MAGNÉSIUM
Le magnésium a été obtenu électrolytiquement par Bunsen en 1845 au moyen de chlorure de magnésium. L’appareil qu’il employait se composait d’un creuset en porcelaine séparé en deux parties par une cloison verticale ne descendant pas jusqu’au fond. Le couvercle du creuset était traversé par deux charbons. Celui qui servait de cathode était taillé en scie ; le magnésium, plus léger que l’électrolyte, venait alors se placer dans les dents de la scie et ne remontait pas à la surface.
La préparation électrolytique constitue actuellement le seul mode d’obtention de ce métal.
Le magnésium n’a, d'ailleurs, pas beaucoup d’importance et une seule fabrique le prépare, celle d’Hemelingen, près Brême.
Le minerai employé est la carnallite, chlorure double de potassium et de magnésium, répondant à la formule KCl,MgCl-’,6H20. Ce sel provient des mines de Stassfurth.
Ce sel doit être parfaitement desséché, soit à l’air libre, soit dans un courant de gaz chlorhydrique, puis fondu. La dessiccation a une grande influence, car, si la matière renferme des traces d’humidité au moment de la fusion, il y a dégagement d’acide chlorhydrique et formation de magnésie ou, tout au moins, d’oxychlorure de magnésium. Ces produits non conducteurs augmentent la résistance du bain et, par conséquent, la différence de potentiel aux bornes; ils finissent même par s’opposer complètement au passage du courant.
L'appareil Graetzel, employé pour la fabrication du magnésium, se compose d’un creuset en fer servant de cathode; il est obturé par un couvercle dans lequel passe le diaphragme en porcelaine, percé de trous à la partie inférieure et muni sur le côté d’un tube pour le dégagement du chlore. Ce diaphragme est fermé par un couvercle traversé par l’anode en charbon.
Pour éviter la combustion du magnésium, on fait circuler dans l’appareil un courant de gaz inerte.
Un certain nombre de bains sont montés en tension, ils doivent être chauffés directement, la quantité de chaleur dégagée par l’opération étant insuffisante pour maintenir le bain liquide.
Lorsque le magnésium a été recueilli, on le purifie par fusion avec de la carnallite.
La tension aux bornes est de 7 à 8 volts.
L’Exposition collective allemande de l’Industrie chimique renfermait un certain nombre de bocaux de ce produit sous différentes formes : lingots, barres, fils, lames, cubes, etc.
GLUCINIUM
Des essais de préparation électrolytique du glucinium furent tentés par Nilson et Peterson, Borchers, Warren, etc..., qui obtinrent des résultats très imparfaits en raison de la non-conductivité des sels halogènes fondus du glucinium. M. Lcbeau a résolu la question en électrolysant des fluorures doubles de glucinium et de sodium ou de potassium. Le fluorure de glucinium à l’état de pureté fond facilement en donnant un bain d’une grande transparence; malheureusement, comme les autres sels halogènes, il n’est pas conducteur.
Les bains employés répondent aux formules: GF2,2MF et GF2, MF; on peut même augmenter encore la teneur en glucinium, sans cesser d’avoir un produit très fusible et bon conducteur. La solubilité de ces produits croît d’ailleurs avec la teneur en glucinium, ce qui permet d’enlever facilement l’excès de fluorure ; les sels de potassium sont encore plus solubles que ceux de sodium.
L’électrolyse se fait facilement dans un creuset de nickel servant de pôle négatif ; l'anode est formée d’une lame ou baguette de charbon électrographitique qui n'est pas désagrégée sous l’action du courant. On fond le mélange préalablement, puis on fait passer le courant ; il devient dès lors inutile de chauffer ; il faut même que la température ne s’élève pas de trop et ne dépasse pas celle du rouge naissant. Le creuset n'est pas attaqué. On lave à 1 eau aussi rapidement que possible pour enlever l’excès de fluorure et il reste un feutrage métallique non adhérent, entièrement constitué par des cristaux de glucinium pur; ces cristaux, très brillants, sont à contour hexagonal; ils sont quelquefois agglomérés les uns aux autres ou superposés en piles. On obtient des alliages de glucinium en remplaçant le creuset en nickel par un creuset en charbon au fond duquel on place le métal à allier. On porte à la température de fusion du métal et on ferme le circuit ; l’opération se conduit d'une façon régulière et on obtient ainsi des alliages très purs à teneur assez élevée.
M. Lebeau expose dans l’annexe de la classe 24 la série des produits lui ayant servi : émeraude de Limoges, glucine obtenu au four électrique (Voir fascicule Eleclrolhermie,
ÉLECTROMÉTALLUHGIK
pp. 58 et Gl), fluorure de glucinium, Uuorures doubles de glucinium et de sodium, métal en lingot, lames, fils, etc., alliages de glucinium.