BARRAGE NOUVEAU
pour 240 jours. Dès lors, nous pensons que la moyenne de 200 jours que nous avons adoptée est assez rationnelle pour justifier la marche effective de chaque année; nous avons également ramené à cette période de 200 jours la dépense obligatoire de Tentretien : ouviâers, agents et employés divers, qui, par la nature de leurs fonctions, travaillent toute Tannée.
Notre tableau comprend donc toutes les dépenses quelconques, sauf cependant celles relatives à l'érection et installation des ateliers, parce que ce chiffre peut varier selon qu'il y aurait un ou plusieurs groupes d'usines à proximité les unes des autres ; il en est de même pour la direction générale des installations, mais nous avons tenu compte de rentre tien des machines et du fonctionnement des ateliers ; il y aurait donc de ce chef une légère plus-value à ajouter à nos chiffres.
Nous n'avons pas non plus introduit les dépenses que nécessiteront les terrassements et les ouvrages d'art pour conduire l'eau des pompes dans les canaux, dépenses qui sont d'un autre ressort, ainsi que celles résultant de la mise en état des biefs pour leur permettre de débiter la quantité d'eau qui leur serait fournie par les pompes.
Il y a loin de ce chiffré de 10 francs en moyenne à celui de 29 francs indiqué par la commission du canal de Suez (page 41). Il est même inférieur à celui de 18 francs indiqué également par cette même commission pour le coût des irrigations au moyen du barrage et d'un canal.
Mais si, aujourd'hui, grâce à la perfection des machines à vapeur et à la diminution de leur consommation de charbon, le prix d'élévation de l'eau a diminué de 2/3, les progrès ont également marché dans l'art de construire les barrages, puisque nous estimons qu'on peut les construire pour 8 millions de francs, tandis que les deux barrages de Saïdieh ont coiité cinq ou six fois plus.
Aussi, avec Tassurance que nous avons de construire les cinq barrages, y compris la mise en état de Saïdieh, pour 40 millions de francs environ et en admettant même que Ton ne prenne pour base que la même quantité de feddans prévue pour l'irrigation par les pompes, soit 1 million de feddans environ (quoique nous ayons démontré qu'elle serait bien supérieure), nous obtiendrons encore un prix de revient unitaire bien inférieur au chiffre de 10 francs, car il ne reviendrait qu'à 2 fr. 25 au plus, soit 5 fois moins. Et encore doit-on, par le fait, n'admettre ce chiffre que pour une période relativement courte, celle pendant laquelle s'ajoutera le quantum d'amortissement avec celui des intérêts du capital dépensé. Après quoi, et lorsqu'il n'y aura plus à faire figurer que l'entretien et les frais de main-d'œuvre, le coût unitaire descendra à fr. 26 ou fr. 30 au plus.
L'exposé que nous venons de faire démontre donc péremptoirement la supériorité incontestable du système des barrages sur celui des pompes à vapeur pour.les irr,igations ; les chiffres sont assez éloquents, mais comme notre ouvrage comporte également d autres questions de la plus grande importance et actualité, nous avons pensé que, vu leur connexité, il valait mieux réserver nos conclusions pour les exposer au dernier chapitre où nous récapitulerons alors tous les avantages de l'ensemble des travaux à prévoir.
Exposé rétrospectif
embrassant un ensemble de généralités sur l'Egypte
relativement à* divers grands travaux
que nous avons étudiés successivement pendant
notre long séjour dans le pays.
1° Achèvement du canal Ibraïmieh.
2° Achèvement du canal raïa de Béhéra.
CANAL IBBAÏMIEH. Ii9
S'' Canal du Khalig et construction des quais de Boulac, ainsi que de Tile de Roda au Caire.
4*" £t enfin, l'achèvement du canal Ismaïlieh avec aperçu pour ce dernier de son mode d'alimentation actuel, ce qu'il pourrait être, les changements et les modifications qu'il pourrait subir pour avantager l'irrigation générale de la province du Cherkieh, avec indication des moyens pratiques pour satisfaire également aux besoins de la nouvelle province de l'isthme de Suez, y compris les deux domaines de rOuady et Bir-abou-Ballah, et principalement pour l'alimentation de la branche de dérivation à créer d'Ismaïlia à Port-Saïd dans le double but d'alimenter cette dernière ville et de fertiliser une vaste partie déserte du territoire égyptien, ainsi que de la relier aux chemins de fer de l'État.
Achèvement du canal Ibraïmieh.
Nous avons vu au rapport de la commission du canal de Suez que les arrosages en Egypte s'opéraient par bassins successifs créés artificiellement au moyen de digues , et remplis chaque année au moment de la crue du fleuve. Cette disposition, qui remonte à la plus haute antiquité, était imposée par l'obligation principale du lavage des terres, qui, sans cela, deviendraient stériles par suite des efflorescences salines dont le sol est imprégné et que la capillarité fait remonter à la surface.
En second lieu également, pour y faire déposer les matières azotées dont, à cette époque de l'année, le Nil est chargé; mais ce mode d'irrigation, qui convient parfaitement aux cultures des céréales dont l'Egypte a toujours eu le monopole et la renommée, ne convient pasà la canne à sucre ni au coton. Or, si les blés et autres céréales donnent d'abondantes récoltes, ce mode de culture limite le rendement des
terres à une seule récolte annuelle. Aussi, tout homme prévoyant se rendant compte que leur vente sur les marchés d'Europe aurait à souffrir de la concurrence étrangère et qu'alors le revenu du pays tendrait dans un avenir relativement proche à être considérablement réduit, Méhémet- Ali, Thomme des hautes conceptions, eut-il la pensée de faire introduire la culture du coton à laquelle le climat et le sol du pays se prêtaient merveilleusement et dont le produit, beaucoup plus riche que celui des céréales, assurait un rendement bien supérieur. Mais cette culture, qui commence précisément àTépoque delà croissance du Nil, n'exige que des arrosages périodiques et ne peut, sous peine de dépérissement supporter, l'immersion ; c'est alors que le grand homme, aidé de savants et dévoués collaborateurs, entreprit à la hâte le projet de changer complètement le système d'irrigation du pays, il commença à l'appliquer dans la basse Egypte. C'est à cette vaste conception que sont dus les grands canaux et les ouvrages d'art exécutés sous son règne et qui devaient élever le rendement du pays à une grande puissance.
Nous n'examinerons pas ici la perturbation qui est résultée de ce changement radical dans les moyens employés jusqu'alors, mais nous dirons cependant que la suppression intempestive des inondations annuelles a été une faute grave : 1° parce qu'elle a provoqué l'appauvrissement des terrains, et qu'il eût été rationnel de n'étendre la culture du coton qu'au fur et à mesure de la possibilité de maintenir et d'assurer à volonté, et par périodes, les inondations partielles au moyen d'un ensemble bien étudié de canaux d'amenée et d'écoulement ; 2° parce que ce changement a provoqué en outre, par la suppression des bassins, la surélévation .du niveau du fleuve et obligé ainsi dans tout son parcours à en relever les digues. Aussi voyons-nous aujourd'hui le niveau des hautes eaux atteindre dans le Delta jusqu'à l'^.SO
CANAL IBRAÏMÏEH. 42i
et plus au-dessus des plus hautes eaux connues et enregistrées autrefois, sans qu'il soit constaté dans le haut Nil une augmentation sur les recettes. Il y a donc à Tétude de cette question primordiale un problème fort intéressant à résoudre et que le gouvernement devra soumettre à l'examen de la commission dont nous avons parlé; car il y a un intérêt majeur à ce que, tout en continuant la riche culture du coton, on puisse rétablir le statu quo ante et permettre à volonté de recommencer les inondations périodiques des terres par bassins et suivant les rotations de la culture.
Après Méhémet-Ali, Son Altesse le khédive Ismaïl, voulant continuer l'œuvre de son illustre aïeul, entreprit d'étendre une autre culture très productive, celle de la canne à sucre, sur une grande échelle dans la moyenne Egypte qui va de Siout au Fayoum et, pour y satisfaire, il reprit l'idée déjà ancienne de la construction d'un canal dérivé sur la rive gauche du Nil; mais, au lieu d'établir la prise d'eau à Djebel- Silsileh comme l'avait conçu Linant-bey et comme Tavait recommandé la commission du canal de Suez, Son Altesse prescrivit de l'établir seulement à Beyrouth, mais en même temps il indiquait de creuser une dérivation du Nil à grande section ayant sa prise à Siout.
Cette dérivation que l'on comprend souvent sous la dénomination du canal Ibraïmieh (probablement parce qu'elle a été exécutée en même temps) ne doit pas être confondue avec ce dernier, parce qu'elle a eu pour motif également d'alimenter plusieurs grands canaux très importants de la province tels que les canaux du Bahr- Youssouf , du Deyrouthieh, du Sahlieh et autres dont les prises, ainsi que celle de ribraïmieh, sont toutes réunies à Beyrouth même, au point terminus de la dérivation de Siout.
Réunis en un seul point, ces ouvrages de prise, quoique non achevés complètement, offrent l'aspect le plus imposant par le nombre ainsi que par la manière magistrale
dont les maçonneries ont été traitées; ils font le plus grand honneur à i'éminent ingénieur Salama-Pacha qui les a conçus et en a dirigé l'exécution.
Le canal a été projeté eu six biefs principaux de plafonds différents, ainsi que le représente le profil ci-contre (PI. 14).
La dérivation proprement dite du Nil, que nous appellerons le premier bief, va du kilomètre de Siout au kilomètre 62, à Beyrouth.
Le second bief, où commence réellement le canal Ibraïmieh, va du kilomètre 62, au kilomètre 100, à Moussa.
Le troisième du kilomètre 100 au kilomètre 128^ à Minieh.
Le quatrième, du kilomètre 128 au kilomètre 169, à Mattaï.
Le cinquième du kilomètre 169 au kilomètre 216, à Fechné.
Le sixième, du kilomètre 216 au kilomètre 268, à Acmint,
Il est ensuite projeté pour aller jusqu'au kilomètre 360.
La création de ce grand canal a été motivée, comme nous venons de le dire, principalement pour les besoins de la culture de la canne à sucre sur une étendue de 130,000 feddans annuels, soit, avec les rotations habituelles, une étendue totale atteignant 400,000 feddans.
Sur cette immense superficie, qui est presque d'un seul tenant, ont été installées et fonctionnent de gigantesques fabriques de sucre, réparties sur la longueur de la propriété et desservies par des lignes ferrées et spéciales atteignant environ 800 kilomètres etpouvant produire plusieurs millions de kilogrammes de sucre lorsque l'eau d'arrosage est assurée. On comprendra donc toute l'importance que Son Altesse attachait à la création de cette vaste industrie ainsi que les soins vigilants de sa sollicitude pour en assurer la réussite.
DES IRRIGATIOn
T A ACMENT
Voie ferré e
Nil (Mutes eaux).
(basses eaux.
Plafond actuel /fc»^f Plafond projeté-
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Plan^de coinparaisaiv^ Kilomètres
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Auto Imp. A. Broise ft Courtier, 43, rue de Dankerqne. Paris.
CAiNAL IBRAÏMIHH. 123
Malheureusement les circonstances ne lui ont pas permis d'achever cette belle œuvre et, malgré les pressants rapports des ingénieurs compétents Rousseau-Pacha, Ventrebey, et autres collaborateurs, il ne fut pas possible jusqu'à présent de parvenir à Tachever. Cependant, les travaux pressent non seulement pour assurer désormais les irrigations constantes et périodiques aux terres cultivées en cannes à sucre, mais aussi pour assurer les irrigations et même les inondations des terres éloignées du canal Ibraïmieb qui en sont privées par le passage du canal depuis sa création.
En dehors des travaux proprement dits du canal par son achèvement en approfondissant son lit, par le remaniement des talus, et Fachèvement des ouvrages de retenue, il y a obligation d'établir des siphons au travers de son lit pour l'écoulement des eaux d'inondation et d'arrosage, ainsi que pour leur retour au fleuve.
Nous citerons également, ici, de la brochure qu'a publiée Son Excellence Ali-Pacha-Moubareck, ministre des travaux publics, le passage ayant Irait aux travaux du canal Ibraïmieh que le ministère divise en deux parties et qu'il appelle Ramadi etibraïmieh. L'appellation de Ramadi a probablement trait à la dérivation qui va de Siout à Beyrouth, que nous avons indiquée au profil ci-dessus comme premier bief du canal Ibraimieh.
Ré^on des canaux Ramadi et Ibraïmieh.
(Extrait de la brochure du ministère des travaux publics.)
« r Région au canal du Ramadi. — Surface des ter-
« rains de la région, environ 401 .000 feddans
'< Dont, appartenant à la Daïra ... 40 . 000 » « Si on veut assurer la culture séfi à toute cette région,
<2i DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.
« il faut lui fournir de l'eau à Féliage pour 34,000 feddans, « à raison de 33*' par feddan (10 p. 100 sont comptés « pour les pertes dans les canaux), soit 1,125,000"' d'eau « par jour.
« Actuellement, pour les cultures de la Daïra, c'està « peine peut-être si on élève le dixième de ce volume (( d'eau au moyen de pompes à vapeur puisant au Nil. Le « canal n'a jamais été mis à la profondeur voulue, et l'obs- '« tacle du rocher de Djebel-Silsileh empêche qu'on en « reporte la prise d'eau assez loin vers le Sud pour obtenir « une pente convenable jusqu'aux terres à arroser. Il « semble logique de suppléer à cette insuffisance de pente « par une élévation du plan d'eau à la prise d'eau du canal, « 3 mètres environ à Tétiage, pouvant remplacer une (( trentaine de kilomètres de longueur d'amenée. Par des « machines à vapeur ce serait une dépense de 120 à 12S « livres égyptiennes par jour pour le débit total ci-dessus, « ce qui, dans une campagne d'arrosage de 150 jours, « représenterait au maximum une dépense annuelle « de 18,750 L.É.
« Il y aurait encore à dépenser en capital pour environ « 3,500,000°^' de terrassements :
« 1,200,000 à la drague 90.000 L.É.
(c 2,300,000 à sec 46.000 »
« Soit, ensemble. . 136.000 L.É.
« Et pour ouvrages d'art 64 . 000 »
(( Au total. ... 200.000 L.É.
« Ces travaux, étant exécutés par une entreprise qui se <( chargerait ensuite de l'entretien du canal, pourraient être « amortis à 8 p. 100 en un certain nombre d'années (25 en-
CANAL IBUAÏMIKH. \rô
a viron)^ pendant lesquelles on aurait la dépense annuelle
«decechef 16.000 L.É.
« Si on ajoute l'entretien du canal sur " 153 kilomètres environ 300,000"^ annuels
« Plus pour rélévation d'eau ..... 18.750 L.É.
« On a au total. . . 49.750 L.É.
(( représentant une charge annuelle de L.É. 1 1/2 par fed- « dan cultivé en séfi, pendant Tamortissement du capital « des travaux, réduit ensuite à L.É. 1 environ.*
« Nous n'entendons donner ici qu'un apQrçu de ce qui « pourrait être fait avec le concours de la Daïra-Sahnieh, « qui peut avoir un intérêt majeur non seulement à " assurer l'arrosage de ses cultures dans les proportions « exigées par l'importance de ses usines actuelles, mais « encore à développer la culture de la canne à sucre dans '^ cette région qui lui est exceptionnellement favorable.
« En tout cas, quelque chose est à faire dans la région du « Ramadi en dehors même des intérêts delà Daïra-Sahnieh, « ce canal ayant coupé plusieurs canaux des bassins, lesf< quels se trouvent ainsi placés dans des conditions dé- « plorables qu'on devrait modifier si on ne développait « pas le séfi dans la région.
« 2° Régioîi du canal Ibraïmieh. — Nous n'exposerons « pas ici les besoins de cette région ; l'étude en a été faite « depuis longtemps, et nous nous contenterons de chiffrer « les dépenses :
« 1" Travaux d'achèvement du canal proprement dit, « 4,500,000™' de dragages à compter à 7 piastres 1/2 le « mètre cube à cause des conditions difficiles du travail, « particulièrement pour le transport des
« déblais 337.500 L.É.
A reporter. . . 337.500 L.É.
i2() DES IRHIGATIONS EN EGYPTE.
Report. . . 337.500 L.É.
« 2 . 800 . 000"^ de terrassements à sec à « 2 piastres 80.000 »
« 2"' Ouvrages à compléter ou à créer. 69.000 »
« 3** Ouvrages pour assurer les, eaux du « Nil aux bassins de la région, estimés « plus haut à 80.000 »
(( Total en capital. . . . 806.500 L.É.
« Ce capital, amorti à 8 p. 100, donne une dépense « annuelle pendant la durée de cet amortissement (environ « 25 ans) de 40.820 L.É.
« 4° Les dragages d'entretien que nous « évaluons avec les autres dépenses de « surveillance et d'entretien à 28.000 L.É.
« Ensemble. . . . 68.820 L.É.
(( de dépenses annuelles pendant 28 ans environ, réduites « ensuite aux simples dépenses d'entretien.
«8° Curage de quelques branches dérivées des canaux « Sakalieh, Deyrouthieh, etc.
« Ces curages ne sont pas organisés; les doux seuls « canaux de Deyrouthieh et de Sakalieh exigent un curage « annuel qui a atteint cette année 800,000"^; ils ne peuvent « pas rester à la charge de la prestation en nature parce « qu'ils n'intéressent qu'une région très limitée dont les f( bras assujettis à la corvée sont en disproportion notoire « avec des travaux aussi importants. Il y a donc là, pour « ces deux seuls canaux, une dépense annuelle d'entretien « à faire qui dépassera peut-être 20.000 L.É. C'est à la « Daïra-Sanieh principal intéressé qu*il appartient de prcn- « dre l'initiative de Forganisation de ces travaux et de ceux « analogues à faire peut-être sur d'autres branches du canal , « le gouvernement n'ayant à intervenir que pour régler, « s'il y a lieu, la participation des cultivateurs privés et
CANAL IBRAÏMIEH. 127
« que pour sauvegarder les intérêts généraux du régime des (( eaux. Pour ce qui est de la dépense à faire annuellement « pour le canal proprement dit, le principe est déjà établi « de répartir entre les terrains, dans la mesure où elles leur ({ profitent, les dépenses d'entretien du canal; le même « principe devra être appliqué pour les dépenses prévues « plus haut qui n'ont rien d'excessif, si on tient compte de « l'importance de la région à laquelle elles s'appliquent. »
Telle est la mention qu'a faite le ministère sur les travaux qu'il entrevoit comme nécessaires pour achever le canal Ibraïmieh.
Dans l'étude que nous avons faite, nous nous sommes borné à celle qui a trait aux terrassements restant à exécuter pour mettre chaque bief au type voulu, de façon que, par la suite, le dragage fût facile, et l'entretien peu coûteux, quant aux travaux d'art, nous n'avons pu en faire l'évaluation. Nous nous bornerons donc à enregistrer les chiffres du ministère.
Comme les travaux devront s'exécuter régulièrement toute l'année, nous avons adopté une ligne fictive de démarcation entre celle des hautes et basses eaux, à partir de laquelle tous les déblais à extraire au-dessous de cette ligne sont considérés comme déblais sous l'eau. Ils entrent par conséquent dans la catégorie des déblais à draguer, et tous les déblais au-dessus de cette ligne sont considérés comme déblais à faire à sec.
Le type adopté pour chaque bief est spécial à chacun d'eux, quant au plafond; les talus sont dressés tous à 3/4 à l'intérieur de la cuvette avec une banquette de 10 mètres de largeur sur chaque rive du canal et aussi à une altitude telle que >i pendant la période des basses eaux, les dragues à couloirs puissent y déverser les déblais.
Nous avons consigné sur le tableau ci-après le résultat des calculs pour les terrassements restant à faire pour achever complètement le canal depuis Siout jusqu'à Achmint.
Tel est le chiffre véritable des déblais qui étaient à faire à. l'époque de notre relevé en 1879 et que Ton a tout lieu d'admettre encore aujourd'hui. S'il doit, changer, c'est plutôt en augmentation qu'en diminution, car le travail qui a été exécuté depuis a tout au plus contribué à enlever les apports dans la cuvette; toutefois, sans les augmenter, il faut toujours certainement compter au moins sur ces chiffres pour obtenir l'achèvement avec une banquette de 10 mètres, dimension minimum et même bien exiguë pour le dépôt provisoire des dragages. Aussi, avons-nous calculé ce que serait le cube à faire dans l'éventualité où cette banquette serait portée sur les deux rives à 18"", 50, largeur réellement utile pour qu'une drague à couloir puisse fonctionner et librement; nous avons trouvé que, pour le bief n° 1 , l'augmentation serait pour les déblais à
sec, de 5.911.663'"'
pour le bief n° 2, de 789.330 »
pour le bief n° 3 de 212.440»
Soit, au total, de 6.913.433
L'ensemble constituerait donc un cube de 25,144,636""^ dont 15,525,359 pour le premier bief ou canal Ramadi, se décomposant par 4,572,943"*^ à faire à la drague et 10,952,416 à faire à sec; et 9,619,276"»' pour le canal Ibraïmieh seul, soit 6,402,727™^ à draguer et 2,214,779™' à faire à sec.
De tous ces chiffres, un seul s'accorde avec ceux de la brochure du ministère : c'est celui des déblais à faire à sec, 2,500,000"»' contre 2,214.779°»' que nous avons obtenu. Mais pour les autres il y a un écart si grand, que nous ne pouvons l'attribuer qu'à une erreur manifeste dans les
CANAL IBRAIMIEH.
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