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€|hiff]^es du ministère, chiffres qui résultent d'appréciations (^dis que les nôtres reposent sur des relevés et des calculs ejxacts, à moins cependant que le ministère n'ait eu Tintentton de réduire le type des cuvettes en supprimant également l'aménagement des banquettes pour recevoir le dépôt des apports et des dragages. Cependant, comme il y a lieu de penser que cette province devra recevoir une alimentation conforme à ses besoins , dans le programme d'ensemble des irrigations, nous maintiendrons les chiffres indiqués au tableau précédent qui comprennent dans le type des cuvettes une banquette de 10 mètres, et qui représentent par conséquent 7,255,822"' de dragages et 10,975,670"' de déblais à sec, soit en chiffres ronds un cube total de 18,000,000"' environ.
I Dans sa brochure, le ministère évalue le prix unitaire du mëtre cube de dragage au chiffre d'environ 2irancs, et celui de déblais à sec à environ fr. 58 c.
Pour notre part, nous pensons que chacune de ces unités est erronée : l'une est un peu élevée, l'autre au contraire est beaucoup trop basse. Or, comme elles doivent jouer l'une et l'autre un rôle des plus importants dans les appréciations qui doivent découler de. la jprésente étude, nous croyons qu'il est opportun de rechercher les éléments nécessaires pour les déterminer, puisque de ce résultat doit dépendre naturellement la base quiiioit servir d'abord à rétribuer équitablement le travail de l'ouvrier indigène et ensuite à déterminer l'importance de la dépense, afin d'établir ainsi le budget des travaux à entreprendre.
A ce sujet, nous devons faire une petite digression et nous reporter un peu en arrière pour juger de la situation d'autrefois, de celle qui existe actuellement et de ce qu'elle deviendra dans un avenir peu éloigné. ;
Au début des travaux du canal de Suez, la journée des ottv^rîers fellahs ne déjpàssaît'gùèrë 3 piastres courantes
CANAL IBRAÏMIEH. 131
dans les villages, mais alors les vivres étaient en prbpor-^ tibn. Un poulet coûtait 3 piastres, ainsi qu^un dèmi-cent d'œiifs; un peu plus tard, le bien-être s'étant répandu par suite des gains immenses réalisés par la vente du coton et les grands travaux que le gouvernement faisait exécuter parallèlement avec ceux du canal de Suez, tous les vivres, et conséquemment la main-d'œuvre, augmentèrent dans des proportions si rapides dans l'isthme, que Ton a vu les journées do simples ouvriers manœuvres atteindre jusqu'à S francs et celles des ouvriers d'art jusqu'à 20 et 2S francs. Il est vrai que ces chiffres ne se maintinrent pas longtemps et qu'une brusque réaction survint qui rétablit une plus jnste équation ; mais le minimum s'établissait sur une moyenne double de ce qu'elle était avant et se maintint de telle sorte que l'on peut dire que, depuis 5 à 6 ans, la journée ordinaire d'un manœuvre dans son propre village est ail minimum de 1 franc, soit le double du chiffre cité plus haut, et que c'est un chiffre qui, mainteijiant, ne descendra plus. Il ne peut même tendre qu'à augmenter; il y aurait mécompte même à le prendre comme base pour un travail de longue durée.
La crise politique et financière que le pays a traversée et dont il subit encore les secousses aujourd'hui, et qu'il a si vaillamment supportée, laisse entrevoir qu'un avenir plein de promesses et prochain lui est réservé et que, libre de toute préoccupation et assuré de la plus grande quiétude, chacun va se mettre à l'œuvre et apporter au pays son tribut de labeur quotidien. Ce moment psychologique approche. Le bien-être et la richesse reparaissant, il en résultera forcément une élévation dans le prix de tous les salaires ainsi que de toutes choses ; la situation générale des fellahs en recevra une notable amélioration, et il n'est pas téméraire de prévoir qu'il préférera rester chez lui à travailler à la culture si productive et où il excelle, que de
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se déplacer pour aller travailler au dehors .et loin des siens. Il est donc évident que ceux qui s'y décideront ne le feront qu'en vue d'un gain plus élevé et rémunérateur; dès lors, la main-d'œuvre deviendra donc non seulement plus chère, mais plus difficile et plus rare à obtenir. Aussi, en prévision des travaux que nous entrevoyons devoir être entrepris par le gouvernement et les particuliers pour les canaux et les irrigations en général, ainsi que de ceux que la Compagnie du canal de Suez va entreprendre prochainement, doit-on s'attendre à voir s'accroître subitement ]e prix moyen de la journée ainsi que des denrées, et en tenir compte. Quel sera donc alors le prix moyen du mèlre cube de terrassements pour fournir aux ouvriers un salaire rémunérateur?
Nous examinerons tout d*abord les moyens qui sont en usage dans le pays pour les terrassements dont le transport ne nécessite pas. l'emploi de machines, savoir : . Terrassements au moyen de couffins.
-^ — brouettes.
— — chameaux.
Travail à la coulfe.
Le mode d'exécution des terrassements au moyen de couffins est généralement employé en Egypte; il est le plus familier aux ouvriers qui, dès le plus jeune âge, y acquièrent une grande habileté; cet usage remonte d'ailleurs aux temps les plus reculés; Tengin est facile à se procurer : il est fabriqué dans le pays avec le palmier qui y croit en abondance, et son prix relativement modique le met à la portée du plus pauvre. Il y a donc liou de tenir compte de son emploi dans les travaux d'utilité publique chaque fois qu'il y a possibilité et avantage, comme lorsque ce transport ne