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Fig. 10. — Branche coupée à chicot. 5e année.
chêne, le plus précieux de
En peu d'années le
. chicot pourrit (fig. 11)
et la carie pénètre Jusqu'au cœur.
La figure 12 montre les funestes effets de cette déplorable méthode. Cette vue, on le comprend facilement , devrait avoir pour résultat de dégoüter à jamais d'un tel élagage ceux qui l’ont eue sous les veux, et pourtant ce mode vicieux à encore de chaleureux défenseurs. |
La présente imstruction a principalement en vue les arbres forestiers à feuilles caduques et en particulier le tous et celui à l'égard
duquel existent, relativement à l’élagage, les préjugés les plus défavorables et les plus enracmés
Nous nous occuperons plus spécialement des futaies
d’ailleurs nos principes sont applicables sans exception à toute espèce de bois et à tous les aménagements. — Îls inté-
ressent non - seulement
les grands propriétaires, mais aussi les plus petits particuliers ; car dans une bonne partie de la France, on trouve des arbres disséminés dans les haies, sur les fossés, dans les prairies ou sur le bord des chemins , efc.
Si donc chacun voulait
se persuader quil y a
pour lui un avantage réel à soigner ses arbres,
1Dans la région ouest de la France, et même en Normandie, on donne le nom de fossés à des talus fort
sur taillis, cet aménagement étant le plus ripandu ;
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Fis, 11. — Branche coupée à chicot.
E 19e année.
Fig. 12. — Branche coupée à chicot.
Chêne carié jusqu’au cœur.
élevés et épais souvent de plusieurs mètres; ces talus, for-
més avec les terres extraites sont ordinairement plantés.
de tranchées appelées doures,
nous verrions bientôt une notable augmentation du produit du sol. Tel chêne rabougri et abandonné, bon à faire quelques misérables bûches, pourrait en un petit nombre d'années se transformer, et acquérir par la suite une grande valeur. Ajoutons que l’isolement des arbres contribue à leur donner une quelité supérieure, et que l’élagage, d'autant plus facile à leur appliquer qu'ils sont accessibles en tout temps, peut souvent leur faire attemdre les dimensions requises pour les pièces les plus recherchées, celles de marme en particulier.
Sans doute, tous ceux qui auront exécuté ces améliorations ne profiteront pas des résultats, mais nous pouvons leur prédire qu'ils en auront Joui par avance, c’est la plus vraie et la plus noble de toutes les satisfactions que de travailler pour ses enfants. Supposons qu'aux alentours de la plus modeste demeure se trouvent un petit nombre d'arbres bien traités, 1ls constitueront un vrai trésor, la plus sûre de toutes les épargnes, dont la valeur augmentera de jour en jour; et le père de famille pourra fermer les yeux avec la consolation de penser que sa prévoyance a laissé à ses fils le capital nécessaire pour satisfaire aux lourdes exigences du fisc et leur conserver imfacte la chaumière qui les vit naître, le patrimoine accru par ses labeurs.
Loin de moi la pensée de supprimer les tèfards,
ces tailhis de la petite propriété, qui fournissent, à des périodes rapprochées, les fagots et menus bois nécessaires aux usages domestiques et même, au moyen de leurs feuilles, une précieuse ressource pour l'alimentation des bestiaux pendant l’hiver; mais Je désire voir auprès d'eux quelques beaux arbres acquérir une grande valeur. L'élévation de leur tige, la régularité de leur tête cesseront, en partie du moins, d’en faire des voisins dangereux pour les récoltes. |
Utilité de la eonservation des futaies,.
— Outre l'avantage que chaque arbre tire de l’application de la méthode que je préconise, 1l est bon de remarquer qu’elle donne la possibilité d’augmenter, de doubler quelquefois le nombre des réserves dans les bois, et cela sans préjudice pour les taillis.
Aujourd'hui on défriche beaucoup de forêts; à part le besoin de jouissances immédiates, qui est un des caractères de notre époque inquiète et incertaine du lendemain , il faut bien reconnaitre, en première ligne des causes de cette destruction, l'effet déjà sisnalé du morcellement indéfini de la propriété.
Dans les bois qui échappent au défrichement, on détruit souvent la futaie sous prétexte d'augmenter le produit par de nouveaux aménagements. Qu'on ne s’y trompe pas, ceux qui agissent ainsi dévorent par avance le patrimoine de leurs enfants, tandis
qu’il est certain que, par suite de la rareté des bois et de la multiplicité des besoins, les belles pièces augmenteront toujours de valeur, et dans une 1immense proportion. |
Si donc l’on peut avancer que dans l’état actuel, plus du dixième de la futaie est perdu par suite du manque de soins ou d'opérations mal pratiquées, qu'on peut presque doubler le nombre des sujets réservés, et que de plus on peut tripler, je devrais dire décupler, la valeur des arbres poussant sur les haies et fossés, dans les prairies et le long des routes : on peut facilement en conclure que l’entretien de belles réserves est un des premiers devoirs de la gestion du père de famille et constituera à la fois une bonne spéculation en même temps qu'un service rendu au pays.
Tous les auteurs s'accordent au sujet de l’importance des arbres et de l'influence capitale qu'ils exercent sur le climat, le régime des eaux, la fertilité du sol; indispensables au point de vue économique, ils ne le sont pas moins sous le rapport de la santé de l’homme : ils assainissent l'air que nous respirons en absorbant les gaz devenus impropres à notre existence et les transformant à notre profit; il y va de notre intérêt de conserver les bois et de les multiplier autour de nous.
L’élagage peut-il amener les résultats que je lui
attribue? On en aura la preuve par ce seul fait que
les arbres traités par le système éminemment ra-
tionnel que je propose, poussent plus vigoureusement, qu'ils conservent leur végétation plus longtemps que ceux du voisinage croissant dans des conditions identiques, et qu'ils sont encore verts quand les premiers froids de l'automne ont Jauni ou dépouillé le feuillage des bois environnants.
Aux personnes disposées à penser que je m'abuse, je n'aurai qu'une réponse à faire, je leur répéterai avec M. de Courval : Voyez par vous-même ou en-
voyez vos hommes d’affaires; la question est grave
et en vaut la peine‘. Mais si tout le monde ne peut pas se déplacer, on peut du moins essayer. C’est le conseil que je donne aux habitants des campagnes : aussi je me hâte d'arriver à l’exposé théorique et pratique du système.
1Qu'on visite Pinon, par Anizy-le-Château (Aiïsne), résidence de M. de Courval, et plusieurs autres forêts du même département.
Quoique offrant des travaux moins anciens, les propriétés suivantes présentent néanmoins des résultats très - concluants : | |
Sourches, près Conlie (Sarthe), ligne de Brest; Sully-en- Bourgogne, par Epinac (Saône-et-Loire); Colembert, près Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais); Rozet-Saint-Albin, par Neuilly-Saint-Front (Aisne). Les régisseurs de ces propriétés sont prêts à donner tous les renseignements utiles,
comme aussi à recevoir les ouvriers qui seraient envoyés
pour étudier le système.