PENDULE ENTRETENU ÉLECTRIQUEMENT, SYSTÈME CAMPICHE
Bien que M. H. Campiche, de Genève, ait exposé son ingénieux appareil dans la classe 27 sous le nom de régulateur électrique, nous avons préféré lui donner le titre ci-dessus comme désignant mieux le problème que le savant constructeur a résolu d’une manière si simple et si élégante; ce titre définit en même temps l’invention et le classe immédiatement dans la foule déjà si nombreuse des horloges et des régulateurs électriques.
Nous savons qu’entretenir un pendule, c’est lui restituer, au fur et à mesure qu'il la perd, l’énergie absorbée par les frottements dans l’air et les résistances de la suspension, de manière à maintenir constante l’amplitude des oscillations ; entretenir électriquement un pendule, c’est demander à une source électrique l’énergie complémentaire qui est nécessaire à ce travail. 11 existe deux moyens principaux pour entretenir électriquement le mouvement d’un pendule :
Ou bien le pendule lui-même est soumis directement à l’influence de l’énergie électrique et alors il est muni, soit d’une armature en fer doux, soit d'une bobine de fil isolé qui, oscillant avec lui, sont, en certains points de sa course, soumis aux attractions ou aux répulsions d’organes magnétiques. Dans. ce cas, ce sont des horloges électriques dites à réactions directes.
Ou bien l’énergie électrique a pour fonction de soulever à intervalles réguliers, souvent à chaque oscillation du pendule, de petits poids ou des ressorts qu’elle abandonne ensuite à euxmêmes, et cela à un moment où ceux-ci, en s'appuyant sur des bras fixés au pendule, peuvent restituer à ce dernier la portion de force vive qu’il a perdue pendant l’oscillation. Ces horloges sont dites à réactions indirectes.
Le procédé employé par M. H. Campiche rentre plutôt dans cette deuxième catégorie, mais en comportant d'utiles modifications. En effet, pour restituer à un pendule la force vive qu’il a perdue dans le travail effectué, il importe d’adopter une méthode qui ait le moins possible d'influence perturbatrice sur la loi de son mouvement et dont l’action soit indépendante de l’intensité du courant employé ainsi que de ses variations. Or le système à réactions indirectes a le grand avantage de rendre la marche du pendule indépendante de ces variations, puisque les impulsions qui lui sont communiquées sont dues à une force constamment égale à elle-même. Mais, comme le plus souvent les fermetures du circuit ont lieu à chaque oscillation du pendule, la consommation du courant est très grande, sans compter tous les inconvénients qui en dérivent. En outre, ces impulsions sont toujours accompagnées de chocs brusques plus ou moins accentués qui compromettent au plus haut degré la régularité de marche des organes et rendent alors illusoire la constance de la force appliquée à l’entretien du pendule.
M. Campiche a évité soigneusement tous ces inconvénients et, comme on peut s’en convaincre en examinant la figure 4, il construit un régulateur électrique d une simplicité et d’une précision absolument remarquables.
Sur le bâti a sont fixées les trois pièces principales du régulateur : les rouages c, le pendule b et l’organe électro-mécanique hx. Le pendule b , qui bat la seconde, est muni d’une lamelle d'acier d, terminée par une ancre et dont la position est déterminée à volonté et réglée par l’intermédiaire» d’un coulisseau et d’une vis de pression. A chaque oscillation du pendule vers la roue c, cette lige à ancre la fait avancer d’une dent et, comme il y en a soixante, la révolution totale de la roue s’effectue exactement dans une minute.
Or cette roue c porte à l’extrémité d'un de ses rayons une mince goupille en platine qui,
une fois par tour, vient toucher, pendant 8/10 de seconde, les deux contacts également en platine disposés de part et d’autre de la roue. Le circuit de la source électrique affecté à l’entretien du pendule se trouve alors fermé pendant cette courte période sur l'électroaimant h.
Une petite molette bien équilibrée et placée à la partie inférieure de la roue dentée c remplit le rôle de sautoir et maintient cette roue sans la charger.
Quant aux deux autres contacts e et f , ils peuvent être affectés à la distribution de 1 heure à des lignes de cadrans secondaires.
L’électro h attire et fait basculer son armature km et, par l’intermédiaire de pièces mobiles articulées oq, la lame flexible vx vient repousser le balancier ab et accentuer, s’il en est besoin, son oscillation pendant 8/10 de seconde ; celte lame llexible revient immédiatement dans sa première position sous l'intluence du ressort p, dont la tension est réglée à volonté. Le point où le poussoir llexible vx vient donner une nouvelle impulsion au balancier n’est pas indiqué sur la figure; d’ailleurs, il varie à volonté, car, au moyen de la vis q, on peut faire descendre ou remonter la lame llexible. De même le balancier est pourvu en un endroit convenable d’un petit coulisseau carré, tenu en place par une vis de pression, et sa surface plane, du côté de la lame llexible, est garnie d’une matière lisse et bien polie, de manière que l’impulsion s’effectue normalement et sans chocs.
Voilà donc tout le mécanisme, très simple, comme on le voit, du régulateur électrique Campiche. Le travail que l’on demande au pendule est extrêmement léger et, comme il est toujours constant et que la poussée électro-mécanique de la lame est toujours de même intensité, malgré les variations de courant qui peuvent survenir du fait de la source d’énergie, il est évident que la plus grande précision est nécessairement obtenue.
La synchronisation de plusieurs régulateurs ne présente plus aucune difficulté, puisque l’on pourra en brancher un nombre aussi grand que l’on voudra sur le même circuit. Tous les poussoirs électro-mécaniques agiront exactement ensemble et viendront donner leurs impulsions aux balanciers, qui battront rigoureusement la seconde tous ensemble. Dans la classe 27, M. Campichk avait disposé trois régulateurs merveilleusement synchronisés, en dépit des vibrations excessives communiquées aux planchers par toutes les machines du rez-de-chaussée et
APPLICATIONS A L’HORLOGERIE
les allées et venues. du nombreux public au premier étage. La démonstration des qualités préconisées par M. Campiche n’en était que plus complète.