HORLOGE ÉLECTRIQUE THURY
Si nous en exceptons les mouvements pendulaires entretenus électriquement, nous savons que l’horlogerie électrique ne comprend que la construction de récepteurs actionnés par des courants que transmet à distance une horloge distributrice ordinaire; cette dernière est alors munie de contacts plus ou moins bien disposés.
Fio. 1. — Horloge électrique Thury.
Tout autre est l’horloge exposée par M. R. Thury, de Genève. Son principe est exclusivement fondé sur les actions électriques; c’est une solution tout à fait nouvelle de la question. Dans l'horloge de M. Thury (/if/. 1), l’échappement est supprimé et remplacé par un
pendule conique ; cette suppression permet à la fois de disposer d'une puissance motrice plus considérable que dans les horloges ordinaires et, en outre, d’obtenir un mouvement circulaire absolument uniforme, tandis que le transformateur du mouvement alternatif du pendule oscillant n’est jamais parfaitement réalisé, malgré la délicatesse des organes.
Le principe de l'horloge électrique Thcuy consiste donc dans le réglage du moteur électrique à l’aide d’un pendule conique spécial. L'horloge-type ou centre horaire se compose (fie/. 2 et 3) d'une dynamo-moteur électrique à axe vertical. L’induit fixe c est constitué par un anneau Gramme-Paccinoti, que supporte le socle b de l'appareil. L’inducteur, qui se compose d’un noyau de fer doux de , est fixé en son centre par un axe vertical creux o; ce noyau porte deux enroulements distincts f, dont l’un sert au réglage; l’autre est constamment traversé par un courant continu fourni par une source d’énergie quelconque. Les deux enroulements sont bobinés en sens inverse. Le collecteur fixe est supporté par un plateau disposé au-dessus de l’anneau qui sert aussi à maintenir le coussinet supérieur i de l’arbre vertical ; la partie inférieure de cet arbre porte sur une crapaudine h montée sur le socle b de l’appareil. Le courant continu est amené au moteur par deux bagues m et e fixées sur l’axe; il est ainsi distribué aux bobines inductrices et à deux balais mobiles reliés à l’armature fixe. Quant au pendule conique à deux branches t, u et à bras croisés, il est monté sur le prolongement de l’arbre vertical et est construit de telle sorte que son isochronisme soit conservé sous un angle assez étendu.
Fig. 2. — Horloge électrique type, système Thury. — Élévation.
Fig. 3. — Horloge électrique type, système Thury. — Plan.
Les bras de ce pendule portent des contacts réglables p reliés à l’enroulement de réglage de 1 inducteur ; ces contacts se trouvent rompus dès que, par suite d’une augmentation de vitesse dans le moteur, l’écart du pendule dépasse une limite déterminée. L’interruption de courant s'effectue dans l’enroulement de réglage sans étincelle appréciable; il a pour effet d augmenter l'intensité du champ magnétique du moteur et, par suite, de réduire sa vitesse ; les masses du pendule ayant un poids considérable, leur force vive suffit à compenser les variations de vitesse qui tendent à se produire entre deux réglages consécutifs. Les récepteurs
APPLICATIONS A L’HORLOGERIE
sont commandés à distance au moyen du courant fourni par l’induit (fig . 3). A cet effet, trois prises de courant q se trouvent disposées à 120° l’une de l’autre sur le bobinage de l’induit et sont reliées à de petits moteurs triphasés synchrones composés d'un aimant permanent en fer à cheval monté sur pivot et de trois bobines induites reliées entre elles par un fil commun. Quand ces bobines sont traversées par les courants triphasés provenant de l’horloge-type régulatrice, le champ tournant qui se produit entraîne l’aimant mobile et ce dernier se meut alors synchroniquement avec l’horloge-type.
Ces récepteurs ont donc un mouvement absolument continu et uniforme; ils constituent, par suite, des horloges parfaites, tandis que les récepteurs électriques ordinaires fonctionnent par des émissions de courant plus ou moins espacées et ne donnent l’heure qu’avec une approximation correspondant à l’intervalle compris entre deux émissions successives.
La consommation de courant par l'horloge régulatrice et parles récepteurs est extrêmement faible, ce qui se conçoit aisément, puisqu’en dehors de la minuterie le mécanisme ne comporte qu’un petit aimant monté sur pivot.