‹ L'ÉgypteChapitre 81 sur 186 · CALCAIRE COQUILLIER DU MOKATTAM · texte numérisé non relu

CALCAIRE COQUILLIER DU MOKATTAM

guére que les savants. Toutes présentent la même dispropor-

tion entre la grandeur de la construction et les dimensions mesquines des espaces utilisables

qu'elle renferme : ce manque d'harmonie s'explique et paraît même bien entendu, lorsqu'on se rappelle que le but de l'architecte était d'élever un monument presque entièrement fermé et accès difficile, dans lequel un cadavre pût reposer en paix.

Une visite dans l’intérieur des pyramides n’est nullement agréable : plus on s'enfonce avant plus la chaleur devient insupportable ainsi que l'odeur spéciale des chauves-souris, qui habitent par légions les corridors et les chambres aujourd’hui inacces

sibles. L'Égypte ne connaît point « le caveau humide » de nos poésies populaires! Les souterrains y gardent toute l’année la température moyenne de la localité dans laquelle ils se trouvent, et au Caire, cette température est d'environ 21 degrès Réaumur.

L'entrée de toutes les pyramides donne sur la face nord : dans le Chéops elle s'ouvre à la treizième assise. Nous allumons les fambeaux que nous avons apportés, et nous nous enfonçons d'abord en ligne droite, jusqu'à un bloc de granit énorme qu’on avait enchâssé dans le plafond, et qu’on en fit tomber pour fermer le passage après avoir introduit le sarcophage. Nous le contournons, car les chercheurs de trésors qu'il arrêtait n’ont pas réussi à le briser; ils ont creusé une galerie dans la muraille, afin de passer outre. Puis, nous montons par un cor-

ridor bas et sourd, à l'extrémité duquel un chemin horizontal s'ouvre, qui conduit à la chambre de la reine, et commence une galerie plus étroite mais plus haute, où nous pouvons nous tenir droit et respirer librement. La lumière des torches et des bougies se joue sur la surface des pierres du Mokattam unies et polies. Les blocs s’ajustent si exactement l’un à l’autre, que les joints sont à peine visibles. Les panneaux de pierre à la base des parois se sont conservés entiers, comme aussi les blocs de forme particulière qui servent de plafond. Les entailles parallèles qu'on remarque sur le sol et dans les parois étaient destinées à faciliter le transport du sarcophage. En-

core quelques pas dans un passage horizontal qui, au milieu, s élargit en un vestibule fermé par

quatre plaques de granit glissant dans des rainures, et nous nous trouvons dans la chambre du

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