PLANTATIONS DE PARIS
de pratiquer les raccourcissements de branches au moment de la floraison. De la sorte, on obtient la fleur sans nuire aux arbres.
Plantations de la ville de Paris, — Avant de terminer, je me permettrai une observation sur l’élagage des plantations de la ville de Paris. Cet élaœage, très-habilement exécuté et qui repose évidemment sur des principes généraux identiques à ceux exposés dans cet opuscule, laisse généralement à désirer en ce sens que les couronnes inférieures ne sont pas suffisamment raccourcies. Aucun arbre destiné à grandir ne doit être taillé en boule ou même en pyramide, car, dans ce cas, les branches basses ne peuvent manquer de prendre un accroissement excessif, toujours au détriment de la flèche; en outre du tort qu’elles causent à cette dernière par l’absorption de la séve qu’elles lui enlèvent, l'ombre qu’elles projettent empêche le développement des ramifications supérieures; les premières grossissent d’une facon démesurée, ce qui occasionne, lors de leur suppression, des plaies relativement énormes. Qu'on ne l’oublie pas, c’est le contraire qui doit se passer, c'est-à-dire que ce sont les couronnes élevées qui doivent ombrager les branches basses. Ces inconvénients seraient évités par une taille plus courte des membres inférieurs, ce qui ramènerait la forme de la tête à cet ovoïde que j'ai tant recommandé; les
branches convenablement étagées s’épanouiraient alors en ramifications horizontales au profit de l’arbre tout entier.
On prétexte le besoin d’obtenir plus promptement de l’ombrage; cette raison ne peut être donnée sérieusement : qu'importe, en effet, que l'ombre soit produite par la troisième couronne au lieu de l’être par la première ? La surface abritée n’y perd rien.
Malgré ces quelques critiques de détail, la justice me fait un devoir de proclamer les immenses progrès qu'une direction habile a déjà amenés dans l’aspect des plantations de la ville de Paris: ces améliorations sont un puissant argument en faveur du système que je préconise. Si l’on considère les arbres anciens et les plantations plus récentes, — je parle de ce qui a été fait dans notre siècle, car autrefois on travaillait fort bien, — il est intéressant de voir les uns aban- .donnés et déjà décrépits, les autres, objets d’élagages encore timides et incertains, les derniers enfin, paraitement conduits, sauf l'observation ci-dessus ; on pourra facilement se rendre compte des avantages d’une taille rationnelle et prudente, et on restera convaincu que, malgré l'apparence uniforme que l’élagage leur donne au début, chaque arbre reprend bientôt l’aspect, le portet la physionomie qui lui sont propres.
À Paris, rienn'estplusfacile que d’obvier aux défauts que je signale ; mais il est important pour les per-