les progrès ct les vicissitudes de cette grande question d'Orient que le Concile de Clermont avait ouverte, et où la vie de l'Eglise, non moins que la liberté des péuples, était fortement engagée.
Depuis la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, l'Europe était un camp toujours armé ; et depuis plus d'un siècle, l'histoire militaire de la chrétienté n'était guère autre chose que le récit de l’interminable bataille livrée par les soldats du Christ aux farouches disciples de Mahomet.
Au lieu de s'arrêter à la surface des événements, le serviteur de Dieu allait au fond des choses. Derrière les combats chevaleresques où brillait le courage des preux de l'Occident, il découvrait une lutte plus haute, la lutte de la CROIX contre le CROISSANT, du vrai Dieu contre lc faux prophète, de la civilisation chrétienne contre la barbarie musulmane ; et sa fui, d'accord avec son patriotisme, lui inspirait des vœux ardents pour le succès d’une entreprise colossale qui suffirait, à elle seule, à faire l'honneur des
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