‹ L'Égypte, son avenir agricole et financier; notes et documents sur laChapitre 25 sur 38 · TRAVAIL A LA COUFFE · texte numérisé non relu

TRAVAIL A LA COUFFE

dépasse pas un relai, c'est-à-dire 30 ou 35 mètres au plus, et que le terrain est constitué de sable, gravier ou terre légère et qu'en outre les centres de gravité des hauteurs verticales des fouilles et des remblais ne donnent ensemble uiie côte telle que sa division par 8 no dépasse pas la distance horizontale ci-dessus énoncée de 36 mètres.

Les ouvriers qui sont affectés au travail du transport sont des jeunes gens dont Tâge ne dépasse guère 14 à 15 ans; lorsqu'ils travaillent à la tâche, ils se groupent généralement par brigades de 5 ou de 10 ouvriers au plus, dont 4 jeunes gens et un plus âgé qui les gouverne et commande.

Prenons, pour exemple, une équipe de 5 ouvriers : c'est généralement ainsi que les indigènes aiment à se grouper. Un est affecté aux soins et garde du gourbi, à quérir l'eau, les provisions et broussailles pour le combustible et enfin à préparer les aliments (les ouvriers libres en déplacement se nourrissent bien : chaque jour riz ou lentilles, et souvent de la viande et galette fraîche ; c'est d'ailleurs nécessaire pour un travail pénible et soutenu).

Sur les 4 qui restent un est affecté à piocher le déblai, à emplir les couffins et à prêter son aide pour charger les transporteurs, de telle sorte que, sur 5, 3 seulement transportent le déblai; c'est donc, par le fait, sur ces 3 ouvriers que repose le gain de l'équipe entière.

Nous avons vu que le prix de la journée d'un ouvrier manœuvre dans les campagnes était généralement de 1 franc actuellement, et que bien certainement il s'élèvera avant peu. 11 y aurait lieu de le prévoir àl fr. 50, si Ton veut attirer les bras sur les travaux ; cependant, vu l'âge des ouvriers affectés aux couffins, nous ne prendrons que celui del franc comme base de gain journalier sur les chantiers, la journée de 10 heures effectives et 26 jours de travail par mois.

m DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

L'expérience a démontré qu'il faut le contenu de 38 à 40 couffins poul* effectuer un mètre cube de déblais, y compris le foisonnement (à ce chiffre, le poids du chargement atteint environ 30 kilos); le parcours étant de 80 mètres environ, y compris aller et retour, Totivrier Teffectue généralement en 6 minutes, y compris le temps passé à la charge et à la décharge ainsi qu'au régalage des terres; chacun des trois transporteurs effectuera donc 2",50 environ par jour, et par mois (2»,60 x 26 =) 68»% soit pour les trois ensemble 198 mètres cubes.

Chacun d'eux devant gagner un franc par jour en moyenne, le gain total des cinq devra atteindre mensuellement 180 francs; par conséquent, le prix unitaire du

mètre cube ressortira au chiffre de ttt^, soit . • . 0^70

lyo

n y a lieu d'abriter les.ouvriers des intempéries, il est humain de leur remettre un couchouk en planches. Le prix de cet abri revient à 28 francs environ, il dure un an et son entretien est d'environ

2 francs par mois, soit 49 francs, et par mois j^. . . 018

Un couffin coûte environ fr. 60, il dure 10 jours; soit, au total, 9 couffins par mois, ou 0.027

Pelles, pioches, planches à farine, tôle. à galette et jarre pour l'eau 0.010

0^755 Frais généraux, campement, surveillance, service médical, religieux, accidents et risques 10 7o- 0*075

0^830 Bénéfices et intérêts d'avances, frais de change, etc., 10 p. 100 0.083

Prix de revient 0^9^3

TRAVAIL A LA BROUETTE. i3S

Travail à la brouette.

Lorsque la distance à parcourir pour le dépôt des déblais dépasse 30 mètres, il est préférable d^employer la brouette, et ce jusque et pour une distance de 3 relais, c'est-à-dire pour 90 ou 100 mètres obtenus avec les distances verti-* cales ramenées à Thorizontale par la formule usuelle.

Contrairement à ce qui se passe pour les brigades exécu* tant leur travail au couffin, la bonne marcbe du travail à la brouette exige que, les ouvriers se groupent par dix et qu'ils développent plus de force et d'adresse; dès lors, les ouvriers au-dessous de quinze ans doivent en être exclus.

La distribution du travail s'établit ainsi :

Un homme est affecté comme pour les équipes au couffin à la garde et à la préparation des aliments, etc. ;

Trois, à piocher dans la tranchée et à charger les brouettes ; ils forment trois charges distinctes à chacune desquelles sont affectés 2 rouleurs; par conséquent, sur 10 hommes, 6 seulement sont affectés au transport des déblais.

L'aptitude et la force qu'ils doivent montrer et déployer leur permettent de prétendre à un salaire plus élevé que celui des ouvriers travaillant au couffin, et la coutume leur alloue généralement 1 fr. 30 en moyenne par jour, c'est donc pour lés 10 ouvriers et pour les 30 jours du mois un gain de 390 francs qu'ils doivent réaliser.

L'expérience a démontré qu!il faut 16 brouettes pour exécuter un mètre cube (à ce chiffre le poids de la brouette dépassa 100 kilos).

Le parcours, aller et retour compris, étant en moyenne de 200 mètres, et l'ouvrier ayant l'obligation, pour assurer la bonne marche du travail, de régaler les terres à la décharge, ainsi que d'entretenir les chemins de roulage.

iU DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

met environ 9 à 10 minutes, y compris les arrêts pour accomplir un voyage.

Dans ces conditions, chaque rouleur exécute 4 mètres cubes, soit pour les six, 24 mètres par jour et, pour 26 jours effectifs, 624 mètres cubes par mois.

Le gain mensuel de Téquipe devant atteindre 390 francs,

le prix du mètre cube ressort à 0^.625

^ Frais d'abri double de celui du couffin . ... .036

400 mètres de madriers do roulage (durant un an) à ë francs le Aiètre linéaire, y compris cerclage et entretien, ci 2.000 fr.

12 brouettes dont 3 de rechange à 25 fr. Fune (durée 2 ans), ci. . . . 180 fr.

Entretien 2 francs par mois. . . 288 »

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