LES FATIMITES ET LES EYYOUBITES
Éous avez vu quelle a été, depuis l’origine, l’évolution de la ville des califes. Nous voici arrivés maintenant aux limites de la période la plus éclatante
de son histoire : nous nous sentons tentés d'in-
terrompre l'exposition chronologique que nous avons entreprise, pour vous décrire la mosquée el Azhar et en exposer les merveilles à votre admiration. Depuis sa fondation par Djohâr jusqu'à nos jours, elle est la source à laquelle toute la vie intellectuelle et religieuse des Cairotes, après s'être abreuvée pendant des siècles, s'abreuve encore à présent : elle mérite donc, à bon droit, qu'on l’appelle le cœur et le cerveau de la ville des califes. Nous pe
serons pourtant devant sa haute porte sans y entrer; plus tard, quand nous n’aurons plus à craindre d'interrompre le fil du récit, nous
remettrons le lecteur aux mains d’un guide indigène qui le
dota richement l’école nouvell
des étudiants.
Presque aussitôt après la trois années plus tard, il y fu
conduira dans l'intérieur de cet établissement célèbre. Djohâr
e, et assura largement le traitement des professeurs et l'entretien
fondation du Caire, le calife Mo’ezz y transporta son palais
enterré avec ses prédécesseurs, dont il avait fait venir les corps
» - . D , en Égypte. C’est à ses successeurs immédiats que le Caire, que l'Egypte, doivent leur gran-
EÉcyrre, I.
deur. Ils gouvernèrent soigneusement et sagement un empire qui s’étendait bien loin vers Vouest, ouvrirent au commerce de nouvelles voies qui pénétrèrent dans l'Inde et jusqu'au cœur du continent africain. Les caravanes partaient de Tanger, dans le voisinage immédiat des États maures d'Espagne, traversaient, par Kairoân et Tripoli, le nord de l'Afrique, et amenaient des quantités incalculables de marchandises dans les khans du Caire, devenue rapidement la ville la plus considérable de l'Orient. Du Caire, partaient d’autres convois de chameaux qui mettaient en relation l'Égypte et la Syrie tandis qu'on échangeait dans les ports de Clysma et d'Aïdab, sur la mer Rouge, les marchandises destinées à voyager sur mer
contre celles qui arrivaient d'outre-mer. Les Fatimites aimaïent à vivre dans des palais richement meublés; leurs officiers et leurs sujets riches, à l'exemple du maître, se firent construire des maisons splendides où le goût artistique des Arabes trouva nombre de fois l'occasion de se distinguer. — La cinquième soura du Coran défend aux croyants le vin, le jeu, la représentation des formes vivantes et le tirage des sorts. Aussi, ni la sculpture ni la peinture n’ont atteint, chez les Arabes, un haut développement et ne se sont élevées à la dignité
d'arts indépendants. Néanmoins, sous les Fatimites, au Caire, on passa par-dessus la prohibition du Prophète : de leur temps, on se servait de tapis somptueux sur lesquels on voyait le portrait des souverains ou des hommes célèbres. Il y avait dans la capitale, des ateliers où l’on fabriquait des meubles artistiques de toute sorte, et d'où sortait mainte espèce d’ornements pour la table, entre
autres des figures habilement modelées, qui représentaient des gazelles et des lions, des éléphants et des girafes. On
déclarait incomparables cer-
tains vases de porcelaine vitrifiée qui avaient pour sup-
port des hommes ou des
. ; . 2 anIMaAUXx. L'ancienne Egypte
NN dlmmmmm n'avait pas ignoré ce genre nn mn er) VASE ÉGYPTIEN ANTIQUE. de poterie ; mais les peintres VASE ÉGYPTIEN ANTIQUE.
au service des Fatimites sem-
blent avoir dépassé de beaucoup les enlumineurs d'époque pharaonique, qui n’arrivaient
jamais à rendre librement les objets, et ne connaissaient même pas les lois de la perspective. — Comment un artiste de l'antique Memphis ou de Thèbes aurait-il réussi à peindre des danseuses de manière qu'elles parussent sortir du mur ou s'y enfoncer, comme firent, selon le témoignage de Makrfa, au Caire, sous les Fatimites, Ibn-Aziz et Kosôr. On parle encore de portraits des poètes éminents, exécutés à cette époque, et d’un tableau qui montrait Joseph au fond de la citerne, et excitait la plus grande admiration par sa couleur puissante. Les ateliers des sculpteurs ne produisaient pas seulement des ornements et des figures d'animaux fantastiques, mais des formes humaines et même des cavaliers armés de toutes pièces.
Les Arabes avaient de bonne heure échangé le costume misérable de leurs ancêtres contre
LT mn min = > |
Lo bi 7 À . del