ABOU-BEKR, OMAR. OTHMAN. ALI
des turbans brodés d’or, des habits d'honneur portant le nom des princes (tirdz2), des vêtements de femmes recouverts d'inscriptions. Makrizi a mille histoires à nous conter sur tous ces points, et sur les belles pièces de filature artistique arabe qui étaient conservées dans le trésor des Fatimites. Les vêtements d'honneur, ornés du #ér@z, jouèrent un si grand rôle sous les successeurs de Mo’ezz, que l’intendant du tirâz finit par remplir à leur cour une des charges les plus importantes. Les orfèvres et les armuriers produisaient des œuvres fort coûteuses. Les orfèvres travaillaient pour les hommes aussi bien que pour les femmes, car les deux sexes aimaient à se parer de colliers et de bracelets. On raconte de certaines femmes qu'elles se surchargeaient d’or et de pierres précieuses au point de ne pouvoir marcher sans appui; quant aux hommes, ils dépensaient des fortunes pour leurs armes. La maison, comme ses habitants, était ornée à l'intérieur de tout ce que pouvait produire l’art contemporain. Les murs étaient revêtus de stuc peint de couleurs éclatantes, d'arabesques, de riches étoffes, de carreaux en faïence d'un émail inimitable. Les parquets étaient en mosaique ou recouverts de lourds tapis. On cite, sous Mo’ezz, un de ces tapis qui représentait les villes les plus importantes du monde, et, à côté de chaque image, un texte explicatif en caractères d’or ou d'argent : il avait