‹ L'élagage des arbres;Chapitre 27 sur 41 · DES CONIFÈRES · texte numérisé non relu

DES CONIFÈRES

Une variété, le peuplier d'Italie, est peut-être le seul arbre qui demande à être conduit suivant l’ancienne méthode dite élagage ou botiage en tête, laquelle consiste à supprimer, périodiquement et à des époques rapprochées, toutes les branches à l’exception d’un bouquet réservé au sommet. Le tronc de l'arbre ainsi traité prend une forme à peu près cylindrique et se prolonge beaucoup plus que si les branches de la moitié supérieure étaient respectées. En effet , toutes les branches de ce peuplier prennent une direction verticale, deviennent par conséquent! presque aussi grosses que le tronc et lur enlèvent sa valeur à partir de ces divisions; ainsi, un peuplier d'Italie haut de 20 mètres n'aurait qu'un tronc de 10 à 12 mètres s’il était élagué d’après les indications précédemment formulées, tandis qu'élagué en tête. il conserve, jusqu'à 15 mètres et au delà, un diamètre qui le rend propre à l’industrie.

En revanche, cette variété n’acquiert tout son aspect majestueux qu'à la condition de ne pas être élaguée ou du moins d’être abandonnée à elle-même, avant qu’elle soit arrivée au terme de sa croissance,

Des arbres résineux ou coniferes.

Ces arbres, qui croissent habituellement en massifs, composent de très-belles forêts de pins ou de sapins et

sont une des ressources les plus précieuses pour les reboisements, tant à cause de leur facilité à se pro-

duire par la voie des semis faits sur place, que par leur action sur le sol, qu'ils préparent à recevoir les essences dures et le chène en particulier. Des deux opérations auxquelles se résume l'élagage, la coupe rez-tronc et le raccourcissement des branches, la deuxième n’est généralement pas nécessaire sur les sapins, dont la forme naturelle est élancée et prranidale. £

Il suffit donc, “dans la majorité des cas, pour ces espèces, de supprimer, quand on le peut, les branches mortes où mourantes.

Il n’en est pas de même des pins, qui, lorsqu'ils ne sont pas serrés les uns contre les autres, développent souvent des branches énormes au détrimen: de la longueur et de la beauté de leur tronc, seule partie ayant une valeur sérieuse. Pour ceux-ci, le raccourcissement des branches s'opère absolument comme nous l'avons indiqué pour les essences feuillues, c'est-à-dire vers le tiers ou la moitié de la longueur, mais toujours au delà des branches secondaires: cette seconde condition est encore bien plus rigoureuse que pour les arbres à feuilles caduques; car un tronçon, dépourvu de branches ou de rameaux d'appel, serait mfaulliblement condamné à périr.

Par ces procédés, on ramène l'arbre à la forme qu'il aurait dû avoir dans les circonstances normales ;

DES CONIFÈRES. 119 le tronc s’allonge, grossit d'une facon régulière et acquiert un prix élevé. Tout le monde connait l'importance des bois résineux pour les constructions civiles, navales, et pour les mâts en particulier.

À mesure que l'arbre avance en âge, les branches basses meurent et se dessèchent, la résine qui les imprègne les empêche de pourrir, mais la partie morte, se trouvant enveloppée dans le nouveau bois, forme des nœuds qui interrompent les fibres longitudinales , et par là même nuisent à la végétation de l'arbre, à sa solidité comme charpente, et produisent des trous dans les planches ou madriers qu’on en tre lors de la mise en œuvre.

Ces défauts sont faciles à éviter par la coupe reztronc des branches mortes ou mourantes; lapplication d’une couche de coaltar a l’avantage d'empêcher écoulement de la résine, ou du moins de le diminuer considérablement.

Le chicotage, tout en avant là moins d’inconvéments que sur les arbres à feuilles caduques, n’en est pas moins une mauvaise opération, car 1} faut toujours finir par abattre les chicots après un petit nombre d'années; quelques personnes ont adopté ce mode pour éviter la déperdition de la séve. Dans tous les cas, la coupe rez-tronc doit avoir lieu dès l’année suivante, ce qui augmente considérablement

la main-d'œuvre et ne doit, par conséquent, jamais s’apphquer aux bois d’une certaine étendue.

Lorsqu'on néglige d'enlever ces chicois dépourvus de vie, 1l se forme à leur base des bourreleis de nouveau bois (fig. 63), qui ont l'inconvénient de rendre le tronc noueux, et si on veut les supprimer après quelques années, d’occasionner des plaies d’un diamètre double ou triple de ce qu’elles auraient dû être si la coupe rez-tronc eût été pratiquée tout d’abord.

L'usage d’élaguer les pins

Fig. 63. — Branches de pin :

taillées à chicot. est fort répandu en France,

mais on l’exagère généralement en ne laissant qu'un nombre insuffisant de couronnes , ce qui nuit à leur développement en grosseur. Tant que les branches sont bien portantes, l’élagage ne doit les remonter que jusqu’à la moitié ou tout au plus jusqu'aux deux tiers de leur hauteur on se souviendra des recommandations de prudence faites précédemment, c’est-à-dire que les arbres Jeunes ont besoin de conserver une proportion de branches plus considérable que ceux qui sont plus

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