D'APRÈS UN TOMBEAU DE
monnaies en guise d'armoiries. Les pièces de Mendès, la ville du bélier sacré, portaient la figure d’un bouc; celles de Léontopolis, le nome du lion, la figure du roi des animaux, que le dieu Hor avait revêtue pour triompher des ennemis de son père Osiris, dans le voisinage de Sal, la ville des Lions.
Le bras de Rosette, dont nous suivons le replis, répond à l'antique embouchure Bolbitine. Sur ces rives, comme sur celles de tous les cours d’eau du Delta , on cultivait avec soin le papyrus, et à sa surface s'étalaient les fleurs du lotus, ornement de ses eaux et plante nourricière, dont les pauvres mangeaient la graine aussi fréquemment que la moelle du papyrus. Ce dernier à presque entièrement disparu non seulement du Delta, mais de toute l'Égypte : il s'est retiré dans le Sud, sur le Nil blanc et le Nil bleu, où il croît en abondance. Les crocodiles et les hippopotames, qui se montraient encore dans le Delta sous la domination arabe, ont suivi le papyrus, bien qu'on signale encore quelques crocodiles isolés dans la haute Égypte. Même la fleur de lotus, qui, de toutes les plantes aquatiques, était autrefois celle qui frappait le plus les regards, que le jeune Hor avait choisie pour sortir vivant de son calice, et dont la forme charmante a servi mille fois de modèle aux artistes d'époque pharaonique, est devenue relativement rare. Cependant on
trouve encore un grand nombre de lotus blancs et de lotus
bleus sur les canaux qui avoisinent Rosette, et Rohrbach a encore vu les indigènes manger les graines de son fruit, semblables aux graines du pavot.
Sous les Byzantins, le Delta ne fut plus qu'imparfaitement cultivé. Les califes et les gouverneurs qu'ils déléguaient relevèrent la culture, grâce à une intelligente répartition des
eaux; plus d’une construction, isolée dans des localités re-
tirées où rarement Européen met le pied, témoigne de la vie et de l’activité qui régnaient
même là, à l'époque brillante de l'Islam.