PROJECTEURS
Les projecteurs sont surtout employés dans la marine de guerre sur les navires et sur les côtes; ils sont cependant aussi en usage courant sur certaines lignes de paquebots.
Ces appareils sont munis de lampes à arc de types spéciaux montées au foyer d’un miroir qui est étudié pour donner un faisceau parallèle.
Il y a plusieurs types de projecteurs au point de vue optique; les uns sont à miroir sphérique système Mangin, les autres à miroir parabolique. Dans certains de ces appareils, les lampes sont à crayons inclinés, dans d’autres à crayons horizontaux.
Certains constructeurs exposaient des projecteurs de plus faible puissance, destinés à des applications variées, en particulier pour les scènes de théâtre et les navires de plaisance.
Projecteurs de la Maison Sautter-Harlé et Cie. — La maison Sautter-Harlé et Cie, qui s'est fait depuis longtemps une spécialité de ces appareils, construit plus de cent vingt modèles différents ; elle présentait à l’Exposition les types les plus employés par la marine marchande, la marine de guerre et le génie militaire. A la classe 33 était exposé un projecteur de 0,50 m de diamètre, étudié spécialement pour faciliter le passage de nuit du canal de Suez. A la classe 118 figurait un projecteur de 0,60 m de diamètre du modèle réglementaire de la marine française, qui peut être commandé soit à la main, soit à distance par l’électricité, et s’installe dans les hunes des navires. A la classe 117 figurait un projecteur monté sur chariot et sur affût du type réglementaire pour l’artillerie de campagne. A l’affût est accroché un fourgon contenant une bobine pour l’enroulement du câble qui relie le projecteur au générateur d’électricité. Dans cette même classe était exposé un projecteur de 1,50 m de diamètre du type adopté pour la défense des côtes. Cet appareil s’installe soit à poste fixe, soit en casemate , il est alors monté sur socle à galets et peut circuler sur une voie ferrée.
Parmi ces nombreux appareils, nous allons décrire le projecteur de hune (fîg. 20), qui, avec les projecteurs de pont, d’étrave, d’arrière et de sabord, est le plus employé sur les navires de guerre.
Le projecteur de hune est généralement commandé à distance. L’appareil complet se compose de trois parties distinctes: 1° le projecteur proprement dit, avec son mécanisme intérieur produisant les deux mouvements d’inclinaison et les deux mouvements d’orientation ; 2° le poste de commande à distance; 3° le cable à six conducteurs reliant le poste de commande au projecteur.
Le mécanisme contenu dans le socle permet quatre mouvements différents du faisceau lumineux: de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas et de bas en haut. A cet effet, le socle contient un moteur électrique M (fîg. 21) à double induit indépendant, dont l’un commande les mouvements d’orientation et l autre les mouvements d’inclinaison du projecteur.
Sur l’arbre de l’un des induits est calé un pignon denté P', qui entraîne une roue dentée R'; par l’intermédiaire de la vis hélicoïdale V' et des roues dentées B, C et G', les mouvements de l’induit sont transmis au plateau S qui supporte le projecteur. Le levier extérieur E sert à débrayer le projecteur quand on veut faire la manœuvre à la main.
Par l’intermédiaire des roues dentées P et R, de la vis tangente V, de l'arbre fileté T sur lequel monte ou descend la douille-écrou ,1, le second induit du moteur transmet au projecteur ses deux mouvements d’inclinaison en manœuvrant les leviers L, L' et L" articulés en /, /'et 1". La manœuvre à la main s’effectue en dévissant les chevilles /"'. Pour limiter les mouvements d’inclinaison, la douille .1 porte un doigt P’ qui rencontre, dans son mouvementsur la tige T, l’un ou l'autre des deux leviers G et G' articulés sur un axe horizontal et les fait basculer autour de leur axe. Ces leviers, .en basculant ainsi, coupenlle circuit d’alimentation de la bobine du moteur et mettent l’induit, en court-circuit, provoquant ainsi l’arrêt brusque du projecteur. La distance d’écartement des leviers G, G' peut être réglée de façon à limiter l’inclinaison au degré voulu.
Le poste de commande à distance est logé dans une caisse cylindrique; il comporte le commutateur d’arrêt et de mise en marche, les deux commutateurs d’orientation et d’inclinaison et les rhéostats pour faire varier la vitesse des moteurs.
Chaque commutateur se compose de deux cercles en cuivre superposés et divisés chacun en plusieurs segments. Un cylindre creux C, contenant un fort ressort en spirale, peut tourner sur son axe à l’intérieur des cercles ; il porte des pièces de cuivre A, B, dont il est isolé, qui sont elles-mêmes isolées l’une de l’autre et qui permettent de relier électriquement deux segments superposés, tels que ea et df. Le ressort en spirale sert à ramener le cylindre C dans sa position de repos quand on abandonne la poignée de manœuvre.
Les connexions entre les bornes du manipulateur et les différents segments sont faites comme l’indique le schéma \Jig. 23).
Fig. 20. — Projecteur Mangin de la maison Sautter-H arlé et C"
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Fig. 21. — Projecteur Mangin avec commande électrique à distance.
Le manipulateur et le projecteur sont reliés par un câble à six conducteurs dont les extrémités sont repérées et qui se fixent dans les bornes des deux appareils. Ce câble est destiné uniquement à la commande à distance ; le câble pour la lampe est séparé.
Pour pouvoir allumer à distance la lampe du projecteur, on a installé un relais sur le fil négatif de la lampe à l'aide duquel on ouvre ou on ferme le circuit en manœuvrant l’interrupteur 1
du poste de commande. Ce relais est branché, d’une part, sur l’interrupteur I et, d'autre part, sur le fil négatif de la lampe.
Les projecteurs à courte distance focale et à grand angle d’éclairement sont munis de lampes à charbons horizontaux ; quand la distance focale dépasse 60 pour 100 du diamètre, on emploie une lampe à charbons inclinés.