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à reçu le nom de De/u, à cause de la ressemblance de sa configuration avec celle d’un des caractères de l’alphabet grec.
NATURE DU SOL. — L'Egypte, à proprement parler, n’est qu’une grande oasis dans un immense désert. Ses proportions sont en rapport avec celles du cours d’eau qui l’a créée. Le Nil, rompant la montagne granitique, vint creuser son lit sur la pierre caicaire du Saïd, mêler son limon /écondateur à la poussière stérile apportée par l’impétueux Khamsin (1), ét préparer ainsi une nouvelle terre pour l’habitation des hommes.
Voyageurs, savants ou poëtes, curieux ou aventuriers, tous sont frappés de l'aspect original et grandiose de l'Egypte, quel que soit le côté par où ils l’abordent ; rien n’est plus intéressant,plus majestueux, plus riche que ce long ravin sillonné de mille canaux, tapissé d'une végétation sans cesse verdoyante et fleurie, et rempli d’une moisson perpétuelle, que deux chaînes de montagnes nues etarides défendent contre l’haleine dévorante du désert. :
A mesure qu’on pénètre dans le pays, et qu’on en observe minutieusement les détails, létonnement et l'intérêt s’accroissent au lieu de diminuer.
Ici la terre se suffit à elle-même, et les régions
(1) Vent brûlant du désert. Nous décrirons ailleurs ce phénomène curieux.
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ance supérieures de l'atmosphère ne lui envoient
tères ; point leurs ondées bienfaisantes ; point de pluie “À pour alimenter ces végétaux que le sol engendre nent à sans relâche. Un seul fleuve suffit pour arroser :° im- cette plaine limoneuse et réparer annuellement port É.: la perte des sucs nourriciers. Tout s’accomplit Nil, | avec une régularité solenuelle : aux mêmes jours user le Nil s'élève, aux mêmes jours il s’abaisse, pour son +. 1 recommencer à des périodes régulières ; et cepenrtée dant, au sein de cette contrée privilégiée, où la insi | nature se charge elle-même d’une partie des tranes. d vaux de l’homme, au milieu de ces sables que le ven- | vent seul agite, les yeux surpris reconnaissent il et | les vestiges d’une catastrophe violente. Le sel des par 54 mers couvre de ses efflorescences cristallines le cs | sable desséché du désert, les coquilles gisent sur né les hauteurs, les vallons sont labourés par le pas-
ans É. | sage des torrents, les pierres sont polies et façonois- |: 4 nées par le roulement des flots, et des scories voles "4 caniques encombrent quelques endroits des gorvo- Fo ges, loin de tout cratère. On a essayé d'expliquer,
avec plus ou moins de vraisemblance, ces singu- ’on É.1 larités naturelles. . ..
ne- 1 LA FORÊT PÉTRIFIÉE. — En effet, il est digne er. À de remarque que dans les plaines sablonneuses, pns où l’eau manque aujourd’hui si complètement, on
rencontre ces jaspes bruns qu’on appelle cas//oux d'Egypte, etdontla forme arrondie, la surfacelisse,
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indiquent assez qu'ils ont été longtemps le jouet
des eaux avant de reposer dans un sol aride. Une autre anomalie de ces contrées est de présenter dans ces sables, tranquilles au pied de ces montagnes dont les couches parallèles se continuent avec une régularité presque parfaite, des pierres ponces, des cailloux encroûtés de scories, et d’autres produits volcaniques, preuvesirréfutables des révolutions naturelles dont l’histoire la plus reculée n’a pas gardé le souvenir. D’autres traces non moins évidentes de ces convulsions du globe sont encore imprimées à la surface de l'Egypte. À deux lieues et demie à l’est du Caire, il existe une forêt pétrifiée qui s'étend sur un espace de plus d’une lieue carrée. Ce curieux monument de quelque grande catastrophe physique, est perdu dans le désert entre les deux routes qui vont de Suez au Caire, l’une au nord et l’autre au sud, La plaine où se trouve ce bois pétrifié semble avoir subi l'action du feu. Elle est couverte de monticules de calcaire, d'argile ou de grès vitrifié. Le terrain présente à sa superficie du sable calcaire mêlé de graviers roulés et quartzeux, puis des couches d'argile et de calcaire, dans lesquelles sont enfouis beaucoup d’ossements fossiles et de coquillages de différentes époques. Les parties les plus basses de cette plaine sont celles où les arbres sont le mieux conservés ; au milieu ils
ue présentent encore la couleur du bois et même ne | l'écorce. Il y a des morceaux qui, à la première sex vue (1), semblent être des arbres que l’on vient os “4 de fendre et de couper. Tous les fragments ent À sont à la surface du sol ou à moitié ensablés : dis » : les parties ensevelies sont mal conservées et se 68 à 1 pulvérisent lorsqu'on les tcuche. Ces arbres sont” les 1 couchés dans tous les sens, et le terrain en est lus LE parsémé de distance en distance. Les grands Fe À troncs ont plus de soixante pieds de long ; là be ; plupart sont droits, et quelques-uns présentent . ; de fortes branches, où l’on distingue encore des ste É nœuds. Dans les parties cassées perpendiculai-
de | rement à l’axe de la tige, on reconnait très disde tinctement les différentes zones de tissu ligneux au qui peuvent donner l’âge du végétal. La forme générale, l'écorce, l’embranchement semblent : indiquer des sapins, des chênes et des sycomores. Les dattiers sont assez nombreux, mais quelques morceaux, filandreux comme le bois de palmier, é. et coupés par nœuds comme les bambous, ressemal- 1 blent à l'intérieur d’un tronc de bananier. Beauns L coup de morceaux qui sont creux et qui ont envi- S | ron deux pieds de diamètre offrent l'apparence e À de bambous d’une espèce colossale. |
(1) A première vue il y a réellement à s'y méprendre, C’est l’effet produit sur tous ceux qui, comme nous, ont pu voir de près ce remarquable phénomène,
LE LIMON DU Ni. — Le limon du Nil forme presque exclusivement la terre végétale de ce pays. La base de ce limon est un silicate d’alumine composé à peu près de 2 atomes de silice et de 1 atome d’alumine, L’acide ulmique et la matière organisée contribuent à faire de ces alluvions annuelles un engrais précieux.
Lorsque le limon est sec, il prend une consistance très ferme; sa cassure présente un grain très fin ; il est brun (terre d'Egypte), et son aspectest celuid’une terre fine argilo-ferrugineuse. Au contact d’un acide il produit un peu d’effervescence, et se désagrège facilement dans l’eau ; au toucher, il est doux et un peu savonneux, cependant il happe légèrement la langue.
La poussière du désert forme l’autre élément qui constitue la terre végétale dans la vallée du Nil; cette poussière est un sable quartzeux, dont l'alliance est indispensable au limon pour former le sol cultivable, dans lequel on a fait germer presque tous les végétaux du globe (1).
Tel est le coup d’œil rapide et bien incomplet, jeté sur cette antique terre des Pharaons, terre de merveilles, où nous verrons accourir François d'Assise, à une époque solennelle, avec son ardeur séraphique, le cœur brûlant du désir de la conver-
(1) L'Univers Pittoresque : Egypte Moderne,
forme sion des Infidèles et avec l'espérance d'y cueillir *: de ce la palme du martyre : et où nous trouverons, d’alu- après lui, les dignes disciples, fidèles imitateurs
» silice d'un tel Père, et prêts, eux aussi, comme plusieurs
et la
de leurs devanciers, à verser leur sang pour le s allu- D : Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans les ; graves événements que nous allons exposer et
qui feront tout le sujet de cette longue et intime grain 2 narration.