‹ L'Égypte pharaoniqueChapitre 3 sur 37 · SI · texte numérisé non relu

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A l'époque la plus reculée on puissent remonter les souvenirs de l'histoire, pendant que les différents peuples qui couvrent la surface du globe se montrent dans un état presque complet de barbarie, un très-petit coin de l'Afrique scintille comme un météore lumineux au milieu d*une profonde nuit. Dans ce coin de terre privilégié vit un peuple qui se distingue par la pratique des beaux-arts parvenus à ce point de splendeur qui crée les chefs-d'œuvre , par la culture des sciences poussées au degré le plus éminent que puisse leur faire atteindre le génie, par la sublimité d'une philosophie fruit des plus savantes méditations. Le pays de ce peuple si avantagé, extrêmement borné dans sa superficie , isolé de tous les autres par ses barrières naturelles, et fermé aux étrangers par ses institutions, comptait-il des myriades d'années d'existence, pour que ses habitants eussent pu , sans le stimulant de l'émulation de peuple à peuple , de la rivalité de nation à nation, faire d'aussi immenses progrès dans la découverte

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de tout ce qui forme ressemble des connaissances humaines? Possédait-il certaines qualités dont l'influence s'e^ercsM^t sur F intelligence de cette population 1^ rendait, dans son isolement, plus apte que les autres à la contemplation des phénomènes naturels, plus propre à en saisir les rapports, à en étudier les formes; mieux en état d'en découvrir les éléments , d'en pénétrer les principes, d'en poursuivre les conséquences? La solution de ce problème historique d*un si haut intérêt résultera peutêtre du travail auquel nous nous livrons. Nous allons rechercher si les premiers Égyptiens ont pu tirer de leur propre fonds, et sans le concours d'aucun autre peuple, ces sciences élevées dont chaque pas que font les modernes dans la même voie fait apprécier de plus en plus l'étendue; s'ils ont pu créer d'eux-mêmes, et sans aucun secours étranger, ces arts dont les l:>elles productions nous apparaissent encore^ au milieu des ruines amoncelées par les siècles ; ms^is surtout cette philosophie dont allèrenf se pénétrer les hommes réputés les plus sages et les plus re- Cpmmandables de l'antiquité; philosophie qui devint, entre les mains des Grecs, le phare de la civilisation de l'Occident, et que les livres sacrés des Hébreux résument euxmêmes, de la manière la plus heureuse, dans les deux mots JEgypUorum sapientia , exprimant tout à la fois la science et la sagesse des institutions de ce peuple (i). *

Les peuples ont dans tous les temps attaché un grand prix à nouer leur filiation à celle des dieux, en même temps qu'ils ont mis un vif intérêt d'amour '•propre à faire

remonter le plus haut possible le commencement de leur

(i) SaÎDt Clément d'Alexandrie dit : 3apkntia est enim sdmtUt mrumdivinarum ethumanarum. Sous cette double acceptioQ desag^asiç et de science» ce mot sapientia caractérisait menreilleusement le^ premiers prêtres égyptiens c'est-à-dire ceux de la plus haute antiquité.

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