TRAVAIL EXÉCUTÉ A DOS D*AN1MAUX
mandée est observée et que Ton ménage dans le type des canaux une large banquette à une altitude telle que Iq déversement des déblais puisse s'effectuer directement par le couloir, et ensuite parce que les améliorations apportées aujourd'hui dans la confection des nouveaux typeii de dragues permettent d'obtenir un rendement bien supérieur à ce qu'il atteignait autrefois; en outre, pour l'Égyptç, le9 besoins permanents de ces engins permettront à l'entrepreneur de les céder aux gouvernement à la fin des travaux pour servir à l'entretien des canaux creusés.
Toutes ces considérations concourent à nous permettre de déclarer que, pour les déblais dragués par couloir qui Be nécessitent pas de reprises, ils pourront être effectués au prix uniforme de 1 fr. 40 le mètre cube, ci» . 1 fr. 4Q et que, pour les déblais nécessitant soit une reprise par machines élévatoires, soit par bateauxclapets, ils peuvent être estimés à 1 fr. 85
sauf, bien entendu, les cas spéciaux où les déblais seraient trop compacts et où les conditions d'exécution seraient exceptionnelles.
n résulte donc de ce que nous venons d'énumérer que, appliquant aux chiffres par nous trouvés des cubes à faire pour l'Ibraïmieh, la dépense à prévoir serait la suivante comme prix moyen :
7,288,832"^^ de dragages à 1 fr. 63. . 8.826.817 fr.
10,978,670"^ de déblais à sec à 4 fr. 14. 12.812.263 »
Ouvrages d'art, tels que : musoirs à .:
la prise d'eau, 3 déversoirs, portes d'é- , , j .. .^y
cluse, 3 siphons et 4 ou 8 prises d'eau .i i.: j
directes sur le parcours du canal, évalués environ à (selon l'éyaluation du mi- ^ . ;^ , nistère) 3.800.000 >);
C'est donc un total d'environ. . . . 24.838.780 fr.
m DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.
Il faut certainement prévoir le chiffre ci-dessus pouf achever cette œuvre, auquel chiffre il convient en outre d'ajouter celui du barrage à construire à Siout pour relever le plan d'eau de 3 mètres comme Ta prévu le ministère, si te mode est adopté ; sinon ce sera celui de la construction des installations de pompes, mais, dans Tune comme dans l'autre hypothèse, le chiffre ci-dessus ne variera certainement pas beaucoup.
Canal du Râla de Béhéra,
Ce canal a été conçu et exécuté dans le but principal d'alimenter la province de l'Ouest; il a sa prise d'eau en amont dn barrage de Saïdieh et se prolonge parallèlement au Nil jusqu'à la rencontre du canal du Katatbé auquel il apportait les eaux pendant l'étiage; il a environ 43 kilomètres de développement; il traverse vers le kilomètre 8 l'extrémité du dernier des bassins d'inondation de la haute Egypte.
' A (iet effet, un grand ouvrage écluse avait été projeté pour permettre le passage des eaux des bassins d'inonda* fion en travers du canal pour leur écoulement au Nil; mais cet ouvrage n'ayant pas été exécuté, il eii résultait l'obligation annuelle d'établir des barrages provisoires en pierre et en terre au travers du canal et d'ouvrir les deux berges en ce point pour laisser, pendant vingt jours environ> écouler entièrement l'eau des susdits bassins d'inondation.
Cette disposition vicieuse entraînait d'énormes frais qui se renouvelaient forcément chaque année ; de nombreux apports en résultaient-: aufisi le plafond déjà trop élevé puisqu'il n'avait jamais été descendu à la cote du projet ne laissait plus passer l'eau, et comme la plus grande
CANAL DU RAlA DE BÉHÉRA. ^141
partie du bief vers Faltitude du plafond e&t composée en grande partie d'argile et sable un peu fluide; il en réi^tiltait: que ce qui eût été facile à faire au moyen des dragués offrait de grandes difficultés pour curer annuellemeiit ce canal par la corvée.
Le gouvernement avait donc, depuis longtemps, le désir d'achever ce grand canal qui, une fois fini, n*eùt demandé que 1res peu d'entretien et eût rendu à la province de TOuest un service immense; mais Tétat des finances n'ayant paa permis dé le faire et ensuite l'idée d'élever l'èau paf les pompes ayant prévalu, l'administration se décida en 1881 y pour parer aux difficultés de curages du raïa de Béhéra, à alimenter désormais le Katatbé au moyen de pompes à vapeur par l'établissement hydraulique de Katatbé que chacun connaît et dont l'exécution fut confiée aux soins diligents de M. Âeston qui n'a malheureusement pas réussi la première année ; mais aujourd'hui, grâce à des perfectionnements, l'établissement donne un continfi^ni d'eau non pas égal à celui qui serait fourni au Katatbé par le canal du raïa, mais au moins unef quantité, probablement suffisante aux besoins de la province.
C'est parce que nous avons été chargé en janvier 187|S. de faire les études d'achèvement du canal du raïa de Béhéra que nous venons do faire la déclaration ci-dessus :. que le canal achevé donnerait une jJus grande abondance d'eau que par les pompes, et nous ajouterons même que. l'altitude du plan d'eau fourni par le canal serait supérieure à celle qui est obtenue avec difficulté par les pompes,, comme noua le verrons plus loin.
Nous pensons qu'il ne sera pas sans intérêt d'exposer ici le résultat de notre étude, de façon à faire connaître . les^ travaux qui seraient à faire en vue de l'achèvement complet de ce canal, ainsi que le chifi're approximatif des dépenses pour les comparer avec celles gue nécessitent les pompei^
qui doivent élever théoriquement 3,500,000'^' par 24 heures à S'^fKO de hauteur contre une quantité beaucoup plus forte élevée à une cote beaucoup plus haute que lui fournirait le canal avec la situation telle qu'elle est actuellement au barrage et sans y comprendre l'augmentation que nous avons projetée d'une retenue de 3 mètres au lieu de 2 mètres.
Le débit du canal du raïa de Béhéra, s'il était achevé avec le plafond actuel de 20 mètres selon qu'il est indiqué au profil-typé du dessin ci-dessus, donnerait un cube de S,486,646"S400 par 24 heures, d'après la formule
RI = 0.0000.444 V x 0.000309 V
En outre, si, comme on l'avait projeté, on donnait au canal un plafond de 30 mètres, le débit atteindrait 4,828,872"' par 24 heures.
On voit donc que l'on aurait sur l'alimentation actuelle par les pompes une augmentation, dans le premier cas, de 1,000,000 de mètres cubes et, dans le second, avec plafond de 30 mètres, une augmentation qui dépasserait 2,000,000, soit le double de celle fournie par les pompes, et, nous devons le répéter, cette quantité serait fournie par le canal à une altitude supérieure à celle que l'on peut obtenir par les pompes, ainsi que nous allons le démontrer.
Nous devons faire ici une observation relativement au nivellement général de l'Egypte, afin de démontrer à nouveau combien il serait utile pour le pays de posséder partout^des points de repères, dont les cotes seraient toutes établies en fonction d^unplande comparaison unique comme, par exemple, celui qui a été adopté par la Compagnie du canal de Suez.
Aussitôt que nous fûmes chargé de faire l'étude pour l'achèvement du canal du raïa de Béhéra, nous nous sommes d'abord attaché à bien déterminer les altitudes du plan d'eau
CANAL DU RAlA DE BÉHÉRA.
du fleuve et à les rapporter au plan de comparaison en usage dans l'isthme de Suez, lequel plan a été déterminé parBourdaloue en prenant pour base, ou zéro, une ligne fictive passant à 30 mètres au-dessous du couronnement du quai de Suez (au-devant de l'hôtel péninsulaire anglais). C'est en vertu de cette ligne fictive que, après diverses expériences sur la fluctuation do la mer, on a adopté que la cote moyenne correspondrait à 18.20 (aujourd'hui 18.30).
— lijn e fi ctive— on !të n)~
L'étude et l'exécution des prises d'eau du grand canal Ismaïlieh, de Kasr-el-Nil et de Choubrah au Caire, ont été effectuées en fonction du nivellement de Tisthme de Suez ; nous en connaissions les ordonnées,et c'est en vertu de ces repères que nous avons effectué nos nivellements.
D'après les renseignements que nous avons puisés auprès de Son Excellence Salama-Pacha, il résultait que le plan de comparaison qui a servi à l'exécution du barrage de Saïdieh a été établi au moyen d'une ligne fictive prise sur les fortifications. On a nommé cote 20 le point situé à 8 mètres au-dessus de cette ligne, et c'est en vertu de ce plan de comparaison que le radier du barrage a été arrasé à la cote 40.80.
Nous avons donc procédé au nivellement du Caire au barrage et l'opération, plusieurs fois répétée, nous a démontré que le zéro du nivellement du barrage correspondait à la
iM PES IRRIGATIONS EN EGYPTE.
cote 18.96 du repère de Tisthme de Suez, c'est-à-dire à 3.24 au-dessous du niveau moyen de la mer. Cette différence si petite entre le zéro du plan de comparaison du barrage et le niveau moyen de la mer permettrait presque de supposer qu'en Fadoptant on avait cru probablement prendre par déduction le niveau de la mer; on voit donc bien mieux encore quel intérêt il y a pour un pays à faire un nivellement général et à rapporter les cotes à un même plan de comparaison.
Dans une grande partie de TËurope, on a adopté le niveau de la mer comme base zéro ; mais en Egypte, où il existe quelques points du sol qui sont au-dessous de ce niveau, il y avait obligation à prendre un plan de comparaison plus bas.
Nous avons en outre, en y employant deux opérateurs différents, fait procéder, les mêmes jours et aux mêmes heures (en janvier 1876), à plusieurs vérifications des hauteurs respectives du Nil, à Kasr-el-Nil au Caire ainsi qu'au barrage de Saïdieh, et nous avons déduit des cotes ainsi obtenues que la cote moyenne du Caire à Kasr-el- Nil) était de 32.92 et celle du barrage (tout ouvert à cette époque), 1^.44. Nous venons de voir que la différence entre les deux plans de comparaison était de 15.96; dès lors, si nous ajoutons cette différence à la cote 15.44 trouvée, nous obtenons 15.44 -hl5. 96 = 31.40 pour la cote d'eau du Nil au barrage pour la concordance des deux cotes rapportées au même plan* de comparaison.
Nous avons tenu, en outre, à vérifier à nouveau l'exactitude du nivellement par la comparaison des cotes ainsi obtenues. Nous avons donc retranché d'abord 31.40 de 32.92, ce qui nous a donné 1 .52 de différence ; or, la distance du Caire au barrage étant d'environ 18 kilomètres, il eu^ résulte que la pente moyenne par kilomètre serait d'environ 0'",084 qui est réellement celle attribuée généralement au Nil à cette époque de l'année.
»ES IRRIOATIONS
Vbie ferrée •-
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Plan- 5
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CANAL DU RAIA DE BÉHÉRA. <4S
En outre nous savons que de ce point à Rosette ou Damiette, le Nil a environ 1 65 à 1 70 kilomètres de parcours ; or, si nous multiplions 165 kilomètres parla pente O'^fOS, nous trouvons 13.20 à 13.60 qui, retranchés de*31. 40, reproduisent la cote 18.20 enyiron, qui est bien celle adoptée pour le niveau moyen de la mer. On peut donc avec raison conclure que notre nivellement est bon et que les cotes des ouvrages maçonnés du barrage ainsi que du canal du raïa, rapportées au plan de comparaison de Tisthme de Suez, doivent être adoptées comme bien fondées.
En conséquence, la cote du radier du barrage deviendra alors, au lieu de 10.50, celle de 26.46, et le radier de Técluse de prise d'eau du raïade Béhéra, au lieu de 11.25^ devient 27.21.
Ce point délicat étant établi, nous avons procédé au nivellement du canal du raïa de Béhéra depuis sa prise d'eau au barrage de Saïdieh jusqu'à son embouchure, c'està-dire jusqu'à sa jonction avec le canal du Katatbé qu'il alimentait aux basses eaux.
Gomme nous le voyons par le profil en long (pL 15), le plafond du canal du Katatbé, à sa prise d'eau au Nil, s'était à cette époque (en 1876) relevé au-dessus de la cote des basses eaux du fleuve, immédiatement au droit de cette prise d'eau, ce qui empêchait les eaux du Nil d'y entrer ; c'est alors que le canal du raïa servait d'auxiliaire pour l'alimentation en apportant les eaux depuis l'amont du barrage où s'effectuait annuellement une retenue allant jusqu'à 2 mètres de hauteur.
La berge gauche du canal du raïa ayant été utilisée pour y placer la voie ferrée qui relie la haute Egypte jusqu'à Siout aux réseaux des chemins de fer de TEtat, nous avons mis, comme pour l'Ibraïmieh, cette disposition à profit afin de hâter nos opérations ; car, avec la voie ferrée ainsi placée nous avions immédiatement une parallèle à l'axe du canal
que nous avons utilisée comme axe fictif de ^e dernier.
Nous l'avons donc chaînée et piquetée exactement et nivelée ensuite sur tout son parcours; c'est ainsi que nous avons été amené à figurer le tracé de la voie ferrée pour cette partie du chemin de fer de la h^ute Egypte et à indiquer forcément les raccordements des points nivelés qui étaient pour nous les sommets des cavaliers du canal. Les nombreuses fluctuations qu'attestent entre eux les points relevés indiquent qu'à cette époque la voie ferrée, qui avait été probablement posée à la hâte, avait besoin de quelques rectifications dans les altitudes, ainsi d'ailleurs que nous l'avons constaté et que le figure cette partie de la voie ferrée pour la haute Egypte sur ;le profil en long du canal Ibraïmieh.
Quant à l'altitude respective des plans d'eau, nous allons démontrer maintenant que, par le canal du raïa, le plan d'eau peut arriver au Katatbé à l'^ySO environ plus haut que ne le donnent aujourd'hui les pompes.
Nous avons trouvé entre le barrage et le Katatbé, 3",88 de dénivellation entre l'altitude du fleuve au barrage et son altitude au droit du Katatbé, ce qui, pour 42 kilomètres de développement, représente environ 0*^,09 par kilomètre, correspondant assez exactement avec celle déjà trpuvée de 0",084 (la différence s'explique par les courbes et les largeurs différentes du fleuve).
Nous avions, le jour de l'opération, l'eau du Nil au barrage à 31.00
Au droit du Katat-bey 27.18
Ce qui donne une différence de 3.88
Or, comme la pente projetée pour le plafond du canal du raïa est de 0",08 par kilomètre, il en résulte que l'on aurait gagné à l'intersection du raïa avec le Katatbé une différence de 0"',084 à 0",05, soit l'",42 ; mais cette différence