COMPAGNIE GÉNÉRALE D’ÉLECTRICITÉ DE CREIL (OISE
ET SOCIÉTÉ ANONYME DES ÉTABLISSEMENTS WEYHER ET RICHEM0ND DE PANTIN (SEINE)
Ce groupe est formé d’une dynamo à 14 pôles commandée directement par un moteur à vapeur horizontal, à quatre distributeurs, système Lefer.
Fig. 20. — Dynamo de la Compagnie générale el' Électricité de Creil — Détails de construction.
La dynamo (/%/. 20 et 21), d’une puissance de 700 kilowatts à la vitesse angulaire de 120 tours par minute, peut débiter, à pleine charge, 2 800 ampères sous 250 volts.
La carcasse de l’inducteur est constituée par une couronne polygonale en deux pièces, en acier coulé, munie de 14 noyaux polaires à section rectangulaire, venus de fonte avec la couronne. La demi-couronne inférieure repose sur le socle par l’intermédiaire de semelles.
Des évidements, visibles à l’extérieur de la couronne, ont été ménagés au droit de chaque noyau, afin de réduire le poids de la carcasse.
Les bobines, en fil de cuivre roulé sur une carcasse métallique, sont enfilées sur les noyaux et maintenues par les pièces polaires en fer forgé fixées par des vis à tète noyée et des prisdhniers.
Fig. 21. — Dynamo de la Compagnie générale d’Électricité de Creil.
La dynamo est excitée en dérivation.
L’induit se compose d’un noyau lisse en tôles isolées au papier gomme-laqué. Ce noyau, en forme de couronne, est monté sur un fort tourteau en fonte dont le moyeu est claveté sur l’arbre.
Le diamètre extérieur de l’induit est de 2,25 m, et sa largeur de 0,51 m.
Le bobinage est du type en tambour multipolaire ondulé comportant 504 spires réparties en sept sections couplées en parallèle. Afin de réduire les courants de Foucault dans le cuivre de l’enroulement, les conducteurs sont constitués par des fils câblés, placés sous tresse; la section de ces câbles est rendue rectangulaire par laminage. Les parties câblées de l’enroulement sont arrêtées sur les deux faces de l’induit et reliées entre elles par des développantes en cuivre étiré. A l’avant comme à l’arrière de l’induit, le point de rebroussement des développantes est encastré dans les entailles d’une couronne en bois qui maintient leur écartement.
L’enroulement est maintenu à la surface du tambour par des cerclages en fil d’acier et un certain nombre de coins d’entraînement.
La vitesse tangentielle de l’induit est de 14,50 m par seconde.
Le collecteur, de 1,60 m de diamètre et de 183 mm de largeur utile, comporte 504 lames en cuivre étiré, isolées au mica et maintenues par deux bagues coniques.
L’ensemble du collecteur est boulonné sur le tourteau de l'induit.
Le courant est recueilli par 14 séries de 4 balais; ces balais, d’un modèle spécial, sont formés par superposition d’un balai métallique et d’un balai en charbon. Les litiges portebalais sont montées sur une étoile dont elles sont isolées par des tubes en micanite. Ces tiges sont reliées alternativement par des connexions radiales à deux cercles métalliques d’où partent les câbles souples allant aux bornes.
La variation de calage des balais s’effectue à l’aide d’une vis sans fin que l'on manœuvre par un volant et qui permet de déplacer l’étoile au moyen d’un pignon intermédiaire.
Les paliers sont supportés par des chaises, en forme de V renversé, surmontées par une balustrade permettant d’appliquer une échelle d’accès aux parties hautes de la dynamo. Le graissage des coussinets s’effectue au moyen de bagues entraînées par l’arbre.
A pleine charge, les pertes sont de 45 kilowatts, ce qui fait ressortir le rendement à 94 0/0.
Cette dynamo est accouplée directement à un moteur à grande vitesse angulaire à quatre distributeurs avec cylindre horizontal. La puissance indiquée est de 1 000 chevaux avec une admission de 1 /10 de la course.
Les distributeurs plans sont directement logés contre les fonds du cylindre, de façon à réduire au minimum les espaces nuisibles. Un déclenchement automatique, agissant sur l'arrivée de vapeur, provoque l’arrêt en cas d’emballement de la machine.
Le cylindre a 1,05 m de diamètre et la course du piston est de 1 mètre.
La pression normale à l’admission est de 7 kg par cm2.
Un robinet à trois voies permet de passer rapidement de la marche à échappement libre à la marche à condensation; le condenseur est indépendant du moteur qui, toutefois, est disposé pour être muni d’un condenseur placé sous le sol ou en tandem à l’arrière du cylindre.
La mise en marché du moteur s’effectue sans vireur par la simple manœuvre de robinets spéciaux d’admission dont est muni le cylindre.