‹ L'ÉgypteChapitre 139 sur 186 · BORD DU VIEUX CANAL DU CAIRE · texte numérisé non relu

BORD DU VIEUX CANAL DU CAIRE

ples de leurs pères. Il prenait lui-même part aux courses, et faisait tout pour assurer la victoire à ses cavales.

Chevaleresque en dépit de sa petite taille et d’un pied boiteux, il aimait beaucoup la chasse, surtout la chasse au vol, toujours très productive dans un pays aussi riche en oi-

5 2 . . a ee ts 5 ô seaux que l'était l'Égypte; cela, d’ailleurs, avait toujours été le plaisir favori de tous les nobles

t de faucons de race dressés avec soin : les

chefs des écuries et de la chasse avaient ses faveurs toutes spéciales. Pour le reste, c'était Ï ;

arabes. Il ne comptait jamais lorsqu'il s’ag:

un bon administrateur, qui avait à cœur d'ouvrir de nouveaux canaux, et qui s’occupait presque avec passion de l'élevage des moutons et des oies. — La bienveillance qu'il témoigna aux savants de son temps fut telle, qu'il éleva l’historien Aboul Féda à la dignité de sultan de Hama, et lui conféra tous les droits et toutes les marques d'honneur qui lui revenaient à lui-même : il est vrai qu'Abou’l Féda se vantait de descendre du frère aîné

COURSES DE CHEVA

de Saladin. Il pardonna beaucoup d'actions infâmes au fils de Kazouïîni, en faveur de son père. Par malheur, ce prince qui, à de certains moments, se livrait aux exercices les plus violents, s'abandonnait plus souvent encore, corps et âme, aux occupations les plus insignifiantes. Il voulait être toujours environné de beaux esclaves de tous pays, hommes et femmes, et, après des périodes de travail écrasant, il donnait des fêtes brillantes dans lesquelles il se livrait à tous les excès! Son agonie fut longue et douloureuse; lorsqu'il eut fermé les yeux, quelques nobles seulement suivirent son corps. Une seule lanterne et un seul cierge précédèrent le cercueil de cet homme qui avait tant aimé le luxe et s'était distingué par tant de qualités solides. Il fut enseveli dans le tombeau de son père Kalaoun.

Les émirs avaient souvent promis de rester fidèles à la maison de Kalaoun, quand même il n’en resterait plus qu’ « une fille aveugle. » Nâsir mort, ils disposèrent de son trône, et forcè-

rent les califes, qu'on entretenait vivants dans la citadelle comme des instruments de règne utiles, à prêter à leurs manœuvres la consécration religieuse. Nâsir, lui aussi, s'était servi de son Abbasside comme d’un drapeau, et l'avait conduit sur les champs de bataille. Les émirs donnèrent le sultanat à plusieurs petits-fils de Kalaoun; mais, parmi ces princes d’un jour, aucun, pas même Shâaban, fils d'En-Nâsir, qui nous a laissé d'admirables modèles de calligraphie et d'ornementation arabe, ne réussit à se maintenir au pouvoir. En six années, le trône changea

six fois de maître. Enfin, un des fils de Nâsir, connu sous le nom de sultan Hassan, arriva au

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