MIMBAR OU CHAIRE DE LA MOSQUÉE DE KAÏT-BEY
fonction est remplie par les aides de liman ou khatib, auxquels il incombe de répéter les versets du Coran, lus près de la niche, à voix assez haute pour qu'ils puissent être compris par les assistants les plus éloignés.
Abdallah, fils du fondateur de Fostât et du temple lui-même, est le saint qu'on vénère ici; sa tombe est au nord-ouest du liouan, et elle attire moins les Cairotes que ne font
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trois des colonnes de la mosquée. Une superbe paire de colonnes qui se dresse dans le portique si tristement ruiné de l’ouest, est l'objet d’une ferveur toute particulière; on assure que seuls les vrais croyants peuvent passer entre les deux fûts qui la composent. Le riche, bien nourrri, a naturellement plus de peine à se glisser par ce #rou d'aiguille que le pauvre, maigre et souffrant la faim : plus d’un bon musulman jette un regard de regret sur sa panse imposante, et doit, pour ne pas se faire un mauvais parti, prêter bonne contenance aux railleries des maigres, lorsque le passage est trop étroit pour son ampleur.
La troisième des colonnes qu'on visite en pèlerinage est dans le liouan, non loin de la niche à prières. Elle porte les traces de la houssine du Prophète, ou, selon d’autres qui n’ont pas oublié que notre mosquée n’a été fondée qu'après la mort de Mohammed, les traces du fouet du calife Omar. Quand Amr commença les constructions de la grande cour, il pria l'un ou l’autre, — disons le calife pour rester dans les limites de la vraisemblance historique, — de vouloir bien lui envoyer une colonne de la Mecque. Le commandeur des croyants ordonna à l’une d'elles de prendre son vol vers Fostât, mais elle refusa par deux fois d'obéir, et resta immobile. Comme, au troisième commandement, elle ne montrait aucune disposition à se mettre en mouvement, le calife irrité lui donna un coup de fouet et la somma d'obéir au nom de Dieu et du Prophète. Aussitôt le fût de marbre s'enleva, traversa l’air comme un trait et s’abattit dans le chantier de construction. On remarquera l'effet produit par le nom du Prophète qui se détache en lettres blanches
sur le fond sombre du.füt. Si on tâte les caractères qui le composent, on ne sent ni saillie ni creux, et l’on
s'explique difficilement sa présence dans la pierre : on
dirait qu'il sy est tracé de lui-même par un caprice
de la nature. M. Lüttke suppose que, pour obtenir ce
résultat, on a dû attaquer le marbre à l'aide dun