INTRODUCTION
La thérapeutique est ondoyante et fugace; en cela comme en tout, il y a la mode et on peut dire qu'il est bien peu de médicaments qui résistent à l'épreuve du temps: « Prenez-en tant qu'il fait du bien», disait un vieux maître sceptique.
Cependant il est juste de reconnaître que quelques piliers solides soutiennent la clef de voûte de notre thérapeutique moderne à laquelle le temps n'apporte que renforts et consolidation.
Eneffet, des remèdes, fort peu-nombreux, il est: vrai, agissent directement contre les maladies ou contre leurs causes; tels sont le mercure dans la syphilis, la quinine dans la fièvre paludéenne, le salicylate de soude dans le rhumatisme articulaire aigu, le sérum antidiphtérique.
L’électrargol mérite-t-il de venir augmenter brillamment cette série? L'étude, que nous allons faire de ce nouveau médicament qui n’est guère sorti que l’an dernier du domaine du laboratoire pour entrer dans celui de la thérapeutique, nous permettra de répondre à cette question.
Définition. — Les colloïdes et les métaux colloïdaux.
L'électrargol est de l'argent colloïdal électrique, stabilisé et igotonique,
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Aussi allons-nous donner d’abord quelques notions théoriques fondamentales sur les colloïdes.
Les colloïdes jouent un rôle important dans les phénomènes biologiques; l’animal tout entier est constitué par des colloïdes, et les réactions des différents corps sur les colloïides permettent de comprendre les réactions qui se passent chez l’être vivant.
L'organisme humain est rempli de colloïdes: les humeurs internes, les membranes, les enveloppes cellulaires, les sécrétions sont des colloïdes.
L'étude sérieuse des colloïdes n'a guère été commencée que par Crédé en Allemagne, par Netter et toute une série d'auteurs en France: Albert Robin, Bardet, Charrin, Achard. Weill, Iscovesco; en Italie, par Ascoli et Izar.
Victor Henri et André Mayer ont exposé dans la « Revue générale des Sciences » (1904), l’état actuel de nos connaissances sur les colloïides; ces auteurs ont montré que tous les phénomènes physiologiques de la nutrition {absorption, action des diastases, etc.), tous les phénomènes de défense (anti-toxines, anti-Corps, agglutinines, etc.) sont régis par les actions des colloïdes les uns sur les autres.
Cependant, nous ne devons pas oublier que ce fut Graham qui créa le premier le mot de colloïde. Pour lui les cristalloïdes sont des corps qui, mis en solution, ne peuvent dialyser à travers une membrane animale et ne diffusent pas; les colloïides au contraire sont les substances qui traversent facilement la membrane d'un dialyseur et ont la propriété de diffuser.
Mais ce n'est que depuis une quinzaine d'années qu'on a cherché à se rendre compte de Ia nature intime de l’état colloïdal.
Qu'est-ce donc que l’état colloïdal? Comment peut-on définir les colloïdes?
Une solution colloïdale pour Victor Henri est une pseudosolution dans laquelle des particules ultramicroscopiques sont tenues en suspension.