‹ L'Égypte, son avenir agricole et financier; notes et documents sur laChapitre 32 sur 38 · o^ LacJimsah et Canal d e Suez · texte numérisé non relu

o^ LacJimsah et Canal d e Suez

Profil

5 la traversée du nnarais d'Abasceh.

BAUDRY a CM

âiLÛÛ^ ^..^.ML^

Echelle de O^OOi

AUTO In A. BR0I8B A GouRniR. 43. me de Dankenfue, Paris.

GANAl, ISMAILIËH. 157

Le profil en long montre que le canal Ismaïlieh a un développement total, du Nil à Ismaîlia, dé 135 kilomètre^ environ ; qu'il est sur cette longueur divisé par cinq biefs de longueurs et de pentes variables, mais constantes pour chacun d'eux. Nous ne rechercherons pas les causes qui ont motivé cette disposition, nous nous bornerons seulement à constater que, dans chaque bief, il y a régularité et symétrie de pente et de talus aux berges et qu'il nous a été dès lors possible d'évaluer approximativement le débit, en tenant compte bien entendu des pertes de toutes sortes, comme infiltrations, évaporalions, batillage, etc., causées par le remous des bateaux, afin de déterminer le plus exactement possible les volumes d'eau restant disponible^.

Débit du premier bief.

Nous prendrons comme base de nos calculs la hauteur d'eau moyenne des basses eaux, soit celles qui donnent 2 mètres dans la cuvette du canal.

D'après la formule de Prony, les calculs nous donnent les débits suivants :

1" Pendant la période des basses eaux :

Débit par seconde ^l"'^666

Débit par 24 heures. ..... 4.007.942"»

2" Pendant la période des hautes eaux : -^— — ^ Débit par seconde. ..... 34»S874

Débit par 24 heures 3.013.114°*^

Mais il faut considérer que la période des basses eaux ne dure guère que deux à trois mois et celle des" hautes eaux deux mois environ, et qu'il reste, par conséquent,sept à huit mois qui comprennent un débit moyen entre les deux chiffres énoncés ci-dessus ; il y a lieu de le déterminer auchifiFrede 2.000.000'»'*

i58 DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

loL détermination de ce chiffre a une grande importance au point de vue de la rotation des cultures qui devront recevoir Teau d'arrosage soit par inondation, soit par irrigation, ainsi qu'on va le voir par ce qui suit et dont la majeure partie a été puisée par nous auprès de M. Ventrebey le savant ingénieur du gouvernement de Son Altesse.

Évaluation des quantités d'eau nécessaires aux arrosages.

l** Arrosages par irrigations, — D'après Mahmoud-Pachael-Falachi, qui a vérifié plusieurs fois ces résultats :

Un mètre cube débité par seconde par un canal peut arroser :

4,000 feddans dans la basse Egypte^ 3,000 feddans dans la haute Egypte.

Ce qui exige par jour:

Idans la basse Egypte ^^'*"^ = 21°^% 600 86*400 dans la haute Égypte^|^=28"^»,800

Les expériences que Rousseau-Pacha a faites pour la canne à sucre lui ont donné 33"' par feddan et par jour.

D'autres expériences faites dans la basse Egypte ont donné :

20"' par feddan comme moyenne journalière,

24"' — pour les rizières,

16"»» — pour cultures diverses exigeant moins

id'eau.

GAiNAL ISMAÏUEH. i5»

T Arrosage par mandations. — Les résultats obtenus s'accordent à reconnaître qu'il faut répandre une couche d'eau d'un mètre de hauteur en moyenne pour un bon arrosage pendant la période de deux mois que dure l'inondation.

Comparaison des résultats précédents aux pratiques du Midi de l'Europe. — L'évaluation du volume de 20"' par jour et par feddan que doit théoriquement débiter un canal dans la basse Egypte conduit, par hectare et par seconde, à la proportion suivante :

*«xi,ooo ^„^^

soit0''S8B X 86.400=47"* ,52 par 24 heures et par hectare, ou, en total,47.82 x 180 = 8,883"»',600 par hectare et par 6 mois, durée ordinaire de la saison d'arrosage pendant l'été dans le Midi de l'Europe.

Supposons 1/â absorbé par évaporation et infiltration (nous entrerons plus loin dans quelques détails relatifs à à ces chiffres), il reste un volume d'eau disponible de 2/3 X 8,853"%600 = 8702"\400 qui représente une couche d'eau de 0"^,S7 sur toute la surface à arroser. Supposons aussi que, pour répandre cette eau, on procède par rotation de 18 jours; on a, pour arrosage complet deThectare^^rà

donner un volume d'eau de — ' .^' == 870^^24 ; il y aura

10 arrosages pendant les six mois ou 180 jours.

Pendant cette période de 18 jours, on aura arrosé tout l'hectare, et Ton aura bien répandu sur le sol une couche

570"*' 24 d'eau de . ^'^ =0"*',57 de hauteur uniforme et réellement utile, puisque nous avons traité largement la question des pertes.

Il est dès lors facile de faire uue comparaison avec les usages des contrées du Midi de l'Europe oh la sécheresse règne le plus.

Nous prendrons comme premier exemple le Roussillon, où Ton a conservé l'usage d'arroser par submersion sur des superficies presque planes encaissées entre dés bouri*clets de terre, système analogue à celui pratiqué en Egypte; et, bien que l'on opère sur un terrain d'alluvion à sous-sol de gravier et par conséquent assez perméable, les quantités d'eau d'arrosage atteignent rarement 320"^ par arrosage, et l'on fait dix arrosages en moyenne dans l'année ce qui vérifie les résultats précédemment décrits.

Comme deuxième exemple dans le département des Pyrénées-Orientales, aussi bien qu'en Espagne, on admet que les arrosages ne consoinment que 0"*-,30 d'eau par seconde et par hectare, ce qui vérifie le tiers du débit à distribuer que nous avons adopté comme perdu; car, dans cette hypothèse, onaO"' ,30=2/3 x, d'oùa:= 0"*',48, résultat qui est en proportion avec le point de départ 0"^,85 que âous avons adopté pour les cultures égyptiennes. ' M. Nadault de Buffon donne dans ses ouvrages les résultats ci-après sur les contrées ci-dessus indiquées pour Teau consommée par hectare.

Pour les prés de 0''^,2S à 0"*',50 d'eau continue donnant par saison des hauteurs totales de 0,40 à 0,78 à partager entre 10 ou 12 arrosages, ce qui ferait de 0,04 à 0,07 de hauteur chacun, chiffre à peu près égal à celui d'Egypte ; mais ici il s'agit uniquement de prairies, tandis que pour les céréales, maïs, etc., M. Nadault de Buffon compte moitié moins; dès lors, les conclusions que nous pouvons tirer des explications qui précèdent, c'est que, pour l'Egypte et la partie du Delta en particulier, l'évaluation de 20"' d'eau par jour et par feddan de toutes cultures est suffisante ; que Ton peut admettre cette base pour le calcul des débits à

CANAL ISMAILIEH. i6i

fournir par tout canal d^rrigation et qu'il n\>st pas nécessaire de l'élever au-dessus de ce coefficient, même pour les pertes dues à diverses causes que nous allons énumérer et déterminer. Quoiqu'elles soient relativement considérables ainsi que nous Tavons indiqué plus haut, où nous avons compté 1/3 pour faire largement la part de ce chef, elles n'atteignent réellement en pratique que le 1/10* et encore n'est-ce que pendant quelques mois de Tannée ; mais malheureusement ces quelques mois se rencontrent pendant la période des basses eaux.

On admet généralement dans les études en France pour Teau perdue par jour 0",012 de hauteur, soit 0",004 par évaporation et 0"',008 par infiltration.

D'après les expériences faites sur le canal de Bourgogne, l'évaporation n'a été en moyenne que de O^'jOOlS par jour. Nous compterons le double ici, soit 0"',024, ce qui donne pour les basses eaux de l'Ismsulieh, dont nous nous occupons, une perte de savoir :

Longueur totale du canal 138 kilomètres, largeur moyenne 28 mètres.

138,000 X 28 X 0,024 = 81,000'"' par jour, perte à laquelle il faudrait ajouter la consommation due au passage des bateaux ; mais malheureusement ce passage est jusqu'à présent resté insignifiant, à cause des prix élevés du tarif et des restrictions imposées à la navigation, lorsqu'au contraire ce canal devrait avoir un trafic considérable; aussi n'y a-t-il pas lieu de tenir compte de la perte d'eau qui en résulte aujourd'hui; cette perte d'eau ne pourrait d'ailleurs être bien appréciable, même dans le cas d'une active circulation.

Nous prendrons pour base les expériences faites par M. Graëff, sur le canal de la Marne au' Rhin, qui déclare que, sans cause d'erreur possible, on peut admettre sur un canal en grande activité 0",20 par mètre courant de

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canal et par jour; nous aurions donc pour rismsulich 138,000 X -0,20 = un cube de 27,000 mètres.

L'ensemble de ces pertes, qui représente les chiffres les plus élevés, nous donnerait donc (81,000-1-27,000) un cube total de 108,000"^ par jour.

Le débit normal à Tétiage du canal Ismaïlieh étant de 1,008,000 mètres, ainsi que nous l'avons démontré, les pertes maximum représentent donc seulement environ 1/10® du débit, tandis que nous avons compté 1/3 pour les pertes de toutes sortes.

Afin d'arriver à une évaluation rationnelle des surfaces qui pourraient être arrosées, il y a lieu de se reporter à l'obligation de la rotation des diff^érentes cultures du pays. Le tableau suivant en donne le détail :

DOURA d'Été.

MAÏS d'été.

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