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AU PIED DU CHÉOPS

gigantesque : celui qui est à leur pied et qui, du sol sablonneux où il se tient, lève les yeux vers leur pointe, n’a pas besoin de pareïls secours.

Nous descendons de voiture juste en face le côté nord du Chéops. Dans le triangle d'ombre nettement dessiné qu’elle projette, des femmes accroupies vendent des oranges et des provisions de bouche de toute espèce, les âniers attendent avec leurs grisons, les voyageurs se reposent, au retour de leur ascension laborieuse. Nous n'en sommes pas encore là, et si nous voulions échapper à cette fatigue, ce ne serait pas chose facile : car, depuis que nous sommes , nerveux, vêtus de haillons,

descendus de voiture, nous sommes poursuivis par des gens noirs qui nous offrent leurs services d’une manière pressante, Ils s'appellent avec orgueil « Bédouins, » mais n’ont de commun que les défauts avec les fils orgueilleux du désert. De toute facon, il est non seulement prudent, mais nécessaire, de s'assurer leur assistance, bien qu'il

soit impossible de perdre son chemin pendant la montée.

C'est à l'endroit où la chute des pierres qui remplissaient l'intervalle entre chaque gradin, a laissé le plus à nu le noyau de la pyramide, qu'on entreprend l'ascension. Jusqu'au sommet

nous resterons sur un escalier de pierre polie; mais les degrés sont inégaux, et, toujours con-

sidérables, ont de temps en temps la hauteur d’un homme. Deux ou trois grands gaillards nous accompagnent. L'un saute devant nous, les pieds nus, saisit notre main et nous tire à lui; un autre suit le voyageur, lui étaie le dos, le pousse et le lance en haut; un troisième le saisit de côté sous le bras et le soulève. Moitié se hissant,

moitié hissé, on monte, et ces

drôles agiles vous accordent difficilement un moment de repos, quand vous demandez à reprendre haleine et à essuyer la sueur qui perle sur votre front. De plus, ils ne cessent pas tout le long du chemin de crier et de mendier avee importunité un bakhshîsh : ils nous harassent de tant de manières qu'ils semblent vouloir, de parti pris, nous faire oublier la reconnaissance que nous leur devons pour leur aide.

Enfin nous voici au but. Le sommet de la pyramide a roulé à terre depuis longtemps nous sommes sur une plateforme assez spacieuse. Après que notre poitrine haletante et les battements précipités de notre pouls se sont calmés,

après que nous avons rude-

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