‹ L'ÉgypteChapitre 41 sur 186 · ROUE HYDRAULIQUE · texte numérisé non relu

ROUE HYDRAULIQUE

Nous voici arrivés au premier but de notre voyage : nous laissons le bateau et nous nous enfonçons dans l’intérieur des terres. Un bourg, un peu plus loin vers le nord, des collines de décombres, un petit lac; sur le bord de l'eau, des cigognes et une bande de hérons argentés, qui nous laissent approcher jusqu’à la distance de quelques pas, avant de détourner leur cou gracieux, et de s'élever sur leurs ailes, pour s’en aller planer dans la direction du Nil, comme un nuage blane. Nous sommes au milieu des ruines de Saïs, la brillante résidence des Pharaons, la ville

savante où florissait une école non moins célèbre parmi les Grecs que parmi les Égyptiens. Le bourg, dont la mosquée s'élève auprès des ruines, a conservé le nom orgueilleux de Saïs, sous la forme Sa ou Sa-el-Hager.

Il y a quelques années déjà, j'essayai de reconstruire en esprit Saïs (1), disparue pour jamais de la terre, telle qu’elle était au temps de sa splendeur, et de repeupler ses temples de prêtres et d'animaux sacrés, sesrues d'hommes, ses palais de princes et de nobles. Il est difficile de décrire les sentiments qui agitèrent mon âme quand il me fut donné de fouler aux pieds le sol de cette ville vénérable, de me replonger en rêve dans le sein des jours depuis longtemps écoulés, de relever

les ruines et de ressusciter les morts. J’eus beau parcourir et inspecter les champs de décombres

je ne retrouvai aucune salle de ces édifices somptueux, aucune chambre, aucune colonne, seu-

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