‹ L'ÉgypteChapitre 161 sur 186 · DEVANT LES MURS DE MASR EL-KAHIRA · texte numérisé non relu

DEVANT LES MURS DE MASR EL-KAHIRA

naire. Vers le milieu du siècle dernier, un homme de valeur, Ali-bey, réussit enfin à établir, comme sheikh el-beled, sa domination sur l'Égypte entière. Il diminua le nombre des janissaires, augmenta celui de ses mamelouks, et, après avoir gagné le peuple, osa renvoyer le gouverneur à Constantinople. Il défia la sentence de mort que la Porte tenait suspendue sur sa tête, se fit nommer sultan en 1771 par le schérif de la Mecque : il se serait emparé de la Syrie, s’il n’avait été fait prisonnier et tué par un traître malavisé. Après sa mort, Ismaïl, Mourad et Ibrahim-bey se disputèrent le pouvoir les armes à la main : bien que la Porte favorisât le dernier, les deux autres surent bientôt se saisir de la vallée du Nil et de sa capitale, et conquérir un nom glorieux en défendant l'Égypte contre l’armée française de Bonaparte. Le Caire ne doit

à cette époque aucune fondation qui mérite d’être mentionnée : si le vieil éclat de la ville des

califes y pâlit, si tout ce qu'il y avait de grand et de beau dans cette civilisation originale qui, implantée aux bords du Nil, y fleurit glorieusement, se détruisit et se ruina, la faute en est en premier lieu aux Turcs et à la mauvaise administration de leurs gouverneurs. Ceux-ci ont été pour ainsi dire les fossoyeurs de la splendeur ancienne; il faut se souvenir qu’ils ont passé par là, pour s'expliquer tristement qu'il y ait au Caire tant de ruines, que les plus beaux édifices du temps des califes n’ont pas échappé à une ruine totale, aujourd’hui encore où l’on fait tant pour embellir la résidence du khédive, qu’au dehors des murs de la ville les monceaux de décombres succèdent aux monceaux de décombres, ét que, devant les portes, parmi les restes des

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