‹ L'ÉgypteChapitre 42 sur 186 · RUINES DE SAÏS · texte numérisé non relu

RUINES DE SAÏS

lement un mur d'enceinte dont les dimensions colossales n’ont rien d’analogue, même en Égypte. Il est formé d'énormes briques crues et entoure les rares débris de cette cité jadis si brillante. Sur quelqu'un de ces tertres se dressaient le château et le palais des Pharaons. L'étang situé au nord, près du mur d'enceinte, est le lac sacré sur lequel, pendant les veilles de la nuit, on donnait, avec des barques somptueuses, une représentation splendide et mystérieuse de l’histoire d’Isis et d'Osiris. Le lac dépendait assurément du temple de Neïth, la mère divine, le principe féminin de la vie du monde et de celle de l’homme. Elle était la Nature, dont l’œuvre mystérieuse doit toujours demeurer cachée au fils de la terre. Sa statue portait l'inscription : « Je suis tout, le passé, le présent, l'avenir; nul mortel n’a encore soulevé mon voile. » Ce sont les mots qui ont inspiré à Schiller ses vers à « l’image voïlée de Saïs : »

le jeune homme qui osa soulever le voile n’a jamais révélé ce qu'il avait aperçu dessous.

(1) Dans {& Fille de Pharaon.

Sans connaissance et blème

Les prêtres, au lendemain, le trouvèrent Étendu aux pieds de la statue d’Isis.

Ce qu'il avait vu et ressenti

Sa langue ne l’a jamais fait connaître.

Ici, comme ailleurs, l’image de la déesse où de l'animal qui lui était consacré, la vache, était placée dans un naos d'une seule pierre. Amasis avait tiré des carricres de la première cataracte, à l'extrême sud de l'Égypte, Fénorme bloc de granit soigneusement taillé et qui devait peser environ 940,000 kilogrammes, puis l'avait consacré à la déesse, dont il se disait le fils, comme l'indique son surnom Sf-nit, fils de Neith. Ce monolithe géant, les obélisques et les sphinx, les colonnes à chapiteau en forme de palmier et les colosses qui ornaient jadis, comme l'indiquent des témoins dignes de foi, le sanctuaire de la divinité, ont suivi les desti-

nées des palais princiers, des maisons particulières, du tombeau d'Osiris et des rois saïtes. Les

fouilles, entreprises dans les terrains de la nécropole par M. Mariette, n'ont mis RAA au jour que peu d'objets remarquables, T

et le nombre des monuments en pierre trouvés ici et conservés dans les musées

d'Europe est des plus restreints. Nous savons cependant, par mille autres documents, que, sous la dynastie saïte, la sculpture égyptienne refleurit de nouveau. C’est donc le cas de remercier spécialement le hasard. Il à fait passer d'ici dans la collection du Vatican une

statue qui nous fait assister aux événe-

ments les plus importants de la vie de

CHARME GX MORE DE FAIM Sais, pendant les jours qui suivirent la — }\ éme am pe ok, conquête persane. Das dr nous raconte comment Cambyse, après être entré dans la ville, sy montra bienveillant envers le sacerdoce, et se fit initier aux mystères de Neith. C’est plus tard seulement que le fils de Cyrus devint ce fou furieux que dépeint l’histoire. Longtemps après lui, les maîtres de l’école de Saïs continuèrent à jouir de la haute considération qu'ils s'étaient acquise dès l'antiquité la plus reculée. L'ouvrage le plus considérable qui nous soit parvenu sur la médecine des Égyptiens avait été composé par eux. Ils avaient parlé à Solon de l'Atlantis, ce continent disparu à l'occident du monde, et ce que Platon nous rapporte de cet entretien nous autorise à admirer la pénétration dont ils avaient fait preuve dans l'observation du ciel. Hérodote alla chercher l'instruction chez eux, et la légende fait sortir de Saïs, Cécrops, le fondateur d'Athènes. Tous les Grecs connais A

aient Neith Athêné, et on a remarqué qu'A@HNA, s

lu de droite à gauche, donne (A)NTO (A). Cette déesse, que servaient aussi les peuples libyens, était représentée une navette sur la tête, et les étoffes de lin, les tapis, les tissus précieux de Saïs étaient des plus célèbres dans l'antiquité.

Jamais la prospérité matérielle de l'Égypte, jamais le nombre de ses villes et de ses habitants n'a été porté aussi haut qu'il le fut sous le règne de cette dynastie saïte, amie des Grecs.

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Écyrre, I.

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