‹ L'ElectrargolChapitre 8 sur 30 · RAS · texte numérisé non relu

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La définition donnée par Iscovesco est la suivante: « Une solution colloidale est un liquide tenant en suspension des particules dont l’ordre de grandeur est supérieur à l’ordre de grandeur des molécules tout en étant de beaucoup inférieur à celui des particules existant dans les suspensions ».

Cette définition paraît être la meilleure et nous indique déjà une propriété importante des solutions colloïdales: elles ne sont pas homogènes.

Mais il n'y a pas que des colloïdes liquides; comme le dit Iscovesco, un système colloïdal est constitué chaque fois qu'un corps, quel que soit son état physique, qu’il soit solide, liquide ou gazeux se trouve infiniment divisé dans une autre substance solide, liquide ou gazeuse.

Il y a donc des colloïdes gazeux, solides en dehors des colloïdes liquides: la fumée est un colloïde gazeux et les verres colorés à l’or donnent un exemple du système colloïdal solide. À

Les colloïdes liquides sont constitués par une série de corps qui ne peuvent exister en solution dans l’eau qu’à l’état colloïdal, tels sont: l’albumine, la gélatine, le glycogène. la dextrine, etc.

Mais les colloïdes que nous ne trouvons pas à l’état naturel peuvent être obtenus par des procédés chimiques et physiques: ils sont constitués alors par un milieu liquide tel que l’eau, l'alcool, le benzol, etc., et un métal, un métalloïde, un sel, un acide, une base, une substance organique.

Ces mélanges présentent un aspect absolument homogène car on se trouve en présence d'une suspension de particules excessivement petites; les grains sont tellement petits que les microscopes les plus puissants ne permettent pas de constater leur existence; ils sont ultramicroscopiques.

Et si l’on emploie l’ultramicroscope (l'éclairage latéral de

la préparation au moyen d’un prisme permettant de don- - ner aux particules existant dans la solution une luminescence

propre) on voit que ces solutions se présentent sous la forme d’un semis de points lumineux, figurant comme des étoi-

les sur un ciel noir et de plus, ces particules sont animées de mouvements browniens.

Les particules colloïdales sont de l’ordre de grandeur de 0,1 à 0,01 w. Elles sont donc plus grandes que la molécule et l’on peut dire qu'il n'existe pas de solutions colloidales, mais un état colloïdal.

Maintenant que nous avons des notions générales sur les colloïdes. nous allons faire l’étude générale des métaux colloïdaux.

Quels sont les moyens de préparation et quelles sont les propriétés de ces solutions?

Comme nous venons de le voir, pour préparer une solution colloïdale, il faut amener une substance donnée à un état de division extrême et il faut de plus que cette substance soit insoluble.

On peut préparer les solutions de métaux colloïdaux par deux méthodes différentes:

L'une chimique donne des solutions impures. : .

L'autre physique, dans laquelle on ne met en présence que l’eau et le métal, donne des solutions parfaitement pures.

L’électrargol étant de l’argent colloïdal électrique, c’està-dire obtenu par la méthode physique, nous ne nous occuperons que des métaux colloïdaux électriques.

La méthode physique se sert de l'électricité. Bredig a, le premier, obtenu une suspension de granules ultramicroscopiques par la pulvérisation électrique de petites lames métalliques plongeant dans l’eau et entre lesquelles jaillit l'arc voltaique; on voit se former autour des électrodes et surtout de la cathode un nuage composé de particules ultramicroscopiques qui se répandant dans tout le liquide. On a par ce procédé obtenu des solutions colloïdales d’or, de plaline, d'argent, de cadmium. de palladium, de fer, de cuivre; “de Zinc.

Les solutions de métaux colloïdaux sont colorées. Leur couleur est en rapport avec le nombre de grains et la grosseur des grains. Elles sont à grains fins si elles contiennent environ 2 milliards de grains par millimètre cube,

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Voici quelles sont les couleurs des solutions de métaux colloïdaux électriques à petits grains:

Argent colloïdal électrique... rouge brun.

CN TOR MR Es a ls A - vert.

Te te ke aq ea violet rose.

STE A PSC RE EE ER rouge.

RONA ARE MAR unie gris. :

OS TUE en noi brun clair.

=, D CURE ES ce MT de cran «oc vert jaunâtre.

Suivant la force électromotrice, l'intensité du courant électrique, la longueur des étincelles, la longueur et la forme des électrodes métalliques, la couleur de la solution change notablement.

Nous venons de voir qu'à l'œil nu, les solution colloïdales ont un aspect homogène; mais, d’après la définition d'Iscovesco, une solution colloïdale apparaît comme essentiellement constituée par deux parties: des granules extrêmement fins en suspension dans un liquide; elle n’est donc pas homogène.

Tyndall a démontré que les suspensions de poussières extrêmement fines dans les gaz et dans les solutions ont la propriété de diffuser la lumière.

Les solutions colloïdales possèdent également cette propriété optique, ce qui permet d'affirmer la présence de granulations en suspension dans ces liquides. ;

Cotton et Mouton ont réussi par leurs procédés d'examens ultramicroscopiques à faire voir ces granulations.

Leur procédé repose sur le principe suivant: la direction du rayon visuel de l’œil de lobservateur est perpendiculaire à la direction du rayon incident à la solution. Cette méthode permet d’apercevoir des granulations beaucoup plus petites que celles que l’on peut apercevoir à l'œil nu.

Ces granulations sont de grosseurs variables; elles apparaissent sous forme de points lumineux « ciel étoilé ».

L'ordre de grandeur de ces granulations est du 1/100.000

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de millimètre. L'examen ultramicroscopique permet de compter plus d’un milliard de granules dans un millimètre cube d'une solution d’un métal colloïdal à petits grains.

Les solutions colloïidales ont un pouvoir catalytique qui est dû à l’immense surface offerte par les granules.

Le pouvoir catalytique des solutions colloïdales est défini et mesuré par l’action de la solution colloïdale sur l'eau oxygénée; on mesure la vitesse de décomposition de l’eau oxygénée par le colloïde étudié et on exprime le pouvoir catalytique des métaux colloïdaux par un nombre représentant la proportion d’eau oxygénée (évaluée en centièmes), décomposée par le colloïde, en une minute à la température de 37°. Le pouvoir catalytique de l’électrargol est: 25.

Victor Henri a démontré que ce pouvoir catalytique est d’autan{ plus considérable que les grains de la solution sont plus petits.

Si les granules ultramicroscopiques restent en suspension dans l’eau, c’est parce qu’ils ont tous une charge électrique.

En effet, lorsqu'on met un colloïide dans un tube en Ù, et qu'on fait parcourir ce tube par un courant électrique, en plongeant dans chacune de ses branches une électrode en platine. on constate que les particules colloïdales en suspension se déplacent toutes, suivant la nature des colloïdes, dans certains Cas vers le pôle positif, dans d'autres vers le pôle négatif.

Linder et Picton ont appelé ce phénomène: transport électrique des suspensions et des colloïdes.

Les solutions colloïdales ne se transportent donc pas vers la même électrode: les unes vont toujours vers la cathode, les -autres vers l’anode et on peut diviser les colloïdes en deux grands groupes:

Les colloïdes positifs repoussés par l’anode et attirés par la cathode.

Les colloïdes négatifs repoussés par la cathode et attirés par l’anode.

Le fer colloïdal est un exemple de colloïide positif; les

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