‹ L'Électricité à l'Exposition de 1900 (volume 2)Chapitre 120 sur 222 · DE SAINT-ÉTIENNE (LOIRE · texte numérisé non relu

DE SAINT-ÉTIENNE (LOIRE

La dynamo, du système Labour, est actionnée directement par un moteur à vapeur horizontal compound avec cylindres en tandem et distribution à soupape système Collmann (fit). 16 et 17).

Celte dynamo peut développer une puissance de 200 kilowatts, à la vitesse angulaire de 110 tours par minute, en débitant environ 850 ampères sous 255 volts.

L’inducteur, en deux pièces, est formé par une carcasse circulaire en acier coulé, munie de 12 noyaux polaires radiaux, fixés à l’intérieur à l’aide de vis (fit/. 18 et 19). Afin de diminuer la réaction d’induit, chacun de ces noyaux est sectionné, suivant un plan diamétral, en deux parties

Fig. 16.— Groupe électrogène à courant continu de la Société « l’Éclairage Électrique ».

entreloisées par des nervures. Les évidements ainsi produits opposent au flux dû à la réaction d’induit une réluctance considérable sans, pour cela, gêner le ilux inducteur. Grâce à cette disposition, la réaction d’induit et ses inconvénients sont en partie supprimés, le calage des balais reste fixe et le courant d’excitation sensiblement constant, que la dynamo tourne à vide ou à pleine charge. Les bobines inductrices sont roulées sur des carcasses métalliques portant des plaques en matière isolante sur lesquelles sont fixées les bornes de connexion. La dynamo est excitée en dérivation. Le diamètre extérieur de la couronne inductrice est de 3,10m.

L'induit à noyau lisse est constitué par des couronnes de tôles minces isolées maintenues par les bras d’un croisillon claveté sur 1 arbre du moteur. L enroulement est du type en anneau avec une seule couche de fil, ce qui permet d obtenir très facilement un excellent isolement. Douze clavettes en fibre empêchent le glissement des fils sur la surface du noyau.

Groupe électrogène de la Société « l’Éclairage Électrique». — Plan.

Fig. 18. — Dynamo, système Labour, de la Société «l’Éclairage Électrique >>. — Détails de construction.

IG" Dynamo, système Labour, de la Société « l’Éclairage Électrique ». — Détails de construction.

CROUPES ÉUECTROU.ÈNES A COURANT CONTINU

Les segments des tôles constituant le noyau annulaire sont fixés chacun sur deux bras en bronze encastrés dans le croisillon en fonte. Cette disposition assure une grande solidité à cet assemblage soumis aux efforts alternatifs résultant du passage du moteur à ses points morts.

Le manchon, portant le collecteur et aussi le noyau de l'induit, est muni de canaux de ventilation.

Le collecteur comporte 276 lames isolées au mica; il est monté sur un manchon fixé sur le croisillon de l’induit. Ces lames sont serrées, par groupe de 23, au moyen de 12 segments recouverts par une frette d'acier d’une seule pièce (fëg. 19). En cas de réparation au collecteur, il n'est donc pas nécessaire de le démonter entièrement.

L.e courant est recueilli par 12 séries de balais en charbon. Les tiges des boîtes à balai sont portées par des bras disposés radialement et fixés à une couronne montée sur glissière et commandée par une vis sans fin munie à chacune de ses extrémités d’un volant de manœuvre,

La hauteur des balais on charbon n’est pas limitée, parce qu’un ressort réglable permet de donner la pression convenable; en outre, un fil souple sert à assurer une excellente communication avec la tige porte-balais.

Pour faciliter le démontage et la visite de la dynamo sans appareils de levage, elle est pourvue d’un système de glissières qui permet d’amener l’inducteur et les porte-balais près du palier extérieur, mettant ainsi complètement à découvert l’induit et le collecteur,

Le moteur à vapeur a son cylindre de haute pression situé à l'arrière; son diamètre est de 373 mm. Le cylindre de basse pression a un diamètre de 600 mm. Les pistons placés sur une même tige ont une course de 750 mm.

A la pression de 10 kg : cm2, avec une admission de 1/12 de la course, le moteur peut développer 300 chevaux à la vitesse normale de 150 t : m; à l’Exposition, il fonctionne à 120 tours par minute.

Le graissage des cylindres est effectué par des appareils Mollrup. Le condenseur est installé dans le sous-sol.

La distribution est du système Collmann à soupapes; les soupapes d’admission sont placées à la partie supérieure des cylindres, celles d’échappement à la partie inférieure.

L’arbre horizontal portant les excentriques de commande des bielles agissant sur les soupapes est muni d’un volant.

Le régulateur à force centrifuge a son levier à contrepoids muni d’une cataracte à huile, afin d’amortir ses mouvements ; il commande l’arbre de détente portant les cames de déclic des soupapes d’admission.

La partie caractéristique de la distribution Collmann réside dans la construction et le fonctionnement des soupapes. Chacune d’elles est pourvue d’une cataracte à huile dont les orifices d’échappement, largement ouverts au commencement de la chute de la soupape, sont peu à peu recouverts, de sorte qu’il ne reste finalement qu’un petit orifice pour le passage de l'huile. Au début, la soupape commence à fermer très rapidement; puis, lorsque l'espace restant à parcourir avant la fermeture hermétique est devenu très petit, la chute se ralentit et la soupape vient s’appuyer sur son siège sans le moindre choc.

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