MACHINES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES
Les machines magnéto-électriques ne sont plus guère utilisées, actuellement, que pour actionner les sonneries d appel des installations téléphoniques, pour l'inflammation du mélange gazeux des moteurs à gaz et à pétrole et aussi pour provoquer l’explosion des amorces de mines.
Machines magnéto-électriques pour appels téléphoniques. — La plupart des maisons ayant exposé des appareils téléphoniques construisent des magnétos d appel. Tous ces appareils magnétiques sont en principe constitués par un induit en navette, genre Siemens, et par des inducteurs formés de plusieurs aimants en fer à cheval entre les pôles desquels tourne l’induit actionné à la main à l’aide d’une manivelle; afin d’imprimer à l’induit la vitesse angulaire nécessaire, l’axe portant la manivelle est muni d’une roue dentée qui engrène avec un pignon disposé sur l’axe de l’induit.
Les magnétos d’appel employées en téléphonie et exposées par les divers constructeurs français et étrangers ne diffèrent entre elles que par quelques détails de construction. Nous nous bornerons, par conséquent, à décrire les principaux types.
L'appel magnétique, exposé par MM. Aboilard et Cie, est à courant alternatif. Il comporte, comme inducteur, trois aimants en fer à cheval A, A', A" ( ficj . 13), munis de pièces polaires en fonte entre lesquelles tourne l’induit, formé par un noyau en fer BCDE, dont la figure 14 montre les détails. L’enroulement en navette de l’induit a environ 500 ohms de résistance ; les extrémités de cet enroulement sont fixées à deux chevilles métalliques, dont l’une, a , communique directement par une des flasques avec la masse métallique de l’appareil, tandis que l’autre, è, est reliée à une pièce c?, rapportée sur l’axe et isolée de la masse par une rondelle en ébonite e. Par conséquent, l’induit communique, d’une part, avec la masse, de l’autre, avec la partie centrale d de l’axe, isolée de la masse.
L’extrémité de droite de l’axe de l’induit est munie d’un pignon p engrenant avec la roue dentée P montée sur un second axe muni d'une manivelle M.
L’axe de la manivelle est supporté en F et F' sur les flasques de l’appareil ; un ressort en boudin R tend à le pousser vers la gauche. La roue dentée P est folle et porte sur son moyeu une encoche dans laquelle s’engage un doigt fixé sur l’axe ; sous l’action du ressort R, ce doigt est poussé jusqu’au fond de l’encoche; c’est la position de repos. Lorsqu’on actionne la manivelle,
le doigt avance sur la partie déclive de l’encoche; ce n’est que lorsqu’il arrive sur le bord de droite que la roue P est entraînée. L’axe s’est alors déplacé vers ladroite d'une longueur égale àla profondeur de l’encoche; il est maintenu dans cette position pendant tout le temps que la manivelle est actionnée. Dès que la main abandonne la manivelle, le ressort R ramène le doigt au fond de l’encocbe. C'est cette disposition qui provoque le jeu du commutateur.
L’extrémité de l’axe de la manivelle XY est appuyée au repos sur un ressort U ( fig . 13) fixé à la boîte de l'appareil en Y ; l’extrémité inférieure de ce ressort appuie, en d, sur le bout de Taxe de l’induit. Lorsque l’axe XY est entraîné par la manivelle, il abandonne le ressort U qui se détend et vient buter contre le contact W ; mais le ressort ne cesse pas d’appuyer contre l'extrémité de gauche de l’axe de l'induit.
Fig. li. — Appel magnétique Aboilard et Ci0. Détails île l'induit.
Trois bornes, marquées 1, 2 et 3, sont fixées sur la boite de l’appareil. La borne 1 est reliée au contact W, la borne 2 au ressort U et la borne 3 à la masse de l’appareil.
Lorsqu’on fait tourner l’induit, les courants produits passent en d par le ressort U, les bornes 1 et 2, réunies par le contact W, communiquent avec la ligne et le circuit se ferme par le fil de retour relié à la borne 3 en communication avec la masse de l’appareil à laquelle est reliée également l'autre extrémité de l’enroulement induit.
Lorsque l’appel est au repos, les courants venant de la ligne circulent entre les bornes 2 et 3 par l'intermédiaire de la masse.
Dans ces conditions, les courants d’arrivée trouvent un circuit sans résistance, à travers la masse, et les courants émis ne peuvent actionner la sonnerie du poste de départ qui se trouve
en court-circuit entre les bornes I et 2.
Les appareils magnétiques exposés par la Société industrielle des Téléphones sont ou à courant alternatif ou à courants redressés.
L'inducteur et l’induit ne diffèrent pas sensiblement du modèle précédent.
Dans un des modèles, l’entraînement de l’axe de l’induit a lieu par friction. L’axe de la manivelle porte un plateau en laiton dont la tranche est engagée entre deux ressorts formant une sorte de pignon à l’extrémité de l’arbre de l'induit. Ces deux ressorts pincent la tranche du plateau qui les entraîne lorsqu'on tourne la manivelle, déterminant ainsi la rotation de l'induit.
Dans un autre modèle, l’entraînement est produit par l’engrenage d’une roue dentée avec un pignon. Le commutateur est placé sur l’une des flasques E [fig. 15) qui supportent l’axe X de la manivelle et l’axe Y de l'induit. Ce commutateur se compose d’un ressort ab qui, par son extrémité b , s'appuie en permanence sur un téton qui fait corps avec l’axe Y, bien qu’il en soit isolé, et qui est en relation avec l’entrée du fil de l’induit. L’autre extrémité a du ressort ab prend son point d’appui sur l’axe X de la manivelle lorsque l’appareil est au repos; la sortie du fil de l'induit est reliée à cet axe.
Les trois bornes de l'appareil sont en relation : borne 1, avec une pièce métallique d isolée
Fig. 15. — Commutateur de Fappel magnétique à courant alternatif île la Société industrielle des Téléphones.