DERVICHE EN EXTASE SE PERÇANT LA JOUE
du saint qui y est enseveli. Plus d’un dévot non initié prend part à leurs exercices pieux, car le peuple recherche leur compagnie. Non seulement l’homme du commun, mais plus d’un Cairote instruit et bien élevé va au tombeau des ouélis, surtout à cause des miracles qu'on leur attribue
comme la plupart se font dans le domaine de la médecine, ces sépulcres exercent naturellement un attrait particulier sur les infirmes et sur les malades. Aux environs du Caire, on trouvait encore au siècle dernier, sous omore, une koubbéh dont la
poussière possédait la propriété de guérir l'animal dont on saupoudrait le membre malade. On se rend à certains tombeaux de saints parce qu’on espère y trouver aide et secours contre l’affliction matérielle; d’autres pour obtenir une postérité. À Za’ka, qui est un bourg frontière entre l'Éoypte et la Syrie, non loin d'El-Arish,
s'élève la tombe du shêikh bédouin Zouêyid : la porte n’en est jamais fermée, parce qu'on croit que les trésors qu'on y conserve ne peuvent être dérobés par aucun voleur, et que celui qui y cherche asile échappe à ceux qui le poursuivent. D'ailleurs la même célébrité et la même considération s’attachent, non seulement aux tombeaux des saints qui font des miracles, mais à ceux des hommes qui ont été en rapport étroit, digne de
mémoire, avec le développement de l'Islâm, entre autres, à ceux des amis, c’est-à-dire des
personnages qui ont connu personnellement le Prophète. On met au nombre de ces derniers
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les soldats qui vinrent en Égypte avec Amr, et chaque tombeau que le peuple imagine appar-
tenir à l’un d’entre eux partage les honneurs des tombes des ouélis. La tombe du même ami a
beau être vénérée souvent dans quatre ou cinq endroits différents, nulle part on n’aperçoit un
effort tenté pour éclairer les contradictions qui résultent de cette multiplicité, tant est grande la ténacité avec laquelle le peuple s'attache à de semblables traditions. La plupart de celles qui vivent encore en Égypte ont trait aux malheurs de la famille du calife Ali. Elles doivent leur origine à la dynastie des Fatimites, qui faisait remonter sa souche jusqu'à Fatima, femme d’Ali
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